1.C – Brèves de septembre-octobre-novembre 2019

* 30 novembre Bouc-émissaire. La hiérarchie chiite et la classe dirigeante sont déstabilisées, en Iraq, après que la foule en colère – elle compte près de 400 morts – a attaqué des consulats iraniens et mis feu à celui de Najaf.  L’ayatollah Sistani, soubassement du système politique honni, cherche à s’exonérer en demandant la tête du chef du gouvernement Al Mahdi, qui démissionne. Un nouveau revers pour Téhéran proche de l’un et de l’autre. L’Iraq, comme un canard sans tête, court confier son sort à des hommes nouveaux, sans percevoir que c’est l’absence d’Etat de droit et de souveraineté réelle qui les corrompt tous.

* 29 novembreMali en solde ! Pour le Black Friday, Daech-Sahel s’offre la revendication d’une victoire sur les « mécréants » français, qui ne lui a rien coûté.  L’opposition malienne dénonce « pillage » et « occupation » de l’ancienne métropole. Loin de ces réactions opportunistes, le général Lecointre rappelle que c’est la sécurité de la France et de l’Europe qui sont en jeu dans l’opération Barkhane. E. Macron rajoute que « toutes les options restent ouvertes pour l’avenir ». Le Secrétaire général de l’OTAN se prend, à nouveau, dans les dents, la « mort clinique » de l’Alliance. Ca part un peu dans tous les sens, quand il s’agit d’aiguillonner les alliés. Mais rien n’est dit aux populations africaines, quant au service rendu à LEURS intérêts.

* 28 novembreDéception. La diplomatie française à bout, face à la mauvaise volonté de Téhéran à préserver l’accord nucléaire de 2015 et à calmer le jeu au Moyen-Orient : hostilité  envers l’Europe (ainsi, deux universitaires français sont détenus en quasi-otages), répression intérieure et extérieure des opposants à la mainmise des mollahs et activation des fauteurs de guerre chiites dans son glacis d’influence, relance de la prolifération sans limite, etc. Paris, dont la médiation a échoué, ne serait pas loin d’opter pour un rétablissement des sanctions.

– La Commission van der Leyen est mise en selle à Bruxelles par un vote confortable du Parlement. La présidente, un temps candidate à l’OTAN, la qualifie de « géostratégique » et affirme, à contre d’E. Macron, que l’Alliance atlantique et la défense européenne doivent se compléter. Oui, selon moi, mais dans le sens où l’Europe « phagocyterait » les états-majors et les moyens de l’Alliance, pas l’inverse.

* 27 novembreSahel : hommage  et méditation. Treize militaires français de  Barkhane  tombés en opération au Mali. Faisons connaître notre émotion à l’Afrique et à l’Europe. Un renfort (limité) européen est attendu mais le G 5 et la Minusma restent loins d’être opérationnels. Les populations – surtout les minorités – abandonnées par les dirigeants, se montrent de plus en plus hostiles. Le Premier ministre a raison de pointer la dramatique absence de traitement politique et social face à la dévastation jihadiste. Les gouvernements que nous défendons ne corrigent pas leur mauvaise gouvernance. S’en tiendra-t-on à l’expression de condoléances ?

* 26 novembre Cruauté tropicale. Plus de 80 villageois massacrés à Benni (R. démocratique du Congo), à la suite d’une attaque sectaire (de l’ADF) venue d’Ouganda. Les casques bleus de l’ONU n’ont rien fait. Ils sont hués par la population. Au même moment, des dizaines ou centaines de morts dans des effondrements de terrain. Non, on ne peut pas porter sur soi tous les drames du monde. Le fardeau moral n’est pas infiniment extensible ni la compassion, tous azimuts. Souhaitons néanmoins qu’une solidarité humaine s’exprime localement.

* 25 novembreApprenons à nager ! Les CO2 et consorts, à l’origine du détraquement climatique, ont franchi tous les  records de concentration, en 2018, à 407,8 parties par million (ppm), soit 147 % du niveau préindustriel de 1750. Les Nations unies mettent en garde: « Il n’y a aucun signe de ralentissement, et encore moins de diminution, (…) malgré tous les engagements pris au titre de l’accord de Paris sur le climat ». Le dernier rapport rend compte les seules quantités de gaz à effet de serre qui persistent dans l’atmosphère, sachant que les océans absorbent environ le quart des émissions totales, tout comme la biosphère (dont les forêts). « La dernière fois que la Terre a connu une teneur en CO2 comparable, c’était il y a 3 à 5 millions d’années : la température était de 2 à 3 °C plus élevée qu’aujourd’hui, et le niveau de la mer était supérieur de 10 à 20 mètres au niveau actuel ».

* 24 novembreVox Populi. Les Hongkongais élisent leurs quelque 450 « conseillers de district » (18 districts) au suffrage mixte, pour une part universel. L’enjeu est négligeable, s’agissant de la gestion au jour le jour des services municipaux, mais la symbolique attachée à la rébellion en cours en fait une sorte de référendum sur la main-mise de la Chine populaire. Résultat : 390 sièges sur 452 remportés par des candidats « démocrates ». Désaveu énorme pour le gouvernement « autonome » et pour son mentor, à Pékin, sans aucun effet aucun sur les institutions.

* 23 novembre – Solidarité. Une jonction s’opère entre jeunesses révoltées d’Iraq et d’Iran, malgré le rejet par la 1ère de l’influence des miliciens de la seconde. La convergence sociologique des rebellions contre des pouvoirs corrompus paraît plus forte que le chauvinisme national classique, entre ces deux régimes qui se sont livrés une guerre sans merci. Des deux côtés, la répression brutale a changé la donne.

* 22 novembreCorruption, abus de confiance et fraude. Personne ne sera surpris de l’inculpation de Benyamin Nétanyahou, rattrapé par la Justice. C’est à l’honneur des magistrats israéliens. L’intéressé n’est pas du genre à dire : « je fais confiance à la Justice de mon pays » (la phrase classique). Il préfère dénoncer « un coup d’Etat ». Un putsch contre un premier ministre solidement et efficacement installé au pouvoir ? Ou alors, à l’image de son comparse, D. Trump, le dirigeant populiste, fauteur de persécutions et architecte de l’impasse de la paix au Proche-Orient, sombre dans la mythomanie autant que dans la paranoïa. Les hommes de guerre sont comme ça.

* 21 novembre – Mutisme.  Le silence s’est fait autour du renvoi « à domicile », par la Turquie, des jihadistes français et européens coincés dans le Nord syrien, investi par l’armée d’Ankara : secret à motif sécuritaire ou entente un peu honteuse avec Erdogan », le « maître » des vannes déversant le flot migratoire sur l’Europe ? 

 – En Algérie, le Hirak tient la rue contre la présidentielle, prévue le 12 décembre, où s’affronteront des notables de l’ »ancien système ». L’Armée réprime la contestation..

* 20 novembre – Peuple déconnecté. Il faut le reconnaître, les populations investissent la rue pour protester contre le prix  de l’essence bien avant d’exiger leurs droits et libertés. A Téhéran, face à cette colère, le Pouvoir iranien a coupé internet. On sait quand même qu’il y a beaucoup de morts (un nième Tiananmen !). Parions que d’économique, la colère deviendra politique et que la censure ne tiendra pas.

* 19 novembreDroit populiste international.  Pour courtiser ses électeurs évangéliques, D. Trump récuse le droit international et gifle les Nations-Unies : voilà, selon lui, l’occupation militaire des territoires palestiniens parfaitement légale ! La géopolitique manipulatrice, l’expansionn de la « démocrature », le délitement du système international, une incitation à la guerre.

* 18 novembre – Afrique et jihadisme. 6 ème conférence du Partenariat pour la Paix et la Sécurité dans le Sahel. Posera-t-on la question de la mauvaise gouvernance comme facteur de l’expansion jihadiste ? E. Philippe semble plus préoccupé de vendre des patrouilleurs et des missiles au Sénégal pour « protéger ses ressources pétrolifères » que d’assainir le terrain social autour de l’opération Barkhane.

–  Balles réelles contre flèches, siège policier d’un établissement universitaire retranché : l’affrontement  police-étudiants à Hongkong  atteint un niveau de folie. Pékin menace.

* 17 novembreFleuret moucheté. Les propos d’E. Macron sur le « partenariat stratégique » à reconstruire avec la Russie n’en finissent pas de faire des remous. Donald Tusk a aussitôt requalifié l’ours russe de « problème stratégique » plutôt que de « partenaire ». Le président français a curieusement répliqué qu’il partageait les points de vue du semi-dictateur hongrois, Viktor Orban (complaisant à l’égard de Poutine) et qu’il espérait que ce dernier « aiderait à convaincre les Polonais de changer de position sur la Russie ». « Peut-être, mais pas moi », a lâché Tusk. « Je ne peux qu’exprimer l’espoir que cela ne se fera pas au prix de nos rêves communs de souveraineté de l’Europe. » La France aurai-telle choisi le camp populiste ?

* 16 novembre – Aux Etats Unis, le Département d’Etat a été mis en charpies par D. Trump. Mais des diplomates se trouvent en situation de témoigner contre leur bourreau et ses réseaux privés dans l’affaire  ukrainienne. C’est une belle brochette professionnelle, factuelle et précise qui défile devant la commission d’enquête de la Chambre des représentants, avec des preuves solides dans l’optique (illusoire) de destituer le président mafieux. Comme quoi diplomatie et démocratie peuvent s’épauler. Le « patron » du Département, Mike Pompeo, est décrédibilisé et absent, ne pouvant se permettre de contrer ni son chef, ni ses troupes.

*15 novembre – Sans papier. Selon une étude du Pew research center américain, l’Europe « hébergerait » entre 3,9 et 4,8 millions de migrants irréguliers. Les principales concentrations se trouvent au Royaume Uni et en Allemagne, s’agissant de ressortissants de pays d’Asie. L’Afrique sub-saharienne ne représente que 17 % du total. En proportion de la population européenne, les « clandestins »sont bien moins de 1%, à comparer aux 3 % présents aux Etats-Unis. La France figure parmi les pays les moins concernés. Le « grand remplacement » n’existe que dans les têtes.

– « Mettre fin au chaos et restaurer l’ordre est la tâche la plus urgente à accomplir », déclare Xi Jinping, alors que Hongkong s’enfonce dans l’affrontement civil.

* 14 novembreJeunesse chiite contre milices chiites. Bagdad vit des jours de terreur. La  »bataille des ponts » sur le Tigre perdue, avec plus de 300 morts, les jeunes se replient sur la place Tahrir. Ils comptent aussi leurs disparus, enlevés par le camp gouvernemental et font l’objet de menaces individuelles (du licenciement à la liquidation physique). L’Iraq n’est pas guéri de ses guerres passées, le pouvoir y reste monstrueux envers la population.

* 13 novembre Malaise des peuples. A Hongkong, l’insurrection gagne, alors que la police fait parfois usage de balles réelles. Hormis la répression, le gouvernement reste inerte. Au Liban, la déception quant aux propos maladroits (invitation des mécontents à migrer) du président Aoun se transforme en explosion de colère : clash entre bloqueurs de route et l’armée. Au Chili, la vague promesse d’une nouvelle constitution suffira-t-elle ? En France, les gilets jaunes célèbrent leur 1er anniversaire.

– 4 ème anniversaire des attentats de Paris (131 morts). Ankara renverra à la France onze de ses jihadistes capturés au Proche-Orient (8 femmes + enfants, 3 hommes). Il s’agit d’une première « gratification » sur un lot de 2500, « retour à l’Europe ».

* 12 novembreGolpe ou pagaille ? En Bolivie, on règle des comptes de façon sauvage, après la fuite au Mexique d’Evo Morales. L’armée l’aurait poussé vers la sortie. Coup de pouce américain ? L’ancienne intelligentsia blanche cherche une occasion de se rétablir. Les Andins sont divisés, entre condamnation de la fraude électorale d’Evo et volonté de maintenir au pouvoir leur majorité sociologique. Au milieu de tout ça, les institutions paraissent fantomatiques.

– Saison des exécutions extrajudiciaires : Bombardements à Gaza et à Damas. Tsahal, l’armée israélienne abat un chef militaire du Jihad islamique. Cible visée: l’influence de l’Iran.

* 11 novembre Déportation et remplacement. en ce jour de célébration des victoires, la Turquie commence à renvoyer dans la zone de sécurité « arrachée » aux Kurdes de Syrie, des réfugiés arabes Syriens qu’elle abritait sur son sol. Des milliers de  personnes vivent dans la terreur d’être arrêtées et expulsées. Quant aux Kurdes…ils sont remplacés. La situation des civils en Syrie reste extrêmement dangereuse, au vu des nombreux enlèvements, détentions arbitraires et disparitions forcées.S’y ajoute, la récente offensive conduite par la Turquie et les déportations en zone occupée. Nous sommes impuissants, la Russie ne s’en soucie pas, l’Otan idem.

* 10 novembreQui tire sur les manifestants à Bagdad ? Est-ce la police ou une milice aux ordres de Téhéran ? La foule dénonce la collusion de l’entourage de l’ayatollah Ali Sistani avec le chef-milicien Moqtada Sadr et le général iranien (opérations extérieures) Qassem Souleimani, qui vise à la mettre au pas. Les balles réelles font des victimes et les combattants de la rue organisent la guérilla. L’Iran fustigé par de jeunes chiites… la rançon d’une politique expansionniste.

– Le ministre turc de l’intérieur réitère son annonce comme quoi son pays renverra, à partir de demain, les jihadistes étrangers détenus dans les prisons turques (1150 personnes), sans en préciser les modalités. Erdogan reçu à Washington en bon ami et partenaire. Le message turc est repris par M. Pompeo à la ministérielle de l’OTAN.

* 09 novembre Libye. Un rapport confidentiel de l’ONU indique que la  Jordanie, la Turquie et les Émirats arabes unis ont violé l’embargo sur les armes imposé depuis 2011 à la Libye, déplorant l’intensification dans ce pays « d’un conflit par procuration ». Les deux hommes forts du pays – le maréchal Haftar et le Premier ministre Sarraj – en auraient profité, « de manière régulière et flagrante ». Les Émirats arabes unis, la Jordanie et la Turquie ont fourni des armes, « sans effort pour en dissimuler la provenance ». Il note aussi la présence de groupes armés tchadiens et soudanais en soutien aux deux belligérants libyens. Va-t-on parler des forces spéciales française et de la DGSE, actives de part et d’autre du conflit ? … des missiles Javelin vendus à la France et retrouvés là-bas ?

* 08 novembre – 30 ans déjà, la chute du mur de Berlin.  »L’Otan est en état de mort cérébrale »… « ce n’est pas pour ça que nous y sommes rentrés », dixit le président français dans une interview accordée à l’hebdomadaire britannique The Economist. « L’opération turque en Syrie est un énorme problème ». « Les États-Unis nous tournent le dos », a-t-il ajouté. Ces piques interviennent à un mois du prochain sommet de l’Organisation à Londres et à quelques heures de l’anniversaire de novembre 1989. « L’Europe, au bord du précipice » ne maîtrise plus son destin ». Ses dirigeants doivent se réveiller ». Un peu dramatisé mais pas faux. Qui d’autre, parmi les 28, s’en soucierait ?

* 07 novembreRetenez-moi ou je fais un malheur ! L’Iran annonce une 4ème étape de transgression de l’accord nucléaire : l’enrichissement sans limite de son uranium sur le site de Fordo. L’accord de juillet 2015, déjà fragilisé par le retrait américain, approche du point de non-retour. E. Macron, inquiet du sort de la médiation française, évoque « une pression accrue de tous», en parallèle à l’allègement de certaines sanctions». Des discussions interviendront dans les prochains jours dont il faudra » tirer collectivement les conséquences ».

* 06 novembreLe Prince lassé de sa guerre ? Le gouvernement yéménite en exile en Arabie Saoudite d’Abdrabbo Mansour Hadi signe, à Riyad, un accord de partage du pouvoir avec les séparatistes houthis, pour mettre fin au conflit dans la partie sud du Yémen. Partiel, l’accord prévoirait d’intégrer au gouvernement certains séparatistes au Conseil de transition du Sud (STC) et le retour de celui-ci à Aden, la métropole du Sud. L’accord ne concerne pas le Nord, il contourne les combattants sur le terrain et ignore la volonté des populations. Mais il traduit une prise de conscience de l’impasse dans laquelle se sont enfermés les émirs. Quel avenir ? 

* 05 novembre – Choses (stupides) officielles : Les Etats-Unis sortent formellement ce jour de l’accord de Paris (avec prise d’effet dans un an) – L’Iran relance en grand l’enrichissement de son uranium.

– Ebullition des classes moyennes. Pourquoi tout ces soulèvements à travers la Planète, contre  »le système en place » ? Les causes sont multiples et omniprésentes : dissolution des modèles sociaux dans la mondialisation, déclassement, paupérisation et dégradation des services publics, inégalités croissantes, défiance à l’égard d’un monde politique sans contre-pouvoirs, incertitude sur des lendemains sans progrès. Voyez l’article de Nicolas Baverez.

* 04 novembreIs business, business ? Couverture typique des médias:  » Macron en visite d’État en Chine, Shanghai (pour la foire internationale) et Pékin. Une multitude de contrats devrait être signée dans les domaines de l’agroalimentaire et de l’énergie ». Ca fait 30 ans que chaque rencontre franco-chinoise est ritualisée en affaire d’épicerie (29 Mds € de déficit français). En fait, les transactions sont ficelées très en amont, y compris les promesses de Gascon, qui servent à gonfler le  »paquet général ». De Hongkong à l’Afrique, au Moyen-orient, en passant par le climat, il y a pourtant bien d’autres sujets. Pour ce qui est des droits humains, reconnaissons que le  »buzz » des médias et des ONG est plus efficace que les intercessions discrètes et timides des hommes d’Etat. Reste l’Europe: la présence à bord d’un ministre allemand et d’un candidat-commissaire européen est parlante.

* 03 novembre – Ping-pong terroriste. « Nous ne sommes pas un hôtel pour membres de Daech. » Le ministre turc de l’Intérieur, Süleyman Soylu, menace l’Europe de renvoyer dans leur pays d’origine les jihadistes étrangers issus du Califat.  »Nous allons les garder sous notre contrôle pendant encore un certain temps. Ensuite, nous les renverrons dans leurs pays« . Lors de leur incursion en Syrie, les forces turques ont saisi des combattants faits prisonniers par les YPG kurdes. D’autres se sont évadés en profitant du chaos causé par l’offensive turque. Il est en outre reproché aux Pays-Bas et à la Grande-Bretagne, de déchoir certains de leurs ressortissants de leur nationalité pour empêcher Ankara de les expulser. Donald Tusk :  »Nous n’accepterons jamais que les réfugiés soient utilisés comme armes et pour nous faire chanter ».

– Un million d’Algériens dans les rues, pour la 37 ème semaine. En ce jour anniversaire de la cause nationale, ils réclament une  »seconde indépendance ». L’Armée, obtuse aux appels de la jeunesse, maintient l’ordre.

* 1er novembrePakistan. Des milliers de manifestants marchent de Karachi à Islamabad, pour exiger la démission du Premier ministre, Imran Khan. Ils l’accusent d’avoir été porté au pouvoir par l’armée à la suite de manipulations des élections d’août 2018. Bilan économique catastrophique ou tentative de prise de pouvoir par la Jamiat Ulema-e Islam, le parti islamiste dirigé par Fazal-ur-Rehman ? La société du Pakistan est en ébullition permanente. Les inégalités y atteignent des sommets.

– Tiens, novembre est là ! Toujours pas de Brexit

Les brèves d’octobre:

* 31 octobre – Exécutions extra-judiciaires. Le Pentagone s’emploie à minorer sa débandade, en Syrie, face aux forces turco-russes. Il  »contrôle » les champs de pétrole, auparavant entre les mains de Daech. Au profit des Etats-Unis ? Après Al- Baghdadi, ses forces spéciales ont exécuté Abou Hassan Al-Mouhajir, l’homme de la propagande et peut-être le successeur désigné. D. Trump jubile que l’on tue des chefs jihadistes qui ne soient pas des anonymes à ses yeux. Etre bombardé dans une citerne, ce n’est pas tomber les armes à la main. Certes, l’environnement ne se prêtait sans doute pas à une arrestation dans les formes. Mais la volonté d’éliminer physiquement est bien là : d’affreux criminels, on va faire des quasi-martyrs !

– Toujours en Syrie, premier contact, premier clash entre militaires syriens et turcs.

* 30 octobreIncandescence moyen-orientale. En Iraq, la rue s’est soulevée contre es institutions du pouvoir. Elle exige le départ de la classe politique. Féroce, la répression fait de nombreux morts. Les jihadistes, encore influents, sont, eux, aux aguets. On s’interroge sur l’existence d’une alternative démocratique. Au Liban, sur fond de grave crise économique, la contestation, initialement pacifique, tourne en révolution contre les institutions communautaires (confessionnelles) du Pays. Principal  »actionnaire » du pouvoir, le Hezbollah chïite se fait menaçant. Derrière lui, ce sont les intérêts géopolitiques de l’Iran. Le premier ministre (sunnite) Saad Hariri a démissionné. La rue devrait se ressaisir.

* 29 octobreEffervescence latina. Aucun continent n’étant épargné, l’Amérique latine aussi connait tensions et confrontations : au Chili, où, le président Sebastian Piñera sacrifie aux manifestants ses trois principaux ministres pour  »plus d’équité sociale »; en Bolivie, où les partisans de Carlos Mesa enragent de la fraude manigancée par Evo Morales, pour s’attribuer un 4ème mandat; à Cuba, où le nouveau président Miguel Diaz-Canel va rechercher auprès de Poutine de nouvelles assurances sécuritaires; en Argentine, à nouveau happée dans le cercle vicieux de l’appauvrissement, A. Fernandez et Cristina Kirchner célèbrent leur élection face à Mauricio Macri… les lendemains risquent de déchanter.

* 28 octobreCalmer le Calife . On ne va pas pleurer la fin d’Abou Bakar al-Baghdadi, mais les forces spéciales US n’ont pas sauvé le monde. Elles ont bien su exploiter la coopération des Kurdes pour mieux les lâcher ensuite, comme on sait. La Turquie est remerciée (d’avoir laissé passer les hélicoptères US), mais elle n’a jamais contrecarré Daech. L’organisation jihadiste, très présente dans le désert de la Badia et influente en Iraq, s’est depuis longtemps organisée pour survivre à ses chefs.

* 27 octobreMondialisation du gilet jaune. Hongkong, Beyrouth, Santiago, Dar-es-Salam, Bagdhad, Alger, Le Caire, Barcelone,Haiti, La Paz, Santiago… partout, des foules en colère occupent  la rue, à l’image de nos gilets jaunes. Avec la même défiance – réciproque – à l’égard des gouvernants, la même frustration quant au devenir du contrat social, les mêmes tentations violentes (partagées aussi par les polices). Calamiteuse mondialisation du mécontentement, qui fait constater au secrétaire général des Nations-Unies, Antonio Guterres, un déficit de confiance, de solidarité et de justice sociale. « J’en appelle à tous les dirigeants d’écouter les vrais problèmes des vrais gens ».

* 26 octobre – Aux armes, Africains ! L’Afrique est, de plein droit, actrice de la mondialisation. Ses dirigeants, réunis à Sotchi autour de V. Poutine, visent un doublement des échanges avec Moscou. Côté importations, pas de pétrole, ni de caviar, mais des armes et des conseillers pour les utiliser (contre les voisins).  Plus de tanks et de chasseurs-bombardiers, voilà qui va grandement aider !

* 25 octobreLe Levant se lève.  Au Liban, aussi, une sorte de printemps social tardif. La jeunesse et au-delà rejette le communautarisme politico-religieux sur lequel s’est bâti l’Etat. Rassurant dans sa fixité (le partage des pouvoirs est éternellement stable et, de plus, dynastique, les fils succédant aux pères), ce système institutionnel archaïque alimente corruption, incurie des dirigeants et inégalités. Pour la première fois dans l’histoire libanaise, la colère de tous les citoyens donne l’image d’une société homogène aspirant à la démocratie réelle.

– Coincé, Boris Johnson appelle l’opposition à des législatives le 12 décembre.

* 24 octobreGéopolitique tournante. Le lundi, les Kurdes de Syrie sont congédiés de chez eux par les Américains, obligeants à l’égard d’Erdogan. Le mardi, les GI’s ayant déguerpi, l’armée russe prend leur place et repousse, plus loin à l’Ouest et à l’Est, ces mêmes Kurdes. Le mercredi, les Russes, obligeants à l’égard d’Erdogan, prennent le contrôle, avec les Turcs, du Nord-est de la Syrie (quadrillage conjoint). Le Jeudi, les troupes et les milices de Bachar – qui sont chez elles, après tout – montent, avec les Kurdes, au contact des troupes et milices turco-russes. Le vendredi, Washington prend d’horribles sanctions économiques contre Ankara, sitôt abolies, avec les vives félicitations et encouragements de D. Trump. Le samedi, quelqu’un pose la question : « où sont passées les populations civiles (soupçon de nettoyage ethnique) ? Pas de réponse. Le dimanche, Turcs et Européens se retrouvent à l’Otan, en chiens de faïence (Ankara a ouvert le nid terroriste et laissé s’éparpiller son contenu). Personne ne se sent à l’aise d’avoir les Américains comme « alliés ». Poutine est partout aux commandes, il s’amuse bien, merci pour lui !

* 23 octobre – Chantage et corruption made in USA. Un haut responsable du Département d’Etat atteste que D. Trump avait établi un réseau privé parallèle à celui du Département d’Etat (avec à sa tête R. Giuliani), pour pratiquer un chantage à l’égard du président ukrainien (implication publique de la famille Biden, en échange du rétablissement d’une aide militaire de 400 ms $ et d’une visite officielle). Il y a une mafia du plus pur style au sommet d’ »America (great again ?) » !

Vent de folie à Westminster : en l’espace de quelques instants, un « oui » de principe pour travailler sur les lois d’application de l’accord de Brexit et le rejet du calendrier pour ce faire. Adieu, deadline du 31 octobre ! Soit l’Europe se débrouille du dilemme, soit de nouvelles élections sont convoquées, quand et par qui ? Une distribution d’aspirine s’impose avant d’assister à la suite.

* 22 octobrePrintemps de la Toussaint. Les pousses démocratiques perdurent en toutes saisons: à Hongkong, depuis un an (et Pékin prend son temps pour y insuffler l’hiver), au Liban, au Chili, en Iraq, en Erythrée et en Egypte (où elles ne survivront pas longtemps), toujours, en Algérie, au Soudan, et même en Bolivie. Le rejet de la corruption, des inégalités, la volonté d’une jeunesse d’être reconnue par la société pèsent autant que l’aspiration aux libertés fondamentales. On imagine assez mal cela, dans nos sociétés occidentales sujettes à l’angoisse existentielle.

* 21 octobreOn demande Mme Irma. Boris Jonhson va-t-il être glorieux vainqueur de ses tours de passe-passe ou jugé comme félon ? L’Europe, qui se presse de faire ratifier l’accord de Brexit, pourrait s’inquiéter de peut-être miser sur le mauvais cheval. En attendant, consultez la géopolitique du Brexit : cliquer ici 

* 20 octobreBidouillage exquis – L’UE reçoit trois lettres de Boris Johnson : une – non-signée – conforme au vote de Westminster, requérant un report de trois mois du Brexit et deux autres, du même et de l’ambassadeur britannique à Bruxelles, demandant un départ au 31 octobre, qu’il soit agréé par le Parlement ou pas. Une manière d’impliquer l’Europe dans l’imbroglio britannique et le déni des institutions démocratiques de ce pays (E. Macron dit approuver la manœuvre).

– Débandade américaine. Sur la frontière syro-turque, la trêve ostensiblement négociée par les Etats Unis vole en éclats. Erdogan parle, en dictateur, d’ »écraser la tête aux Kurdes » et de s’emparer, au-delà du bandeau de 120 km occupé par son armée, de toute la zone frontière de 450 km. Le Conseil de sécurité de l’ONU, paralysé par les Russes et les Chinois, ne pipe mot sauf sur la crise humanitaire et le risque d’une dispersion des jihadistes. Les Kurdes restent seuls face à leur destin.

* 19 octobreBreakpcshiiit ! Le plan et le calendrier de Boris Johnson abattus en  vol, à 12 jours de l’échéance « ultime » du 31 octobre, par un amendement du député conservateur Oliver Letwin (adopté par 322 voix contre 306). Westminster oblige le gouvernement à attendre, pour mettre en oeuvre l’accord de sortie conclu au finish avec Bruxelles, que toute la législation nécessaire soit mise en place préalablement. Suspens et rebondissements ! Mais va-t-on consulter la population, non  sur ce qu’elle a voulu en 2016 mais sur ce qu’elle veut maintenant ?

– Qui s’étonnera qu’Erdogan et ses militaires se conduisent en tueurs à l’égard des Kurdes de Syrie ? Les crimes turcs contre l’humanité commencent à transpirer. Voilà l’Occident déglingué, sans honneur et pitoyable, mais Trump est très content de lui !

* 18 octobre – « Victoire » à l’usure. Grâce à l’acceptation de Bruxelles de reprendre le fil de la négociation, au bord du gouffre, un schéma de divorce est arrêté pour le Brexit. Il est truffé d’ambiguïtés : Irlande du Nord appartiendra à deux unions douanières concurrentes, avec  un système de contrôle « fumeux », droit de retrait donné à Belfast, si plusieurs partis y concourent, mise en concurrence rapide des économies pendant la transition…). Le parlement de Westminster semble ne pas réunir une majorité pour l’adopter, demain. La lassitude suscite des soulagements peu glorieux. Le monde va-t-il se réjouir d’une opération perdant – perdants ?

– A Ankara, le vice-président, Mike Pence, annonce que l’armée turque suspend son offensive en Syrie pendant cent vingt heures, le temps que les Kurdes des YPG évacuent la « bande de sécurité » de 30 km que la Turquie se réserve. N’ont-ils à ce point aucun droit ? Sont-ils d’accord ou forcés de quitter leur territoire ?

* 17 octobreBrexit ou blow it ? Les décisions les plus décisives pour l’avenir sont le fruit de circonstances particulières ou de la lassitude ambiante, pas d’une réflexion collective sur l’intérêt général, ni même d’une représentation démocratique des populations. Après trois ans de folie, chacun aspire au Brexit – négocié ou hard, qu’importe ! – y compris ceux, qui, dans leur  lucidité initiale, redoutaient un fiasco pour les prochaines années. Le bricolage accouché à Bruxelles (une Irlande du Nord à la fois intégrée au marché unique et a Royaume Uni, qui lui en sera séparé) est lui-même pris en otage par les souverainistes de Belfast, qui n’expriment qu’une lubie idéologique. Pas de pronostique, donc, mais un moment de tristesse.

* 16 octobre Europe des migrations. A Malte un mini-sommet Allemagne, France, Malte, Italie et Finlande s’était tenu le 23 septembre pour sortir de l’impasse les sauvetages en mer et proposer un mécanisme de répartition pour soulager les pays du sud de l’UE. Cette base d’accord a été proposée aux 27, le 8 octobre se limite à un arrangement de répartition faible entre les  cinq pays initiateurs. Au 14 septembre. Quelque 67 000 migrants irréguliers étaient arrivés en Europe depuis le début de l’année. La France s’accroche au dispositif de Dublin, qui génère des dizaines de milliers de clandestins, » sortis du radar », les pays d’Europe de l’Est maintiennent leur xénophobie active. Si la question est à l’origine du délitement de l’Union, on n’est pas prêt de remettre en seller celle-ci. 

* 14 octobreSpirale. Face à l’invasion turque, les Kurdes de Syrie n’ont d’autre choix que de pactiser avec le diable de Damas : Bachar al Assad. Ils vont perdre le statut de quasi-indépendance dont ils bénéficiaient. Sur le terrain, les Américains ont déguerpi, les forces spéciales françaises et britanniques sont dans l’étau, des jihadistes s’égayent dans la nature et, surtout, les troupes turques et syriennes sont sur trajectoire de collision. Seul intermédiaire possible entre les belligérants, la Russie détient quelques atouts. Mais son contrôle sur la spirale guerrière est loin d’être absolu. Un conflit syrien de plus est lancé, il s’annonce sans issue claire ni rapide.

– En Tunisie, la victoire magistrale de Kaïs Saïed confère au président une légitimité incontestable. Cela suffira-t-il à compenser le caractère ingérable du parlement ?

*13 octobre  poids, deux mesures. Après les Pays-Bas et l’Allemagne, Paris a déclaré « suspendre tout projet d’exportation vers la Turquie de matériels de guerre susceptibles d’être employés dans le cadre de l’offensive en Syrie ». Logique, mais pourquoi alors refuser obstinément de prendre la même mesure à propos des armes françaises utilisées au Yémen, par l’Arabie saoudite et les Emirats ?

*12 octobre – Tueurs à vendre. Les troupes US évacuent la bande frontalière syro-kurde, sous la pression de l’armée turque, mais qu’advient-t-il des centaines de jihadistes occidentaux détenus par les YPG ? L’Irak est sollicité pour juger ceux-ci, sans toutefois – demande de la France – mettre en oeuvre la peine de mort. Celle-ci a été prononcée dans quelque 500 cas, mais pas exécutée, à ce jour. Pour ses bons services, Bagdad réclame simplement 1,9 milliard $, mais veut être « débarrassé » des familles. That’s business !

*11 octobreCafouillages. La « guerre des pétroliers » rebondit, avec un navire iranien frappé par des missiles, au large de Jeddah. Qui provoque l’affrontement ?

Spectacle d’impuissance au Conseil de sécurité : aucune déclaration ni réponse adoptée à l’incursion turque en Syrie. Washington veut dédouaner Trump. Les Européens, dénoncer Erdogan mais sans le vexer – il pourrait ouvrir les vannes de l’Europe à ses trois millions de réfugiés – et Moscou « vasouille » entre ses alliés, également compromis.

*10 octobre Trahison. Galvanisé par les propos insensés dee Trump, Erdogan lance l‘offensive turque sur le Nord-est de la Syrie, contre les YPG kurdes. Dans tous les cas, c’est une invasion succédant à une trahison. Avait-on besoin, au Proche-orient, d’une guerre de plus et de son lot de souffrances pour les civils ? Doit-on accepter qu’un politicien déconsidéré se refasse une aura nationaliste en attaquant un petit peuple ? Doit-on prémunir Bachar d’un démembrement de la Syrie. Les Nations Unies sont-elles encore capables de dire le droit… si la communauté internationale voulait sortir de sa bulle ?

-10 octobre, journée internationale du refus de la peine de mort.

* 09 octobre Panique à Washington. La grosse gaffe de Trump ne passe pas, tant au Pentagone que chez les Républicains, où l’irresponsabilité du Chef fait tache sur l’image du Pays. Circonvolutions embarrassées : quelques dizaines de soldats seront « évacués » de Nord-Syrie, mais le gros des troupes tiendra la Turquie à l’oeil, etc. Qui écoute encore ?

– En Tunisie les législatives accouchent d’un casse-tête. Ennahda et le parti de Nabil Karoui sortent en tête, mais avec si peu d’élus que la formation d’une coalition de gouvernement stable semble impossible. Depuis sa prison, Karoui réclame un report de la présidentielle. La démocratie n’est pas chose parfaite.

* 08 octobre – Après moi, le déluge! Donald Trump passe la main aux forces turques. Il justifie ainsi la décision de retirer ses soldats du Nord de la Syrie et d’abandonner à leur sort les combattants kurdes, pro-occidentaux, des YPG, victorieux contre Daech : « La Turquie, l’Europe, la Syrie, l’Iran, l’Irak, la Russie et les Kurdes devront maintenant résoudre la situation … Les Kurdes ont combattu avec nous,… mais il est temps pour nous de sortir de ces guerres ridicules et sans fin, dont beaucoup sont tribales « . Au passage, il blâme l‘Europe de penser que les États-Unis seraient un « pigeon ». Enfin, faute que les Européens jugent et détiennent leurs jihadistes, détenus par les Kurdes, il souhaite que l’invasion turque, annoncée par Ankara, règle le compte de ceux-ci. Excellent signal pour Daech et pour les misanthropes du monde entier !

* 07 octobreMultinationale jihadiste. Les attentats ont triplé au Burkina Faso, depuis le début de l’année et le nombre des victimes explose (300.000 déplacés), tandis que les autorités se retranchent dans le déni. En fait, cinq des principaux groupes armés islamistes du Sahel coordonneraient leurs attaques dans ce pays et au Mali. Les armées des Etats subsahariens sont dépassées et les gouvernements civils, sans politique adaptée au défi.

* 06 octobreAsie imprévisible La Corée du Nord rompt la négociation nucléaire avec les Etats-Unis. L’ydille Donald-Jong-Un, c’est cuit pour un temps! Une paix magistrale dont Trump ne pourra plus se vanter devant ses électeurs. L’Inde semble avoir songé à berner Dassault : les transferts de technologie en offset du contrat « Rafale » pourraient être détournés au profit d’un motoriste ukrainien qui s’installe subreptissement dans la même ville que l’avionneur français… dans l’attente de son rachat par la Chine ! En Iraq chiite, les manifestants critiquent leurs ayatollahs, proches du pouvoir et trop alignés sur l’Iran!

* 05 octobre – Brouillard anglais. Bien malin qui saura quand tombera le Brexit ! Dans leur réponse à la justice écossaise, les conseillers de « BoJo » laissent entendre qu’une « carte maîtresse » va bientôt sortir, permettant – sans avoir à le demander – d’obtenir un report, conforme au vote du Parlement de Westminster, au cas où aucun accord n’interviendrait avec l’UE. Sorcellerie, bluff ou comparse européen en embuscade pour casser l’unité des 27 ? Allez prétendre, après ça, que c’est le seul respect « transparent » des électeurs pro-Brexit qui anime l’histrion populiste ? Quelle purée de pois !

* 04 octobre – Iraq. Fureur populaire à Bagdad, contre la corruption, le chômage et l’incurie des dirigeants. Une trentaine de morts par balles et des milliers de blessés. Comme quoi les régimes issus des guerres et des invasions ont rarement des recettes pour la paix sociale.

* 03 octobre – Traité d’Aix-la-Chapelle. Destiné à compléter le traité de l’Elysée de 1963 sur la coopération franco-allemande, ce texte, conclu le 22 janvier,  est présente, pour ratification, aux deux parlements. Il jette les bases d’un avenir partagé dans divers domaines, en particulier, la dimension militaire des politiques de paix, de sécurité et de développement. Mais il fait l’impasse sur la prévention des conflits, la promotion active de la paix, l’aide humanitaire et la reconstruction post-conflit des pays et des sociétés dévastés, bref, sur la constitution d’un « soft power » européen, adapté à l’époque. L’usage exclusif de la force permet-il de mettre fin aux interventions militaires en Afrique ? Il devrait être pondéré par les énormes perturbations provoquées dans des sociétés fragiles, à peine viables, très malléables et sujettes à des irruptions de violences civiles. L’exemple actuel du Sahel amènera, souhaitons le, à affiner les dispositifs das ce sens.

* 02 octobreTunisie. Du fait de la détention du propriétaire de media, Nabil Karoui, l’autorité électorale risque l’annulation des résultats du 1er tour de la présidentielle, par la justice administrative. Ce, pour rupture de l’ »égalité des chances entre les candidats ». Risque d’impasse, voire de naufrage, de la voie  »exemplaire » suivie par la Tunisie au sein du monde arabe ?

-Le jour de la « tragédie nationale » (anniversaire de la fondation de la RPC) à Hongkong donné le spectacle d’une violence extrême. L’histoire ne validera pas ce choix, le 1er octobre 1949 ayant marqué une vraie libération du peuple chinois, au terme d’une résistance courageuse contre l’occupant japonais. Mais la Chine n’a pas eu son Conseil National de la Résistance et son armée de libération a, dès l’origine, pratiqué les purges et la monopolisation du pouvoir par la force. Le PC d’aujourd’hui perçoit la démocratie comme un complot de l’étranger. Les étudiants de Hongkong, comme un droit naturel. 

* 01 octobreAuto-célébration partisane. C’est les 70 ans d’un régime que la Chine glorifie : le Parti plus que l’Etat. En RPC, l’Histoire  est soigneusement consignée par ceux qui sont aux manettes : les morts du Grand Bond et de la Révolution culturelle n’y auront pas de place.  « L’unité, c’est le fer et l’acier » (Xi Jinping), le contrôle policier est si poussé, l’ardeur patriotique, si bien conditionnée que les slogans néo-maoïstes s’abstiennent de toute pertinence. Le pouvoir, claquemuré, met Pékin en léthargie sécuritaire: il n’est plus permis de promener un oiseau dans une cage ou d’utiliser du gaz pour faire la cuisine ! C’est que les vents sont plutôt contraires, tant à la périphérie de l’Empire qu’à l’extérieur : guerre commerciale avec les Etats-Unis, qui commence à mordre, ralentissement de la croissance, inégalités toujours choquantes, suspicion étrangère à l’égard des grandioses nouvelles routes de la soie et, surtout, Hongkong en révolte, qui s’obstine à gâcher la fête et nargue le Régime. Celui-ci n’est pas du genre indulgent. Retour de bâton à attendre.

* 30 septembre – Championnat du monde d,’athlétisme à Doha. Les athlètes concourant en extérieur vivent un calvaire dans la fournaise du Golfe.  Manifestement, le Qatar, pays-hôte, et les fédérations ont été conduits par l’argent, pas par le respect des participants. Le sport-spectacle est consubstantiel à la mondialisation, c’est à dire aux circuits financiers. Cette industrie s’embarrasse très peu du noble esprit prôné par Pierre de Coubertin. Quand cette camaria cupide et peu scrupuleuse rencontre l’avidité de gloriole du pays chef de file des Frères musulmans (et propriétaire majeur de l’immobilier de luxe à Paris), le résultat est celui-là. On devrait intégrer ces instances à l’ONU, sous la houlette du Conseil économique et social.

* 29 septembreElections du désespoir. Un dixième des électeurs afghans se sont rendus aux urnes pour désigner leur prochain président. Neuf dixièmes du pays fonctionnent, d’ailleurs, hors du cadre des institutions « démocratiques ». Les Talibans, maîtres de facto du pays, ont endeuillé le scrutin de leurs sanglantes attaques (au moins 13 attentats). Quel sens, quelle perspective donner à ce jeu politique factice, « à occidentale » ? L’Occident voudrait surtout se persuader que « le job a été fait; à eux de jouer désormais ! ». Cela justifie, au passage, le renvoi au casse-pipe des exilés afghans parvenus chez nous.

* 28 septembreEloge russe. V. Poutine vante les qualités intellectuelles, la sagesse et le patriotisme de J. Chirac. Il n’était pas encore au pouvoir, il est vrai, lorsqu’en 1998, la France intervint au secours des Kossovars, contre leur oppresseur serbe, soutenu par Moscou. La mort sanctifie et efface les lois de la géopolitique. Poutine en bénéficiera, lui aussi, à son heure.

– A l’ONU, E. Macron a rappelé les éléments constitutifs d’une solution diplomatique dans le Golfe : « D’abord la pleine certitude que l’Iran ne se dote jamais de l’arme nucléaire. Ensuite, une sortie de crise au Yémen. Troisièmement, un plan de sécurité intégrant les autres crises de la région et la sécurité des flux maritimes. Enfin, une levée des sanctions économiques ». Il a précisé ne pas croire aux miracles. Parfois, il le faut.

* 27 septembre – Hommages. De chacun, son évocation du « Grand Jacques« . L’Homme d’Etat gaulliste s’était réconcilié avec l’Europe mais aussi avec le multilatéralisme.  Conscient de ce que « la maison brûle », il prônait la transformation du Programme des Nations Unies pour l’Environnement en une agence dotée d’autorité sur les Etats. Mieux encore, il militait pour la création d’un Conseil de Sécurité économique et social (on ajouterait aujourd’hui « et écologique ») à même de contrebalancer le Conseil de sécurité actuel de l’ONU, frappé d’un déficit de représentativité. Un regret : la France aurait du se retirer d’Afghanistan avant la fin de son second mandat.

* 26 septembre – Enfants damnés. La Commission consultative des Droits de l’Homme dénonce le gouvernement français pour sa réticence à rapatrier les enfants de jihadistes français, bloqués dans les camps du Kurdistan syrien. 17 sont rentrés sur deux centaines. A-t-on peur d’eux ? Là où ils sont, certains sont morts du fait d’absence de soins. Surtout, les rescapés de Daech parviennent facilement à les joindre, ce qui constitue un plus grand danger pour l’avenir. Conception électoraliste de la sécurité ?

* 25 septembre Tempêtes sur les populismes. Ouragan au Royaume Uni, où Boris Johnson est désavoué par la Cour Suprême. La tentative de putsch contre les institutions tourne court, mais il reste aux commandes, bien déterminé à forcer la voie au « hard Brexit », dans un mois. Sauf démission et nomination d’un successeur, rien ne l’arrêtera, persuadé qu’il est de surfer sur l’instinct des électeurs. A Washington, D. Trump va être confronté à une enquête en destitution , initiée par les Démocrates. Il s’est, à nouveau, enferré dans une collusion avec un Etat étranger (cette fois, l’Ukraine), pour porter tort à son principal rival aux élections de 2020 : Joe Biden. Le risque d’ »impeachment » est minime, tant les réflexes partisans l’emportent sur la moralité et le droit.

A l’ONU, E. Macron appelle les Etats-Unis et l’Iran à avoir le « courage de bâtir la paix ».

* 24 septembre Parents-traîtres. Au sommet des Nations Unies sur l’urgence climatique, Greta dénonce la « trahison » de cette génération qui « regarde ailleurs » et ne comprend que l’argent. E. Macron en promet beaucoup, d’argent, pour le Fond vert, mais il évite soigneusement d’évoquer les engagements carbone de la France, de moins en moins respectés. Est-il raisonnable de caricaturer l’avenir du genre humain comme résultant d’une confrontation de la Nature avec l’Argent ? L’être humain a des exigences complexes mais essentielles – dont le droit et la justice – qui sont exclus du tableau. Reste la peur contre l’avidité. Le simplisme est-il une autre forme de trahison, inconsciente ?

Les faillites de Thomas Cook, Aigle Azur, XL : un fait de la  mondialisation version « Nord » de la Planète. Et si on utilisait tous ces avions pour organiser les départs des exilés du Sud promis à la noyade en Méditerranée ? Pas sérieux… certes, mais moral.

* 23 septembre Troyan horse. Boris Johnson s’aligne sur le langage guerrier de Washington concernant l’Iran… et sans doute aussi sur les hésitations américaines quant à l’action à entreprendre. Voilà le champion du souverainisme britannique hors-sol et guidé uniquement par un désir de complaisance transatlantique. Un coup dur pour l’Europe que ce reniement de la géopolitique !

* 22 septembre Peuples libres. Pour le deuxième jour consécutif, les partisans de la démocratie manifestent au Caire et à Alexandrie contre le régime dictatorial et corrompu du maréchal Sissi. Ce faisant, ils risquent leurs vies. Les printemps arabes connaissent une résurgence automnale, admirable et sans doute désespérée.

* 21 septembreJeunes générations. Sous les auspices de l’ONU, le pré-sommet « Action des jeunes pour le climat », à New York, se fait l’écho des revendications de la jeunesse dans plus de cent pays. Un partenariat se noue entre les générations montantes, soucieuses de leur avenir, et l’Organisation dépositaire des défis planétaires. Sain dépassement des nationalismes bornés ! J’adhère, même si j’attends que les autres défis majeurs du monde (paix, développement, libertés, circulation humaine, droits humains et justice, etc.) soient aussi pris en compte. Dès lors qu’elle s’exprime, la conscience élargit, peu à peu, son champs de perception géopolitique.

* 20 septembreRéalités toxiques. Les Perspectives des migrations internationales 2019, rendues publiques par l’OCDE, ne montrent aucun risque de « submersion » de l’Europe par des exilés d’Afrique. Chinois, Roumains, Indiens, Polonais, Vietnamiens, Mexicains Syriens, Philippins devancent les subsahariens de loin. Il faut attendre la 18eplace pour trouver un pays africain – le Maroc – parmi ceux qui ont le plus migré vers l’OCDE. Ni le Royaume-Uni, ni l’Allemagne ne comptent d’Africains dans la liste des dix premiers pays d’origine de leurs migrants. La France compte 4,4 % de Maghrébins mais seulement 1,5 % de Subsahariens. D’ailleurs, elle n’a pas enregistré d’afflux l’an passé, juste une modeste augmentation des entrées de 245 000 à 253 000, toutes origines confondues (pour 67 millions d’habitants !). Les migrations de jeunes Français à l’étranger dépassent ce chiffre. Et en matière d’asile, le trio de tête est l’Albanie, la Géorgie et l’Afghanistan.

Le président français parle de nos fantasmes en de curieux termes : « les bourgeois n’ont pas de problèmes avec [l’immigration], ils ne la croisent pas. Les classes populaires vivent avec »Drôle de façon de vouloir‘regarder le sujet en face »… sans doute au faciès. A son idée, si on voulait bien la leur expliquer, les « classes populaires » seraient incapables de comprendre la réalité du monde ou de se mettre dans la peau de ceux qui souffrent. Le langage électoral est tellement simple !

* 19 septembreRabibochage.   »Je ne mésestime pas ce que le peuple italien a vécu (comme injustice) , néanmoins la réponse au sujet migratoire n’est pas dans le repli mais dans une solution de coopération européenne efficace ». Après une bisbille très passionnelle, le président Macron et le chef du gouvernement italien, Giuseppe Conte, ont remis au beau-fixe le baromètre franco-italien. Mais en prônant encore le « mécanisme automatique  de répartition des migrants»,  récusé par beaucoup de leurs pairs, tous deux vont se heurter à un mur du refus en Europe de l’Est. A fortiori, si la machine à créer des clandestins dénommée  »Dublin » demeure la base (inique et cynique) du système de circulation sans fin.

* 18 septembreFlottements. La législative israélienne débouche sur un coude-à-coude entre les deux camps dominants. Avec, de chaque côté, à peine un quart des 120 sièges de la Knesset acquis par les urnes, les marchandages pour former une coalition s’annoncent difficiles, voire critiques. Nétanyahou, perdant du scrutin, n’expédiera pas, simplement, les affaires courantes, il va jouer son va-tout face à Benny Gantz qui, lui, cherche à le dégager du jeu politique. Israël, arrimée dans une posture guerrière, sans direction stable, pourrait connaître une fuite en avant géopolitique.

* 17 septembreDémocratie. Foison de commentaires en France sur le 1 er tour de la présidentielle en Tunisie, un évènement aux enjeux forts pour le pourtour méditerranéen, le monde arabe et la paix intérieure en France. Avec 19 % des suffrages exprimés (résultat partiel donc provisoires), Kaïs Saïed, constitutionnaliste austère et sans parti (mais populaire auprès des jeunes, précède l’affairiste présumé, depuis peu incarcéré, Nabil Karoui (15 %) et le candidat islamiste d’Ennahda, Abdelfattah Mourou (13 %). Ne critiquons pas le clientélisme encore très présent, l’absence de programmes précis et l’éclatement de la scène partisane. Ce sont les lendemains et surtout les surlendemains d’élection qui forgent laborieusement une démocratie et, malgré la faible participation, la volonté de changement des Tunisiens force l’admiration.

* 16 septembreBouquet d’épines. 1/ Le marché du pétrole panique. 2 / D. Trump revendique l’élimination, » lors d’une opération de contre-terrorisme », de Hamza Ben Laden, dauphin du fondateur d’Al Qaida, lui-même exécuté par un commando, en mai 2011. Exécution extra-judiciaire ou combat, armes à la main ? En tout cas, pas question que la Justice passe. 3 / Boris Johnson assistera au sommet européen du 17 octobre, en digne héritier de « l’incredible Hulk » (plus il se fâche, plus il est costaud). Le Brexit aura bien lieu le 31. Il a déjà accompli un « énorme progrès »  pour lever l’obstacle du backstop sur la frontière irlandaise. Silence, à Bruxelles.

* 15 septembreJeux de vilains. La moitié de la production pétrolière saoudienne provisoirement à l’arrêt pour cause de bombardement par drones. Les deux champs d’Aramco (Khorais et Abqaïq) représentent 5 % de la consommation mondiale. Cette 3 ème offensive Houthie contre l’Arabie paraît dépasser les capacités d’un groupe archaïque de combattants tribaux du Nord-Yémen. Alors, la main de Téhéran contre Riyad, sa rivale  sunnite ? Thèse immédiatement validée par Washington. Toucher au brut léger, c’est autrement plus criminel et lourd de conséquences que de bombarder quatre années d’affilée les populations civiles yéménites. Le monde occidental est horrifié.

* 14 septembreBobards en série. Boris Johnson a-t-il menti à la Reine sur l’enjeu réel du lock-out du Parlement de Westminster ? Les experts du droit constitutionnel non-écrit du Royaume pointent du doigt la licéité du mensonge « politique », contrairement au mensonge « juridique ». Soit. Il a surtout menti (politiquement) au peuple britannique, quant aux merveilles attendues d’un Brexit sans accord. Et, ce, depuis 2016. Mais, là comme ailleurs, le mensonge, est l’essence-même de la doxa populiste. La justice d’Ecosse le blâme d’avoir « débranché » le Parlement pour allumer plus tranquillement l’incendie, mais la Cour Suprême du Royaume ne confirmera pas forcément ce verdict. Le nœud entre élections anticipées et Brexit ne sera tranché que par la ruse. Grâce à la lassitude des électeurs, le dernier politicien encore en vie va gagner. Gagner quoi ? La gloire historique d’une déconfiture !

* 13 septembre – Cocktail rance. Depuis son poste diplomatique, l’adjoint de l’ambassadeur de France au Salvador téléguidait un groupe d’anciens policiers et militaires d’extrême droite, qui planifiait des actions terroristes (attentats, empoisonnements) contre les musulmans de France. La convention de Vienne ne prévoit aucune immunité de juridiction, dans ce cas. Collusion de corporations professionnelles qui, en principe, devraient voir le monde différemment. Les populismes de la peur et de la haine créent de curieux attelages !

-Si Trump poursuit ses accès de colère protectionniste, le commerce mondial aura fléchi de 17 % pour son successeur à la Maison blanche – Voir l’article en rubrique principale.

* 12 septembreChaises tournantes. D. Trump congédie du Conseil National de Sécurité l’illuminé John Bolton, partisan de l’usage de la force en toute chose, pour « remodeler le monde ». Son collègue, Mike Pompeo, plutôt sur la ligne de l’action armée clandestine, respire mieux. Evolution dans un sens pragmatique, donc ? Pas vraiment : le principe est l’autorité exclusive et personnelle du Chef, pas de savoir ce qu’il en fera. De bonne humeur, celui-ci repousse de deux semaines – en pleine célébration de la fondation du régime de Pékin – ses taxes punitives sur 250 milliards d‘importations chinoises.

* 11 septembreGlacis colonial. Benjamin Netanyahou s’engage à annexer, morceau par morceau, près d’un tiers de la Cisjordanie. Enthousiasme des électeurs et des colons d’extrême-droite et d’extrême-extrême droite, qui pensent prospérer bien mieux à l’ombre de la guerre qu’au soleil de la paix ! Va-t-il faire oublier ses tripatouillages financiers et gagner les législatives, avec un tel programme ? On en parle dans le dernier article consacré à l’été géopolitique 2019. Par ailleurs, un jour-anniversaire pas-joyeux.

* 10 septembre – « mi-chèvre-mi-choux ». Les premières manœuvres militaires des dix pays d’Asie du Sud-Est avec les Etats Unis se sont concluent à Singapour, le 7/09, un an après des exercices similaires conduits avec la Chine. C’est là une volonté d’équilibre de la part de l’ASEAN, qui tient à projeter l’image de sa « neutralité » entre Pékin  – pôle central et quasi-unique de l’économie et du commerce en Asie orientale – et Washington, contrepoids indispensable aux velléités hégémoniques de la puissance chinoise. Comme l’Europe, cette région doit composer avec des géants militaires et, en même temps, s’arrimer aux courants porteurs des marchés régionaux, sans perdre son indépendance. La « neutralité », ainsi conçue, procède d’une tradition ancienne, remontant aux décolonisations et à la guerre du Vietnam. L’UE peut la comprendre, la soutenir, peut-être même s’en inspirer.

* 9 septembreFinir une guerre. A deux doigts de leur conclusion, en secret, à Camp David, Donald Trump rompt les tractations avec les Talibans sur la sortie américaine d’Afghanistan. Le motif est flou, la manière versatile et impulsive mais, sur le fond, ce n’est pas idiot. L’année écoulée de tractations opaques à Doha ou ailleurs préparait une cuisante défaite pour le régime « supplétif » installé à Kaboul, tenu à l’écart du processus. Sa chute inexorable allait sceller le retour à l’esclavage islamiste d’une population de 30 millions d’âme et la stérilisation des germes de démocratie semés dans ce pays. Petit espoir de non-répétition de la faute stratégique et morale commise par le duo Nixon-Kissinger à l’égard du Vietnam, en 1973. Quid du retrait des 14.000 GIs ? Il ne fallait pas les envoyer là-bas, en premier lieu !

* 8 septembreEngrenage nucléaire. L’Iran annonce rentrer dans la 3 ème phase de son plan de désengagement de l’accord nucléaire de Vienne de 2015. Accélérée par l’emploi de centrifugeuses performantes, sa production d’uranium – enrichi au delà du seuil « civil » de 3,65 % – va proliférer, mais dans une constante transparence vis-à-vis de l’AIEA. Les sanctions internationales mordent son économie mais leur levée, contrariée par l’établissement d’un blocus américain, rend les dirigeants iraniens furieux et jusqu’au-boutistes. L’impuissance des Européens à obtenir de leurs entreprises qu’elles contournent l’offensive US ajoute à la méfiance exacerbée de Téhéran. User du bâton, sans la carotte, c’est mettre de l’huile sur le feu

* 7 septembreFlingueurs & Cie. Le pape François aurait été, en avril, la cible d’une tentative de renversement, inspirée par un lobby  américain de Républicains ultra. Les motifs : les critiques de l’ultra-libéralisme économique formulées par le Saint Père et un soupçon que celui-ci en vienne à accepter l’ordination de femmes. Les cow boys tirent d’abord… et ne pensent pas ensuite. Voyez la NRA (lobby des flingues), le KKK (lobby de tueurs), les milices privées (idem), Steve Bannon (lobby populiste), GAFAM (lobby de lobectomie cérébrale), Trump et bourse de New-York. François se dit « honoré » de cette haine américaine à son égard. Nous le sommes tous.

* 6 septembre – Chantage et expansionnisme. Recep Tayyip Erdogan lance un ultimatum aux Occidentaux, en substance : « aidez-moi à m’emparer d’une bande de 30 à 40 km de territoire au Sud-est de la Turquie (Nord-Est de la Syrie), sinon j’ouvre les portes (de l’Europe) aux 3,5 millions de réfugiés syriens abrités sur mon territoire ». L’U.E piégée et soumise à chantage, en conséquence de l’accord « d’endiguement » des exilés qu’elle avait conclu sans morale et sans gloire, en mars 2016, pour ne pas voir tous ces gens affluer vers elle. Toujours plus d’argent sera exigé d’elle, en échange. Les Etats Unis et aussi la France sont sommés d’abandonner les unités du YPG kurdes-syriennes et les combattants pro-occidentaux, ceux-là-même dont les combats acharnés ont permis de faire plier Daech, de libérer les populations et de rétablir une gouvernance démocratique… Personne ne songe réellement à stopper militairement l’expansion turque – appuyée par la Russie (qui l’équipe de missiles S-400) et par l’Iran – vers une zone riche en pétrole et où les Kurdes de Turquie trouveraient exemple et soutien. Qui , d’ailleurs, voudrait aider Damas, l’infâme, a récupérer ses territoires ? De tout évidence, les millions de Syriens déplacés en Turquie ne sont qu’un prétexte utilisé dans cette affaire, mais la peur qu’a l’UE des réactions de ses propres électeurs face à l’arrivée de réfugiés fonctionne à merveille. Cette « zone de sécurité » qui devrait attiser d’autres guerres, un relent des années 1930 ?

* 5 septembrePunching ball. Westminster s’est rebiffé, hier. Déjà, le premier ministre, Boris Johnson, « s’était pris une double claque », en perdant sa majorité absolue (21 « traîtres », dans les rangs Tories) de même que la haute-main sur l’agenda parlementaire. A partir de là, le « camp rebelle » est parvenu à imposer une loi contre son projet de « hard Brexit » sans accord pour le 31 octobre. Jusque sur la convocation d’élections anticipées, le 15 octobre, une motion de rejet a conduit à inverser les positions de départ et à bloquer le jeu. Que faut-il en penser ? D’un côté, comme en Italie, les institutions peuvent encore bloquer les projets de populistes délirants se comportant, à la limite du putschisme. De l’autre, les parlements sont devenus des girouettes dans des spectacles de Guignol, incapables de produire une feuille de route acceptable et réaliste pour leurs peuples. Ni le Royaume Uni (avec un premier ministre qui, renversé, resterait quand même aux manettes du Brexit), ni l’Italie (avec un clown impotent  aux Affaires étrangères et une dette abyssale) ne sont sortis de misère, même si, dans les deux cas, un pas est esquissé en direction de l’Europe. Incluons la folie des hommes et leurs petites démissions dans la perception géopolitique du monde, où l’Europe régresse au plus bas.

* 4 septembreMéfiance.  L’iranien Rohani ne veut plus, « par principe » d’un tête à tête avec Trump. D’une rencontre en format 5 plus un, à la rigueur.  L’initiative française de médiation  fait flop. Effet de la méfiance atavique mais  aussi de la réticence de nos entreprises à contourner les sanctions américaines.

* 3 septembreMalthus & céréales.  En 2050, l’humanité et ses 10 milliards d’âmes auront besoin de 23 pour cent de céréales de plus qu’en 2014. Or, le dérèglement climatique et l’usure des sols auront réduit de 3,5 jusqu’à 7 pour cent les rendements de cette source principale de notre alimentation. Ce déficit d’un tiers  pourrait être encore aggravé par ĺes conflits sur l’eau, le facteur migratoire et les peurs identitaires. La géopolitique des ventres et des têtes vides.

* 2 septembreChacun sa guerre et malheur aux civils ! Dernière à résister au régime de Damas, la région syrienne d’Idlib était « démilitarisée », au titre d’un accord passé entre la Turquie, alliée de groupes résistants, et la Russie, alliée de Bachar. Elle a subi quatre mois de bombardement ininterrompu, dévastateurs pour ses 3,5 millions d’habitants, dont beaucoup de civils déplacés, bloqués sous les bombes. L’accord, tout récent, a été froidement violé par Moscou et par l’armée d’Assad. Pour faire bonne mesure, l’aviation russe a aussi détruit un hôpital de campagne, proche d’Idlib, dans la province d’Alep et l’US air force y abat des chefs jihadistes à grand déploiement de drones. Damas a repris environ  60 % de ce territoire « rebelle », avec l’intervention militaire de Moscou mais aussi celles de l’Iran et du Hezbollah libanais. Les dictateurs n’intègrent aucun paramètre humanitaire dans leur géopolitique.

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