Las Vegas ou Bataclan, Amérique ou banlieues, la haine terroriste est d’extrême droite

Las Vegas, New York, Charlottesville : quand doit-on parler de terrorisme ? Après la récente tuerie de Sutherland Springs aux États-Unis, la géopolitique fait le lien entre terrorismes islamiste et d’extrême droite. Au Texas, une petite église de Sutherland Springs a été frappée par l’horreur, une fusillade qui a fait 26 morts. Ce n’est pas la première fois que les États-Unis sont ainsi frappés.

– À Charlottesville, un homme de 20 ans fonce, avec sa voiture, sur une foule manifestant contre l’extrême droite ; il tue une femme de 32 ans, et blesse 19 personnes. Le responsable, James Alex Fields Jr., est affilié à l’extrême droite.

– À Las Vegas, un homme tire dans la foule, tue 58 personnes, et en blesse plus de 500. Ses motivations n’ont pas été clairement définies. Les analyses américaines ont parlé d’une personnalité narcissique et déprimée. Mais le travail de la police prouve que cette « dépression » ne l’a pas empêché de planifier tous les détails du massacre.

– A New-York, le 31 octobre, un Ouzbek immigré aux États-Unis a tué 8 personnes et blessé 12 autres en les renversant avec une camionnette. Dans son téléphone, on a retrouvé 90 vidéos de Daech.

Killing people blindly is quite reasonable, wether you hate them for this or that reason

Face à cette horreur, un débat classique a resurgi : quand peut-on parler de terrorisme ?

Pour Charlottesville, Las Vegas et New York, il est possible de répondre à cette question.

Comment définir le terrorisme ? C’est une violence d’inspiration politique, visant des civils, qui cherche d’abord à faire passer un message. Que ce soit avec al-Qaïda, Daech, mais aussi l’extrême droite (Breivik en Norvège), on retrouve un goût du chaos, d’un certain nihilisme, la destruction devant entraîner le changement espéré.

Avec cette approche, on peut parler de terrorisme pour Charlottesville comme New York. Chercher à les distinguer, c’est refuser de comprendre que l’islamisme radical n’est rien d’autre que l’extrême droite en Orient. Même rejet de l’autre, même hiérarchisation de la population, même politique visant à s’opposer à un « autre » forcément ennemi. Le cas de Las Vegas est plus compliqué : mais il semblerait ici que l’« idéologie » soit le nihilisme, la haine de l’autre motivée par son malheur personnel. Le message n’est pas aussi articulé que celui des extrêmes droites occidentale et orientale. Mais il est tout aussi dangereux, et ne devrait pas être traité à la légère.

La haine  »nazifiante » n’est pas qu’affaire de race, de religion ou de géographie : elle s’inscrit dans un contexte de déshumanisation, hélas universel.

(Mes remerciements à « Réforme » de novembre 2017 , très largement repris dans ce blog)

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