* 4 novembre – Forcer le destin, contraindre les institutions

Brèves des jours précédents

Est-on parti pour le pire des scénarios et même pour le scénario du pire, au lendemain de l’élection américaine ? Donal Trump avait clairement annoncé que si les premiers résultats étaient serrés, il lancerait des barrages de contentieux juridiques au niveau de tous les Etats. Les sondages prédisant une vague de fond démocrate semblent, une fois de plus, aveugles aux faits. Ceci, même s’il apparait que, porté par une participation citoyenne sans précédent, Joe Biden remportera le suffrage populaire et de façon plus nette qu’Hillary Clinton, fin-2016. La Chambre des représentants restera Démocrate et le Sénat, sans doute, Républicain. Ceci ne laisse pas présager d’une prochaine mandature de cohésion. Pourtant, le suffrage indirect au niveau de chaque état constituant la règle (236 grands électeurs pour Biden et 213 pour Trump, au matin du 4 novembre), la même confusion quant aux résultats suscite la même sidération : après quatre années de cauchemar et de division, Trump pourrait être réélu !

Fidèle à sa posture de trucage des institutions, il clame déjà victoire et prétend arrêter le décompte des votes (en fait, des votes par correspondance généralement plus favorables au camp démocrate). Faire l’impasse sur des voix non-encore comptées, voilà un procédé de dictateur africain ou oriental ! Le satrape de Washington ne contrôle pas toutes les cours suprêmes des états, auprès desquelles ses avocats vont multiplier les contestations. Néanmoins, les recours aboutissant, en dernière instance, à sa Cour suprême fédérale, armée de juristes nommés par lui, il est manifestement prêt à faire dérailler, à son profit, la mécanique électorale. La crise post-électorale promet de durer et la confusion de s’installer, avec le risque que les tensions s’expriment jusque dans la rue. La réconciliation entre Américains n’en sera que plus difficile.

Au fil de sa campagne délétère, Trump a radicalisé sa base électorale avec une efficacité redoutable. La colère contre les institutions démocratiques du Pays, contre la classe politique de Washington (hormis Trump) est à la hauteur des peurs entretenues dans cette population blanche déclassée, contre la mondialisation des emplois, la montée des minorités, le ’’système’’, de façon générale. Son besoin d’un chef atypique et provocateur reste fort.  Les milices ne sont pas encore de sortie, mais qui sait… Seule la démographie réduira à terme l’impact électoral de ces cousins américains de nos gilets jaunes et cela leur donne un sens aigu de l’urgence. Avec ces deux populations antagonistes, l’Amérique nous  présente un triste miroir du déclin occidental.

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