* 16 novembre – L’Asie qui gagne

Dans le sillage du sommet de l’Asean à Bangkok et au terme de huit ans de négociations, les dix pays de l’ASEAN, la Chine, le Japon, la Corée du Sud, l’Australie et la Nouvelle Zélande ont conclu, le 15 novembre, un grand accord commercial majeur, promu par Pékin. Ce ‘’Regional Comprehensive Ecoomic Partnership’’ – RCEP (Partenariat régional économique global) à 15 participants, couvrira 30 % du PIB mondial et deviendra l’accord de libre-échange le plus extensif du monde, en termes de produit intérieur brut. Il concernera plus de 2 milliards d’habitants de la Planète. A ce stade, l’Inde se tient à l’écart, pour protéger son industrie face au  »déferlement des produits chinois ».
D’inspiration néo-libérale, l’accord ne couvrira pas les droits sociaux ni l’environnement. En revanche, il favorisera l’investissement, régulera les droits de propriété et les normes techniques, ce qui créera une régulation concurrente face à celle de l’OCDE.

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L’’Asean jouit d’une position privilégiée pour tirer parti de la tension sino-américaine. Dans l’orbite géo-économique de la Chine mais entretenant aussi d’étroites relations commerciales ou d’alliance stratégique avec les Etats-Unis, ses membres peuvent jouer sur deux tableaux. Affectés par la pandémie de Covid, ils comptent que le RCEP les aidera à en compenser les dommages sur leurs économies. ‘’Un rayon de lumière et d’espoir au milieu des nuages’’, leur promet le premier ministre chinois. La région de l’Asie- pacifique occidental est attirante en raison même de sa proximité avec la Chine, de ses coûts de production et de sa forte croissance économique. L’Asean devrait donc rapidement accéder à un statut de puissance intermédiaire, à la faveur de la montée en gamme de ses productions. Certains de ces pays-membres suivent d’ailleurs des stratégies ambitieuses de relocalisation chez eux des entreprises occidentales, à grand renfort de dumping fiscal.


Le pacte signé est largement perçu comme un complément aux nouvelles routes de la Soie, lancées par la Chine pour étendre son influence dans la région (et dans le monde) et en déterminer les règles. Ce gain stratégique énorme aura été rendu possible par la passivité à courte vue des Etats Unis de D. Trump. En janvier 2017, ce dernier avait retiré son pays du grand projet concurrent de Traité de libre-échange transpacifique (TPP), essentiellement parce que celui-ci avait été promu par son prédécesseur, Barack Obama. Grave revers pour l’Amérique.

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