* 17 novembre – Leur poutre, notre paille

Le véto mis par Budapest et Varsovie au plan de relance européen tient à la condition d’un respect effectif de l’état de droit posée par les institutions européennes. Le mécanisme de ‘’non-financement’’ des Etats coupables avait pourtant été adopté, non sans difficultés, à la majorité qualifiée, par le Parlement et le Conseil européens. L’accord, avait ouvert la voie à un compromis sur l’ensemble du budget pluriannuel (2021-2027), auquel le plan de relance est adossé. Ce rappel aux valeurs fondatrices de l’Union visait la Hongrie et le Pologne, dont les autorités actuelles, d’inspiration populiste, ne cessent de s’écarter des droits et libertés civiles. Plus qu’une sanction, il se veut une incitation au rétablissement de l’équilibre des pouvoirs, rompu par ces régimes au profit de conceptions ‘’illibérales’’ ou traditionnalistes d’un Exécutif fort monopolisant les pouvoirs.

L’apparition d’une gouvernance du style ‘’années 1930’’, discriminant certaines catégories de leurs citoyens, fait peur à l’Europe. Les ‘’pères-fondateurs’’ n’auraient jamais pu imaginer que des situations aussi contraires à leurs idéaux prévaudraient un jour. Encore moins, qu’un tel pronunciamiento totalitaire prendrait en otage l’économie et la vie quotidienne de 450 millions d’Européens. Et bien si, et c’est assumé ! Le gouvernement hongrois se montre intraitable dans les négociations à Bruxelles, mais il cantonne sa parole publique sur twitter, comme pour montrer ses affinités avec le perdant des élections américaines… ou son fond de mauvaise conscience.

La présidence allemande se montre contrariée de ce mauvais tour : ‘’Nous avons déjà perdu beaucoup de temps, face à la deuxième vague de la pandémie et aux graves dégâts économiques engendrés ». C’est en fait la troisième crise que l’Europe doit traverser  simultanément : pandémie longue et ingérable, offensive terroriste, montée de haine face aux démocraties et aux institutions qu’elles ont établies. Et le problème climatique n’est pas loin. Dans ce triple état d’urgence, les esprits perdent la boussole et les emballements destructeurs finissent par paraître ‘’dans l’ordre des choses’’. Il est vrai que les démocraties ‘’moralisantes’’ prennent, elles-mêmes, de grandes libertés avec nos droits en s’appuyant sur ‘’l’apathie démocratique et citoyenne’’. Alors, elles pointent du doigt leurs voisins orientaux, façon de faire oublier que, chez nous aussi, mais de façon plus  »soft », les libertés fondamentales fondent comme neige au soleil.

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