* 18 novembre – Vengeance du loser

Pas facile d’être le fidèle lieutenant d’un mauvais perdant, qui plus est assis sur un siège éjectable. Voilà la situation de Mike Pompeo en visite à Paris, où les autorités auront clamé bien fort qu’il était reçu par E. Macron et J-Y Le Drian ‘’à sa demande et en toute transparence avec l’équipe du président élu Joe Biden’’. On pourrait ajouter : ‘’et dans ses fonctions seulement pour quelque temps encore’’. Deux semaines après la victoire de Joe Biden, la fiction qu’entretient le secrétaire d’Etat de D. Trump d’une victoire volée à son président crée d’emblée le malaise. Paris a soigneusement veillé à la haute discrétion de ces adieux à cette Europe si mal-aimée. Peuit-il y avoir des échanges ‘’confiants’’ entre alliés, en de telles circonstances ? Sans doute, non, mais l’exercice de ses pouvoirs de nuisance par l’administration américaine sortante, sa volonté apparente de rendre la plus difficile possible la passation de pouvoir à ses successeurs démocrates, le grain de folie furieuse de D. Trump, retranché dans le déni, tout cela porte à se tenir au fait des plans de l’Exécutif américain. Il n’y a que des motifs à souci, d’ailleurs :

Les sujets de friction ne manquent pas en effet, à commencer par l’accélération du retrait des troupes américaines d’Afghanistan et d’Irak. Mais l’Iran est, de loin, celui qui suscité la plus grande appréhension, le seul dont l’enjeu pourrait être d’amorcer ou d’éviter une conflagration nucléaire à l’échelle du Moyen-Orient tout entier, voire globale. La rupture avec Washington est complète depuis que D. Trump a claqué la porte en 2018 de l’accord international signé trois ans plus tôt avec Téhéran pour maintenir dans des limites  »civiles » un programme nucléaire  totalement surdimensionné (sauf à développer l’arme atomique). Tandis que les Européens tentent de sauver cet accord jusqu’à ce que J. Biden soit en mesure de le réintégrer, l’administration sortante a rétabli unilatéralement puis durci et imposé à ses alliés un « mur de sanctions » si haut qu’il sera difficile à ses successeurs démocrate de revenir en arrière. D. Trump veut étouffer l’économie et la société iraniennes et joue, sur le plan militaire une partie au bord du gouffre. Un dérapage intentionnel ou une initiative mal calculée, avant le 20 janvier, pourrait franchir le point de non-retour.

Ainsi, tout récemment, D. Trump aurait sollicité un plan de bataille de son Etat major interarmées, sur la base d’un scénario de bombardement des installations nucléaires iraniennes. Une perspective effrayante. Mais, comme lorsqu’elles ont été requises contre les manifestations ‘’black lives matter’’, les armées américaines ont tout fait pour l’en dissuader et refusent poliment. Belle résilience des institutions américaines face à la paranoïa agressive d’un fou vengeur !

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