* 21 novembre – Come back du multilatéralisme ?

Il s’est fait attendre depuis que la communauté des Etats est affectée par la double crise épidémique et économique. Tels les carabiniers, le G 20 se réunit finalement dans un cadre plutôt singulier : sous forme de visio-conférence et sous présidence du roi Salmane d’Arabie saoudite. On pourrait trouver mieux pour rassurer la planète occidentale. Il est également peu probable que les prisonniers politiques du royaume wahhabite profiteront de mesures de clémence du fait de la publicité qu’apporte ce type d’évènement, même virtuel. Mais c’est le bon format. Au menu des discussions, le plan d’urgence pour mettre le vaccin à disposition des pays pauvres qui ne peuvent se le procurer sur les marchés et le soutien à leurs économies dépourvues de filet social et financier leur permettant d’absorber le choc.


Le G20 – soit 85 % du PIB mondial – a adopté en avril un moratoire de six mois sur le paiement du service de la dette, prolongé jusqu’en juin 2021. Après la multiplication d’annonces mirobolantes sur une commercialisation imminente des vaccins tant attendus, un encadrement de la loi des marchés, par l’Organisation mondiale de la santé (OMS), est requis de toute part, pour qu’une grande partie de l’humanité ne soit pas laissée pour compte. Rien n’est acquis, dans la période actuelle marquée par l’incertitude géopolitique. En sus, la transition conflictuelle des pouvoirs à la Maison blanche et la conduite désordonnée de D. Trump – qui participe au visio-sommet – compliquent la construction d’un consensus. Boris Johnson est là aussi, comme si, pour ces ennemis du multilatéralisme, le plus important étant de se montrer quelle que soit la scène.


La pandémie de Covid-19 a infecté plus de 55 millions de personnes et en a tué 1,3 million à travers le monde. Plusieurs appels sont lancés au G20 –notamment par les Européens -pour rehausser l’autorité de l’OMS, face aux états nationaux et à l’industrie multinationale du médicament. Dans une lettre conjointe, la Première ministre norvégienne, Erna Solberg, le président sud-africain, Cyril Ramaphosa, le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, et la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, ont sollicité, pour l’Organisation, une rallonge de 4,5 milliards de dollars. Ceci permettrait de distribuer les vaccins – considérés comme un bien public – là où le marché s’avère inefficace. Pour le secrétaire général des Nations Unies : ‘’il manque encore 28 milliards, dont 4,2 avant la fin de l’année … mais les pays du G20 ont les moyens de les financer… et c’est la seule façon de stopper la pandémie ». Juste. Ce n’est pas énorme, en effet, en comparaison des 21 milliards de dollars (17,7 milliards d’euros) déjà mobilisés pour l’industrie pharmaceutique et des 11.000 milliards de dollars destinés à renflouer l’économie mondiale.

Par définition globale, la pandémie va-t-elle redorer un peu le blason du multilatéralisme ? Cet échelon de l’action coordonnée reste indispensable pour éradiquer le problème. Mais il a été imprudemment déserté par les Etats, car concurrent de leur pré-carré et vilipendé par tous les populismes électoraux.

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