* 2 janvier – Microcosme et macrocosme

Mon épouse souhaite à chacun une année ‘’piquante’’. Sa formule évoque la seringue et son vaccin salvateur et non pas les charmes et les surprises épicés promis par l’année du Buffle. Pas loin de chez nous, 2500 jouisseurs irresponsables ont enchaîné deux jours de rave party, sinistre promesse de cluster qui pourrait dévaster des innocents. Beaucoup de commentateurs jouent pourtant la complaisance : ‘’il faut bien s’amuser un peu, non’’? Une majorité exprime son refus ou au moins sa réticence à l’égard du vaccin. Mettre à l’abri une nation entière n’est absolument pas son affaire. Comment va-t-on affronter l’année difficile qui nous attend, si on ne parvient pas à se départir de cette complaisance culturelle à l’égard des colères infantiles et de toute transgression ? L’intérêt général est moins valorisant que les frasques individuelles, un constat qui date des temps les plus anciens, que l’obsession identitaire a encore aggravé.

L’identitarisme individuel, synonyme de déshumanisation, conduit inexorablement à l’affrontement. Qui a d’ailleurs parlé de paix à l’occasion des vœux ? Sans doute, le vaccin constituera le premier maillon d’une chaîne par laquelle la santé servira la paix (civile et mondiale) et celle-ci permettra ensuite de reconstruire la justice (civile comme universelle). Dans cette passe très difficile, la défiance exacerbée à l’égard de l’autorité, des institutions et du savoir (comme de la compétence) des experts crée, au sein des centres de décision – censés guider les citoyens renâclants – une ‘’peur du peuple’’. Le soupçon devenant une culture, de part et d’autre, la technocratie tourne en boucle sur elle-même, produit des schémas tortueux et dénués de bon sens, prompte qu’elle est à s’abriter derrière  les responsabilités d’une classe politique, qui, de son côté, peste surtout contre des temps et des électeurs ingrats. Une autre façon de laisser venir la guerre. Pour prouver que l’on ‘’contrôle’’, l’on multiplie les lois et les règlements liberticides. Ceux-ci survivront longtemps à la pandémie, de même que les profondes divisions qu’ils créent entre les gens, un autre facteur de stress et de tension. Sur ce fond de toile, les pauvres, les isolés, les exilés, les SDF, les affamés du Sud, les civils bombardés ou tués à la machette ne peuvent plus exister ou plutôt, ils ont été chassés de l’esprit des nantis. Tout peut être réparé, il suffirait de susciter les bonnes volontés et de les mettre à l’ouvrage. Clairement, il faut faire du consensus et de la confiance, fabriquer du neuf, ne pas perdre de vue le lien indéfectible Paix – Stabilité – Cohésion – Justice, retrouver la passion du long terme et des paris collectifs intelligents.

 »Mais enfin, l’Ours,tout cela paraît fort partisan et pas du tout géopolitique ! » Pas si sûr : dans les comportements, leurs dérives, les aspirations profondes à l’échelle globale, on retrouvera l’essentiel  des tourments et des états d’âme qui nous pèsent ici où nous sommes. Le ‘’monde extérieur’’ ressemble fort à notre monde intérieur et il n’est pas plus dur d’y accéder si on est éveillé.

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