* 20 janvier – Détrumpisons-nous !

Aujourd’hui, on solde les comptes du calamiteux mandat de Donald Trump. Puis Joe Biden et Kamala Harris prêteront serment et seront investis sur un fond de décors qui ressemble à l’état de guerre civile plus qu’à une célébration festive. Le peuple américain ne participera d’ailleurs pas à ce semblant de réjouissances. Il suit l’évènement derrière ses écrans et balance entre un soulagement immédiat et une incertitude lancinante quant à un retour à la normale. Plus encore que d’éventuelles scènes de violence de la part des jusqu’au-boutistes du trumpisme, plus aussi que la présence en force à Washington de 25 000 militaires de la Garde Nationale, les blocs de béton, les barrières, les barbelés, le sentiment de crise imminente tient aux ravages actuels du Covid – lequel tue chaque jour 4000 patients américains – à l’effondrement de l’économie et de l’emploi, à la cassure durable en camps retranchés de la communauté des citoyens. L’ambiance est grave, la convalescence s’annonce longue. En de telles circonstances, la seconde tentative de destitution ‘’post-mandat’’ du sortant, toute fondée qu’elle soit en termes politiques, promet une bataille juridique épique et peut-être de nouveaux affrontements. On ignore encore si le Parti Républicain renouera avec le jeu démocratique ou implosera, sous la pression de ses éléments anti-démocratie, des réseaux du type QAnon et des milices d’extrême droite.

Par contraste, le jugement des autres démocraties sur les quatre années passées tient tout entier en un mot : ‘’calamité’’. La nouvelle administration n’est pas perçue comme étant à même de ‘’réparer le monde’’ avant d’avoir pu réparer son tissu national. On attend l’équipe de Joe Biden sur le rétablissement de l’indispensable proportion de multilatéralisme et de respect du droit international, mais on hésite à parier dessus. D’autant plus que, si le problème se nomme ‘’populisme’’, il existe de la même façon en Europe et que, Covid et crise économique aidant, la dynamique de repli sur soi s’impose désormais à tous. Seulement un tiers des Européens croient encore dans les vertus de l’intégration et juste une proportion de ceux-ci se fient à la protection conférée par le partenariat atlantique. L’époque d’Obama n‘est plus. Les tourments des Etats-Unis devraient nous servir à réévaluer le fonctionnement de nos propres institutions pour réinventer, à terme, l’alliance des démocraties.

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