* 19 mars – Biden et Xi : tout se dire ?

Coup sur coup, la giclée envoyée à la face de  »Poutine, le tueur’’, puis une explication des gravures, peu aimable, avec les locataires de la Cité interdite. Joe Biden entend se faire respecter et il commence très fort. Le retour de l’Amérique sur la scène mondiale se fait avec fracas. C’est le prix que le président américain attache au rétablissement de la crédibilité de son pays, le fameux ‘’leadership’’. Conçus comme une prise de la température bilatérale entre ‘’adversaires systémiques’’- sur la base du rapport de forces – les entretiens d’Anchorage, conduits par le secrétaire d’État Antony Blinken et son collègue conseiller pour la Sécurité nationale, Jake Sullivan, avec les deux principaux architectes de la diplomatie chinoise, ont été marqués par une tonalité ‘’franche’’, selon la graduation synonyme d’absence totale d’aménité et d’entente entre les parties.

D’abord, bien marquer les désaccords et confirmer la largeur du fossé. « Nous allons discuter de nos profondes inquiétudes au sujet des actes de la Chine s’agissant du Xinjiang, (le sort des Ouïgours), de Hong Kong, de Taïwan, des cyberattaques contre les États-Unis et de la coercition économique contre nos alliés … Chacun de ces actes menace l’ordre fondé sur des règles qui garantit la stabilité mondiale », a martelé A. Blinken. Dénonçant la ‘’mentalité de guerre froide’’, Yang Jiechi a riposté, fidèle à son bréviaire : « La Chine est fermement opposée aux ingérences américaines dans les affaires intérieures de la Chine… et nous prendrons des mesures fermes en réponse’’.

Le climat de nouvelle Guerre froide s’est épaissi au fil des décennies. Il s’était figé en bras de fer commercial et technologique, assez brouillon, sous la présidence de D. Trump. Mais, pour son successeur, la raideur américaine doit être mobilisatrice de la communauté internationale. Washington veut désormais sortir du ‘’duel de cow-boy à la sortie du saloon. Il ambitionne une approche plus collective, plus multilatérale, en sa qualité de ‘’chef de file’’ (des nations libres), bien entendu. Pour cela, il fera fond sur les défis globaux à relever. On s’achemine à donc, à nouveau, vers une compétition – peut-être, une confrontation – idéologique entre blocs. Ce choix imposé d’un camp ou d’un autre reviendra à inhiber toute initiative tierce d’apaisement des tensions. La France, en particulier, a horreur du caporalisme (choisissez votre camp et tenez y vous !). Elle se méfie de la moralisation politique du bien, du mal et du devoir d’agir. Aux Etats-Unis, au contraire, la traduction en termes de valeurs sociétales des objectifs de politique extérieure fait le plein des voix et des votes. L’histoire ne repasse pas les plats, on le sait. La salve initiale tirée sur la Chine n’exclut pas des arrangements  plus pragmatiques, par la suite. Washington ne souhaite sûrement pas casser le mécanisme du Conseil de Sécurité ni bloquer la résolution des crises régionales. Mais Paris ferait bien de calibrer soigneusement son rôle (et celui de l’Europe) dans la partie de catch qui s’engage entre les deux Goliath du Globe.

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