* 2 avril – On reparle de la Birmanie

La situation s’y aggrave. Le Conseil de sécurité de l’ONU a publié une déclaration aseptisée par la Chine . ‘’Profondément préoccupés par la détérioration rapide de la situation », les membres du Conseil déplorent la mort de centaines de civils, incluant des femmes et des enfants » et dénoncent (et on pas condamnent) le recours à la violence contre des manifestants pacifiques ». A peine plus qu’une réaction à une catastrophe naturelle ou à une manifestation qui aurait mal tourné. Or, beaucoup d’observateurs s’interrogent : en est-on aux prémices d’une guerre civile, avec sa cohorte d’interférences régionales ? Dans les versions précédentes du texte, les Occidentaux avaient proposé que le Conseil de sécurité soit « prêt à envisager de nouvelles étapes », une  discrète allusion à l’hypothèse de sanctions contre les généraux putschistes. Pékin n’en a pas voulu, pas plus que du mot ‘’meurtre’’ pour qualifier les exécutions aveugles de civils. Quant à Moscou, son plus grand souci lui paraissait être la mort de plusieurs tireurs appartenant aux forces de l’ordre. Blocage de la Russie avec la Chine. Mais tel est le Conseil de Sécurité avec lequel il faut essayer de faire avancer les causes de la Paix et de la Justice.

Le risque de guerre civile en Birmanie ne soucie guère ces grandes puissances souverainistes, alors qu’à travers les villes et les territoires de minorités éthiques se multiplient les zones de guerre. Après deux mois de répression féroce, les manifestations de rues à grand renfort de casseroles ne sont plus qu’un souvenir périmé. 536 victimes d’armes à feu, dont de nombreux étudiants, ont été recensées par l’association pour l’assistance aux prisonniers politiques (AAPP). Le 27 mars, « Journée des forces armées », 140 personnes, dont une dizaine d’enfants, sont tombées sous le feu des fusils. Des centaines d’autres, mortes ou vivantes, ont été enlevées. Entre le mouvement de désobéissance civile à la junte du général Min Aung Hlaing et les militaires accrochés à leurs privilèges politiques et économiques, il n’est plus question de retenue. Donc, les militants cherchent à s’armer. Les rebellions éthiques du Nord du Pays ne demandent qu’à leur prêter main forte face à l’ennemi commun. Les Kachin et les Karen passent à l’attaque de sites militaires et se sont même emparé d’une base aérienne. Des bombardements ont été ordonnés par Naypyidaw, en représailles. L’escalade de la violence est désormais enclenchée.

Arrivée au pouvoir en 2016, Aung San Suu Kyi s’était engagée à conduire le pays à une réconciliation inter-ethnique. Malgré une exception choquante aux dépens des Rohingyas, elle a tenté d’apaiser les tensions attisées autour des ressources minérales et énergétiques que l’Armée exploite en en chassant les communautés ethniques, propriétaires du sol. Elle visait une forme d’accès partagé. Le retour à une dictature militaire ‘’dure’’ aura aussi pour conséquence d’enflammer les marches du pays, qui sont des régions très sensibles.

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