* 14 avril – Saucissonner l’adversité stratégique

Relever les défis un par un, selon leur degré d’urgence. Après trois mois passés à la Maison Blanche, le président Biden ne peut guère douter être soumis à des tests. En sus de ceux inhérents à l’instabilité et l’imprévisibilité du système international, il doit éviter les chausse-trappes que lui tendent des grands et moyens acteurs du camp anti-démocratique (ou anti-occidental, ce qui est quasi-synonyme). Poutine, Xi Jinping, Erdogan et les centrales jihadistes l’attendent au tournant : c’est un fait et le chemin est truffé de mines. Un peu dans la précipitation, il vient de réajuster, tout en la confirmant, la retraite de ses troupes d’Afghanistan. Curieux choix que celui de la date : le 11 septembre comme échéance, ce qui revient à caler l’admission d’une défaite sur l’anniversaire du désastre subi y a vingt ans. La dure réalité est qu’il n’y a plus rien d’utile à escompter de cette présence militaire étrangère, vomie par la population. Entre parenthèse, c’est un redoutable signal pour la France au Sahel (et au-delà), qui s’est piégée de façon très comparable et doit fait face aux mêmes ennemis.


Une fois soldée la Bérézina dans le bourbier afghan, Washington ne tarde pas à ‘’engager’’ ceux de ses adversaires avec qui des tractations sont encore possibles. En-haut de la liste figure Vladimir Poutine. L’autocrate ‘’tueur’’ (selon les dires récents de Biden) a ainsi reçu un appel de sa part et, pas trop vexé de sa qualité d’assassin, a dit bien vouloir se prêter au jeu des tractations entre ‘’grands’’, un statut essentiel pour son aura nationale. Prêts à se parler pour le bien de « la sécurité mondiale »- un concept plus policier que celui de ‘’stabilité internationale ‘’ ou de ‘’paix mondiale’’- les deux hommes d’Etat ont commencé à discuter de la situation en Ukraine, alors que le regain des échauffourées et la concentration de forces russes à la frontière font redouter une relance de la guerre au Donbass.
Joe Biden a proposé à son interlocuteur-adversaire de tenir, au cours des prochains mois, une rencontre au sommet dans un pays tiers. L’espoir serait de passer de la nouvelle guerre froide, bien engagée, à une ‘’relation stable et prévisible entre les deux puissances ». Pas un partenariat, donc, mais une détente. Poutine doit encore confirmer, mais la seule perspective d’une redéfinition des relations russo-américaines a de quoi donner la migraine au troisième larron : la Chine de Xi Jinping. Les relations entre Moscou et Washington sont aujourd’hui minées par des confrontations sectorielles autour de l’Ukraine, de la Syrie, des ingérences électorales, de la cyber guerre, du développement d’armes nouvelles, d’opérations d’espionnage et d’autres mauvais procédés. Contenir ces animosités au sein d’un tout ‘’gérable’’ ferait beaucoup pour dissiper le cauchemar stratégique que constituerait une alliance sino-russe ferme et solide, face au camp occidental.

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