* 28 avril – La chèvre de M. Johnson

L’interminable feuilleton du Brexit nous renverrait-il à l’ère des dinosaures ? Depuis 2016 que le Royaume Uni a dit ‘’Me.de’’ à l’Europe, l’impression est là d’une Guerre de cent ans qui crépitera, tristounette, en arrière-plan du monde réel pour l’éternité des siècles, sans issue et sans intérêt. Les manœuvres législatives du gouvernement torry pour revenir sur des clauses essentielles de l’accord de divorce ont cassé le peu de confiance qui subsistait. La ‘’guerre’’ du Brexit a été perdue par les deux rives de la Manche, mais des batailles peuvent encore être jouées ‘’gagnant-gagnant’’. Le bon sens économique comme les intérêts stratégiques partagés plaident pour un solide partenariat. Seule manque la confiance en un avenir commun.


Le bilan des échanges reste déprimant : selon Eurostat, en janvier et février, les exportations européennes vers le Royaume-Uni ont reculé de 20,2 %. Pire encore, les importations britanniques dans l’UE ont chuté de 47 %. Dans cette ambiance crépusculaire, l’approbation, par le Parlement européen, d’un projet d’accord commercial bilatéral constitue un premier pas vers une forme de réveil. Sur 697 députés, 660 ont approuvé le texte, cinq s’y sont opposés et 32 se sont abstenus. On parle de l’accord le plus ambitieux jamais conclu par l’UE avec un pays tiers. Le 24 décembre, Boris Johnson en avait accepté les termes, bien moins favorables que son projet idéologique initial de ‘’grand large britannique’’, une concession sans gloire au réalisme. Le projet a connu un début de mise en œuvre, à titre provisoire.

Le PM britannique voit aujourd’hui ce vote très majoritaire, comme « la dernière étape d’un long voyage ». Comme toujours, il se trompe (on connaît son discernement limité) : le voyage sera sans doute long, mais cette étape ouvre un champ de coopération pour l’avenir et nous extrait d’un lourd passé d’auto-destruction. Mais pas de chèque en blanc pour ce Partenaire si particulier : la Commission européenne poursuit sa procédure contre le Royaume-Uni pour violation du protocole de Brexit et Ursula von der Leyen a affirmé que, en cas de fourberies de la part d’Albion, elle n’hésiterait pas à activer contre Londres des ‘’mesures de compensation unilatérales’’ d’ailleurs prévues par l’accord. On avance en se tenant par la barbichette, avec une main dans le dos prête à flanquer une baffe… mais on avance.

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