* 3 mai – Les cent premiers jours rétablissent la confiance

Il fait ce qu’il a dit sérieusement et rapidement. Au terme de cent jours de ‘’réparation de l’Amérique’’ depuis la Maison Blanche, Joe Biden, politicien démocrate sans aspérité, apparaît presque comme un ange par rapport à son toxique prédécesseur. Mais surtout il agit en sage pressé de remettre son pays en selle, avant que son temps ne s’achève. Sa période de grâce aura été un chantier besogneux mené au pas cadencé. Les changements tous-azimuts font ressurgir une Amérique bien plus rassurante et partenariale (pour l’Europe) mais aussi ferme et impériale vis-à-vis de ses adversaires systémiques. On en oublierait presque la persistance des maux intérieurs qui ont eu raison du ‘’rêve américain’’ : inégalités extrêmes, failles des systèmes social et éducatif, violence armée, racisme et suprématisme, mode de vie gaspilleur, etc. Comme Roosevelt avant lui, Biden ambitionne de s’y attaquer. Mais il faudra bien sûr plus qu’un mandat présidentiel pour consolider la société américaine de l’intérieur… si toutefois la tâche s’avère possible.

Le cap est tracé, en tout cas. Par son comportement, son souci – en bon Papy – de la société, sa volonté de rallier à lui les gouverneurs des états et leurs particularismes, mais surtout par la conception de ses programmes, il s’efforce de projeter l’image d’un gouvernement fédéral qui protège et qui soigne. Préparé depuis son purgatoire dans l’opposition, sa campagne magistrale de vaccination contre le COVID donne à l’Exécutif washingtonien une image autrement plus avenante et efficace que les habituels préjugés ruminés dans l’arrière-pays. Biden compte rebondir à partir de là pour combler les déficits accumulés en matière de santé, d’éducation, d’infrastructures, de revenu des foyers avec enfants et même pour s’atteler à la question – symbole de souveraineté locale s’il en est – de la libre circulation des armes, laquelle, induit, elle aussi, un coût absurde pour la société.

Du côté des recettes (fiscales), il annonce cibler la minorité des infiniment riches, qui n’a cessé de creuser son écart de patrimoine abyssal avec les classes moyennes. Avec une cagnotte (empruntée) de plus de 2000 milliards de $, il s’emploie à doper l’économie en s’appuyant sur la consommation des classes moyennes. La pandémie dictant un cours d’urgence, les Républicains se sont, de leur côté, départis du favoritisme fiscal pro-riches et de la non-implication de l’administration dans l’économie, qui constituaient leur doxa sous Trump. Une sorte de retour à la loi de la jungle et en même temps à celle du casino constitue le seul horizon politique qu’ils promeuvent pour revenir aux affaires. Tant que le balancier de la politique glisse à gauche, l’administration Biden continuera à engranger des résultats. Mais il ne faut pas la sanctifier : les temps des contradictions va revenir, les erreurs et les inerties gripperont puis bloqueront peut-être les mécanismes de la gouvernance. Il n’empêche que ces succès obtenus à recréer de la confiance, du respect et de l’optimisme dans la population resteront des atouts forts pour affronter la suite. A bon entendeur européen, salut !

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