* 29 juillet- Pas vu, pas pris

Parlons un peu du Burundi, où il ne fait pas bon avoir l’esprit critique. Le Forum pour la Conscience et le Développement (FOCODE), association burundaise des droits humains, a enquêté sur les disparitions forcées dans ce pays. L’ONG a documenté plus de 200 cas de disparition d’opposants ou de personnes s’exprimant depuis 2016, dont une trentaine depuis l’arrivée au pouvoir du président Évariste Ndayishimiye. Parmi les centaines de personnes présumées arrêtées par les agents de l’Etat, dont on est sans nouvelles, figurent la défenseure des droits humains Marie-Claudette Kwizera, la trésorière de la Ligue Iteka, et le journaliste Jean Bigirimana du média, Iwacu, respectivement enlevés le 10 décembre 2015 et le 22 juillet 2016 par des agents du Service national de renseignement (SNR). Ils ont été pris pour cibles en raison de leur travail et vraisemblablement assassinés.

Dans une interview récente sur RFI, le président burundais, Evariste Ndayishimiye, a affirmé crânement qu’il n’y avait pas de disparition forcée dans son pays. ‘’À ce que je sache, il n’y a pas de disparitions au Burundi. Sinon, vous me diriez : telle personne est disparue’. Par déférence, le journaliste avait omis de citer des noms. En fait, Ndayishimiye joue avec les mots. Ses subordonnés ont l’interdiction de l’ennuyer avec ce sujet :  il ne veut surtout  pas en connaître, point ! La justice burundaise est  »débranchée » des cas de disparitions forcées et elle est instruite de ne pas répondre à l’appel des familles.

Celles-ci sont ignorées lorsqu’elles font recours auprès des autorités et elles sont souvent soumises à des actes d’intimidation de la part des forces de l’ordre. Pour elles, l’incertitude interminable sur le sort de leurs victimes mais aussi le spectacle de l’indifférence de la justice sont particulièrement douloureux. Elles ne peuvent ni faire le deuil de leurs proches ni espérer, de façon réaliste, leur réapparition. Les auteurs des enlèvements et des exécutions ne sont, bien sûr, jamais identifiés, à fortiori soumis à une enquête.

Ce type d’exactions n’est pas du tout exceptionnel en Afrique, où le passage par une enquête judiciaire, par un tribunal, un procès dans les formes, éventuellement, par la détention des condamnés est trop souvent écarté au profit d’exécutions ciblées, discrètes, économes et anonymes. Les populations non-concernées ne s’en émeuvent pas mais la société fonctionne alors en mode dégradé. Il faut le savoir, car cette plaie représente l’un des symptomes les plus choquants et les moins exposés de la mauvaise gouvernance étatique. (d’après une information de l’ACAT-France)

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