* 29 septembre – Muttie et successeurs. Juste un mot sur les législatives en Allemagne. En fait, rien ne presse : Angela Merkel est encore à la barre pour un trimestre… peut-être plus. Il y a quelque chose de rassurant dans le bon ordre, lent mai stable, dans lequel se déroule la transition. Aux journalistes français qui s’énervent pour savoir comment la succession de  »Muttie » a été prévue, quand la nouvelle coalition sera sur pied, les acteurs politiques allemands font une réponse de type  »3ème ou 4ème République à la française ». Après le verdict des électeurs (historiquement sévère pour la CDU), de longues et méticuleuses négociations entre les partis accoucheront d’une formule de compromis, forcément complexe, puisqu’à trois composantes.

A Berlin, cela se construit sérieusement et sert un esprit de gouvernance collective, qui stabilise assez bien la société. Dans ce processus, on pourrait même retrouver la démocratie chrétienne malmenée d’Armin Laschet (qui se refuse à démissionner), mais sûrement pas l’extrême gauche (die Linke) exclue du jeu parlementaire par son score inférieur à 5 %, ni l’AdF fascisante, qu’en Allemagne personne ne veut fréquenter (petite différence avec la France ?). Dans l’équation gouvernementale, les faiseurs de roi sont Les Verts (quasi-sûrs d’y participer si leurs exigences ne dépassent pas les limites acceptables) et le petit parti Libéral (FDP), à vrai dire plus orienté à droite que la CSU et peu attirant pour les sociaux démocrate. Mais on est dans l’arithmétique plus que dans les affinités). Formule  »jamaïcaine » (CDU, Libéraux, Verts ) ou feu tricolore (SPD, Libéraux, Verts). La volonté d’attelage commun se manifeste depuis la campagne, entre les Sociaux-démocrates et les Verts, tous deux favorisés par l’électorat.

Donc, Olaf Scholtz bénéficierait un certain avantage dans la course à la chancellerie.

Mais qu’importe ! Il y a de fortes convergences entre les partis sur la politique extérieure du pays, à commencer par son arrimage à l’Europe, la volonté de renforcer celle-ci, l’importance de la relation franco-allemande comme moteur des politiques, la nécessité de garder un lien fort de défense avec les Etats Unis et l’OTAN, même si les déconvenues récentes en ont un peu érodé la crédibilité.

On aimerait constater un tel consensus en France. Félicitons-nous que l’Allemagne soit aussi lisible et rassurante ! En sens inverse, nos voisins d’outre-Rhin (bien qu’une partie de la Rhénaie est sur la même rive que nous) ont quelque motif à s’interroger sur les orientations du gouvernement français (lequel sera sans doute monolithique), qui suivra la présidentielle et les législatives en France. Point de compromis entre partis, ici : le monarque vainqueur devra détruire la classe politique précédente ou la soumettre à sa loi. Le Parlement n’aura que très peu d’accès à la politique étrangère, comme les citoyens d’ailleurs.

Amis Allemands, pardon si, au final, c’est nous qui risquons de vous faire peur !

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