* 22 octobre – Navalny, quel bonhomme !

Un sentiment de reconnaissance envers le Parlement européen. Les députés de Strasbourg ont attribué leur prix Sakharov à l’incroyable Alexeï Navalny, l’indestructible opposant à Vladimir Poutine et à sa nomenklatura brutale et corrompue. C’eût été une faute politique l’oublier de la distribution des trophées attribués aux défenseurs des libertés. Sans minorer les grands mérites des deux journalistes récompensés du Prix Nobel – dont un russe lourdement confronté à la censure – il faut bien reconnaître que leurs cas ne sont pas aussi emblématiques que la résistance, ou plutôt la survie du M. Propre russe à une invraisemblable suite de persécutions étatiques et de tentatives de meurtre sur sa personne. Il a parfaitement démonté les mécanismes mafieux d’un système de pouvoir qui ne ses contente plus d’être seulement totalitaire et policier. Soljenitsyne, Sakharov, Navalny…, le système russo-soviétique n’a cessé de s’enfoncer dans une cruauté absurde à l’égard de ceux qui pensent (alias dissidents).

Absent des contrôles judiciaires auquel il était soumis, empêché pour cause d’assassinat sur sa personne, Navalny est, à nouveau incarcéré pour avoir échappé à une mort voulue par l’Etat. De retour en colonie pénitencière, il est comme toujours séparé des siens, brutalisé et humilié par ses geôliers et même soumis, huit heures par jour, à un lavage de cerveau à grande absorption de documentaires de propagande ridicules. S’il est certain qu’il ne se convertira jamais au poutinisme, une incertitude plane sur sa l’évolution de sa santé mentale comme physique. Qui sait le sort que le système lui réserve ? Certes, on connait mal ses convictions politiques, au-delà d’un nationalisme flamboyant de sa croisade contre la corruption du pouvoir. Peu importe d’ailleurs, puisque son héroïsme ainsi qu’ une excellente aptitude à communiquer en ont fait un héros connu de tous. Il incarne puissamment un cheminement de libération pour la société russe.

Ses tortionnaires n’ont rien trouvé de mieux que de copier le traitement infligé au voyou du film Orange mécanique (lui faire flasher dans les yeux des images insoutenables). Puéril et cruel. Il ne faut pas laisser ces sbires faire de lui un Liu Xiaobo russe. Le prix Nobel chinois était trop intelligent, trop lettré et trop sage pour pouvoir rester en vie, face au Parti. Au bout d’une longue agonie en prison, privée de soin, on l’a poussé vers la mort sans avoir à l’exécuter précisément. Navalny doit, lui, retrouver la liberté avant qu’on l’ai détruit. C’est là une responsabilité incombant à ses concitoyens. Chez beaucoup d’entre eux, l’Occident (décadent, etc.) n’a pas bonne presse. Pourtant, autour d’un personnage aussi exceptionnel, une convergence Est-Ouest paraît encore possible. Travaillons y !

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