* 22 novembre – Repentir de brute

Un sanglant dictateur qui rétablit ses rivaux civils dans leurs fonctions et ouvre la porte de ses prisons aux démocrates qu’il a enfermés ! Il faut aller au Soudan pour voir ça. On peut douter qu’il ait été touché par la grâce divine ou torturé par des remords humanitaires. Un peu moins, qu’il ait été tiraillé par un doute sur la force des armes comme issue politique et ne savait plus trop quoi faire.

Fait étonnant, un accord politique a bien été conclu entre, d’une part, le général Al-Bourhane, qui dirigeait seul le pays depuis son coup d’Etat et, d’autre part, le premier ministre de transition, qu’il avait destitué fin-octobre. Abdallah Hamdok, l’ex-premier et de nouveau chef du gouvernement, avait été ‘’coffré’’ en garde à vue, en conséquence du putsch ayant interrompu la transition démocratique au Soudan. Le revoilà aux affaires du gouvernement, à la suite de la médiation de mystérieux corps intermédiaires de la société civile et de bonnes grosses pressions du monde extérieur. C’est donc un retour à la transition politique et aux dispositions provisoires qui réglaient celle-ci, depuis l’éviction en 2019 du général-dictateur Omar Al-Bachir.

Al-Bourhane, le plus récent avatar de celui-ci, aura-t-il craint de finir comme lui ? Le désir d’une gouvernance civile, profondément ancré dans le corps social n’est pas loin de surmonter tous les obstacles. L’accord a été formalisé. Il est probable que, derrière le jeu de chaises musicales, se cachent quelques clauses confidentielles assurant l’impunité du dictateur et peut-être les garanties du maintien d’une certaine influence de l’état-major sur l’avenir des institutions et du jeu politique. Quand bien même, tirons notre chapeau aux citoyens Soudanais qui sont parvenus à contourner la naufrage de la guerre civile ! Quand on pense à la brutalité sans limite, par exemple des militaires birmans, aujourd’hui totalement dans l’impasse de la répression, on voudrait des médiateurs de leur trempe partout en Afrique… et au-delà.

Rendre le pouvoir, c’est souvent se reconnaitre dans l’incapacité de l’exercer. Les militaires ont bien trop tardés à nommer le nouveau gouvernement qu’ils promettaient au Pays. Ils ne savaient pas s’y prendre. Pas si évident de gouverner un grand pays en effervescence, par la force des fusils, quand on ne comprend rien à ses concitoyens. Gardons un œil sur ce pays peu commun !

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