* 25 juillet – Odessa : feu sur le Cuirassé Potemkine !

Sitôt conclu, sitôt violé : tel est le triste sort de l’accord humanitaire et commercial de trois mois que les Nations Unies avait arraché, le 22 juillet, aux protagonistes du conflit en Ukraine. Le dernier mot a été donné aux missiles russes de type Kalibr qui, dans les heures suivantes, ont frappé le grand port stratégique du sud, d’importance cruciale pour l’exportation des céréales en Mer Noire. Le mépris de la partie russe pour le droit international et pour toutes formes d’engagement n’est plus à démontrer. Rétrospectivement, la présence de Sergueï Choïgou, le ministre russe de la Défense, à la cérémonie de signature d’Istanbul tenait soit, du syndrome de pagaille soit, du complot machiavélique. Des dissensions et des manipulations pourraient s’être fait jour au sein du Kremlin : le mystère est épais. Que Lavroff ait affirmé, devant son collègue égyptien, que son pays  »n’y était pour rien » pour être aussitôt démenti par un porte-parole du Kremlin vantant la précision de ces tirs  »réussis » contre des cibles militaires, tout cela dit quelque chose sur la cohésion actuelle du pouvoir russe. Pour couronner le tout, la même source promet aux pays d’Afrique que le blé de Russie ne leur manquera pas. Comme si celui d’Ukraine était déjà perdu.

Le gouvernement de Kiev avait mis en garde contre ce genre de provocations. Sa méfiance paraît amplement justifiée, même s’il reste conscient de l’impérieuse nécessité pour lui de  »sortir » les quelque 20 millions de tonnes de blé actuellement bloqués dans ses silos : il va falloir y faire entrer les 40 Mt de la moisson en cours. Vladimir Poutine est accusé d’avoir ‘’craché au visage’’ de l’ONU et de la Turquie. Le reproche ne devrait pas trop gêner l’intéressé. Aucune confiance n’étant plus possible, il va être ardu de reprendre le fil de l’opération.  »céréales » Sans doute était-ce l’objectif premier de l’attaque. Celle-ci a été condamnée ‘’sans équivoque’’ par Antonio Guterres, qui avait consacré tous ses efforts au sauvetage des céréales ukrainiens, dans l’espoir d’approvisionner des pays pauvres. Que peut-il faire de plus, sinon repasser la question des responsabilités au Conseil de sécurité, lequel, paralysé par le veto russe, ne pourra rien décider. L’Union africaine, qui venait juste de se féliciter de l’accord d’urgence alimentaire en est aussi pour son argent et voit le continent noir rebasculer dans la perspective d’une famine.

La réforme du système de veto au Conseil de sécurité est une nécessité absolue pour rétablir la Paix. Ce système d’impunité totale des  »Grands », censé assurer leur coopération dans le règlement des crises, favorise au contraire les agressions impunies. La mécanique du système international a complètement changé depuis 1945. Coincée entre deux protagonistes figés dans la défiance, l’ONU est mise en face de responsabilité qui dépassent sa Charte et son mandat.

Il faudrait lui apporter le soutien public des citoyens du Nord comme du Sud et bien sûr le concours des gouvernements, devenu lacunaire. Le geste agressif commis contre Odessa est un coup porté aux intérêts des humains, de part et d’autre de l’Equateur : une urgence globale.

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