* 2 septembre – Un mois de guerre, comme un siècle de misères

En Ukraine, aucune paix n’est en vue. Poutine continue à exiger une reddition (reconnaissance de l’annexion des territoires occupés) et pourrait bientôt entreprendre des référendums d’annexion dans le quart du territoire occupé par ses forces. Zelensky entend poursuivre ‘’jusqu’à récupérer la Crimée’’.

Les combats se sont prolongés autour de la centrale de Zaporijia – que les Russes cherchaient à ‘’débrancher’’ pour détourner sa production sur la Crimée et qu’ils ont menacé aussi de frapper pour ‘’provoquer un Tchernobyl’’. Le recours d’une ‘’super-puissance pauvre’’ au spectre d’un cataclysme nucléaire civil inquiète en effet au plus haut point le nations civilisées. L’AIEA, a délégué une mission sur place qui a constaté les coups portés à l’intégrité de la centrale. Même en la présence des inspecteurs de l’Agence de Vienne, les échanges d’artillerie se poursuivent et Moscou ne manifeste aucune intention de démilitariser la zone et l’installation, qui appartiennent à l’Ukraine, faut-il le rappeler.

Sur le front du Donbass, la Russie contrôle la totalité de l’oblats de Lougansk mais s’expose à une contre-offensive ukrainienne dans le Sud et le Nord-est (Kharkiv). Les frappes ukrainiennes ont atteint plusieurs bases militaires, notamment en Crimée. La résistance de Kiev est rendue possible par une aide militaire américaine d’un volume considérablement supérieur à celle que lui fournit l’Europe.

Le 22 juillet, un accord avait été conclu, par l’entremise de la Turquie et de l’ONU, pour l’exportation des céréales ukrainiennes et russes par la Mer Noire. L’enjeu est vital pour nombre de pays du Sud dépendant de cette ressource et donc menacés d’une perspective de famine. La méfiance était vive à Kiev, après le vol de blé ukrainien par les troupes d’occupation et sa vente par la Russie sur les marchés méditerranéens. Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, s’est rendu à Lviv le 18 août pour uparlementer avec les présidents ukrainien, Volodymyr Zelensky, et le turc, Recep Tayyip Erdogan. Une urgence était d’assurer la durabilité de l’opération ‘’sortie des céréales’’ en Mer Noire.Un million de tonnes (sur 20) a pu sortir, mais l’opération s‘avéra-t-elle durable ? L’autre urgence  à l’agenda était d’obtenir la visite de contrôle de l’AIEA couplée à une démilitarisation du site de Zaporijia (cf. supra). Grâce à sa main sur l’ouverture des détroits et à son accès personnel à Poutine, qui irrite fort le présidennt Macron, Erdogan s’est mis en posture incontournable d’arbitre et de contrôleur. Mais on connait sa totale versatilité.

La barbarie ne cède rien à une humanité d’âme totalement oubliée : les exécutions de prisonniers de guerre violent le droit international humanitaire. Amnesty a dénoncé le positionnement des militaires ukrainiens derrière le bouclier des civils. L’intrication des militaires aux populations et territoires qu’ils défendent paraît pourtant nécessaire à la résistance. Ces accusations ont été très mal-reçues par Kiev et par les Ukrainiens. Elles manquaient de discernement. Un collectif dénonce la déportation des enfants destinée à les déraciner de leur culture et à faire d’eux des petits russes obéissants. Plusieurs centaines de milliers de personnes ‘’disparues’’ sont envoyées au fin fond de la Russie, comme sous Staline. Les régions occupées sont russifiées et la nationalité des derniers anciens occupants est changée, d’office. Moscou installe ses missiles ‘hypersoniques’’ dans l’enclave Kaliningrad entre Pologne et Lituanie. Le geste s’ajoute à une panoplie d’actions offensives (blocage de l’ONU, campagnes outrageantes de propagande, chantage au gaz, cyber offensives, complots en Afrique noire,menace nucléaire, …) : susciter la peur et la confusion dans les esprits, tel est le but premier de la guerre hybride livrée à l’Occident. Des questions et des rumeurs russes sont rapportées sur l’état de santé de Poutine et les éventuels effets psychotropes des traitements qu’il suivrait.

En France, dans les mouvances populistes de gauche et d’extrême droite, des politiciens mal inspirés appelent à la reddition : ne plus livrer d’armes à l’Ukraine, lever les sanctions  »car elles ne servent à rien ». Il faut espérer que les Français sont indignés par cette stratégie de nouvelle collaboration avec des forces d’occupation criminelles, qui n’aspirent qu’à nous écraser. Ce choix monstrueux mériterait bien d’être taxé de  »l’indignité nationale » (et européenne).

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