1 – Brèves (Le point géopolitique du jour)

* Retrouvez les brèves de mars-avril 2020 : https://wp.me/P5QzPX-13w

* 26 mai – Vengeance à froid. Autorités fermées au dialogue, institutions autonomes issues de la dévolution de 1997 sur le fil de du rasoir, la jeunesse de Hongkong réinvestit la rue dès le déconfinement. Pékin s’empare d’images de manifestants pour frapper fort. Sa loi de sécurité  »nationale » porte le coup d’arrêt : à l’autonomie, ancrée dans le droit international – c’est  l’Assemblée Nationale Populaire de Pékin qui s’en attribue l’initiative – et aux libertés assurées par la Charte hongkongaise. N’importe où ailleurs, l’ONU se saisirait de la crise. Mais la Chine est puissante et crainte et la pandémie qui obsède l’Occident permet d’escamoter le sujet. La défense du droit et des libertés est délaissée, y compris par ceux qui étaient parties aux accords conclus par Mme Thatcher. Hongkong gouvernée comme Pékin: quel sens, quel intérêt ? C’est clair, les nouvelles routes de la soie ne colporteront pas la démocratie.

* 25 mai – Radinerie. Les services du chancelier autrichien, Sebastian Kurz ont présenté la contre-proposition des « frugaux » au plan franco-allemand de relance ‘’mutualisée’’ des économies européennes. L’Autriche, les Pays-Bas, le Danemark et la Suède y opposent leur propre formule de prêts ponctuels, à des conditions favorables, sur deux ans. Un fonds d’urgence, d’un montant non-précisé, serait ainsi dédié à la recherche et à l’innovation, au renforcement de la santé et à la transition verte, en contrepartie d’engagements fermes à conduire des réformes d’envergure et à respecter le cadre financier pluriannuel 2021-2027. Y sont donc rejetées toute forme de mutualisation des dettes via le Commission comme d’augmentation du budget de l’UE. Des économies devraient même être faites sur les ‘’moindres priorités’’. Six jours après la présentation du projet inédit Macron-Merkel à 500 milliards d’euros, centré sur la santé, la relance économique, la transition écologique et numérique, et la souveraineté industrielle, le tabou budgétaire du Traité de Maastricht est ressorti du formol. On en est là. Les radins du Nord imputent donc à l’absence supposée de rigueur des pays du Sud les énormes dégâts laissés par la pandémie. Bravo, la solidarité, bravo, le bons sens !

* 24 mai Ciel obscurci. Washington annonce se retirer, dans six mois, du Traité ‘’Ciel ouvert’’, qui organise la transparence des accords de contrôle des armements. Cet instrument, négocié en 1989, est entré en vigueur en 2002, au sein de la Conférence sur la sécurité et la coopération en Europe (OSCE). Il ouvre la possibilité à ses trente-quatre signataires – dont les Etats-Unis et la Russie – d’effectuer des survols d’inspection de leurs installations militaires respectives, sur préavis très court (quelques heures). Ceci assure le minimum de transparence et de vérification sans lequel les Traités nucléaires ou conventionnels restent des pièges à illusion. C’est dire la fonction de clé de voûte du système de sécurité Est-Ouest que remplit ce dispositif.

– D. Trump et V. Poutine sont malheureusement parvenus à détricoter, maille par maille, le système de contrôle des armements, qui a assuré l’absence de conflit majeur sur le Vieux Continent. Le mal est déjà fait : ce blog en a rendu compte. Les deux dirigeants se renvoient la balle, s’accusant mutuellement de fraude et de mauvaise foi, mais sont de connivence sur le fond, pour rétablir un rapport de forces classique, brutal et instable, chacun y trouvant son compte. Comme pour le retrait du Traité sur les armes (nucléaires) à portée intermédiaire (ciblant l’Europe) en 2018, Trump fustige l’attitude de Moscou, qui depuis l’origine, impose des exceptions (Kaliningrad, Ossétie…). Mais n‘étant plus à une contradiction près, il dit ‘’espérer’’, à l’avenir, renégocier pour conserver ‘’en partie’’ l’architecture de contrôle actuelle. Pas question donc d’assumer l’engrenage guerrier résultant de ses choix ! Secrètement, Moscou s’en réjouit aussi, sans omettre d’afficher une posture vertueuse, pour dénoncer un ‘’complot américain contre la Paix’’. Le monde ayant la tête un peu ailleurs, en ces temps de pandémie et un train pouvant en cacher un autre, c’est en effet le bon moment pour mal agir à couvert.

* 23 mai – Blindée ou chancelante ? On ne s’aventure guère à avancer un pronostic pour l’Afrique.  Paludisme, rougeole, choléra, VIH, méningite, Ebola, etc., toutes les épidémies y sévissent, souvent plus meurtrières que le Covid-19. D’un point de vue africain, celui-ci ne constitue qu’une plaie parmi beaucoup d’autres. On entend dire que la jeunesse de la population, jointe à l’expérience des épidémies et à une immunité collective plus forte qu’ailleurs pourraient modérer l’impact (encore mal mesuré) de la maladie. La réalité paraît plus sombre. La fièvre hémorragique de Lassa a fait cette près de 200 morts au Nigeria cette année pour quelque 5 000 cas suspectés. En RDC, Ebola a tué près de 3 000 personnes dans l’est du pays depuis août 2018. L’an dernier, plus de 6 600 enfants sont morts de la rougeole dans ce même pays. Le nombre de décès du sida en Afrique australe pourrait d’ailleurs doubler, passant de 470 000 à près d’un million. L’OMS craint aussi que la nouvelle épidémie entrave l’acheminement de l’aide médicale, du personnel ou les distributions de moustiquaires imprégnées. Les campagnes de vaccination pâtissent également de cette nouvelle fragilisation des rudimentaires systèmes de santé africains. Les pays les plus peuplés, tels la RDC ou le Nigeria au climat chaud et humide, font face simultanément à plusieurs épidémies, sans pouvoir faire un cas particulier du coronavirus. Ils réunissent tous les facteurs aggravants : systèmes de santé indigents, négligence de la gouvernance, absence de politiques sociales, démographie galopante et promiscuité incontournable, mégapoles urbaines concentrant la pauvreté et l’emploi informel, habitat insalubre, précarité alimentaire menaçant de disette ceux qui se confinent. Ces grandes métropoles constituent de puissants épicentres épidémiques, intégrés aux circuits mondiaux. Donc aussi des tremplins de propagation.

* 22 mai  »La Grand muraille sanitaire », victoire de la Chine. Le grand rendez-vous rituelle de l’Assemblée Nationale du Peuple chinois (ANP), après deux mois de délais dus au coronavirus, claironne sur le mode de la guerre psychologique. Rien de nouveau : c’est dans l’ADN du régime de Xi Jinping. Sa tâche est de célébrer des victoires. Celle, proclamée contre la pandémie, est sous-tendue par la censure (des internautes citant les faits sont encore arrêtés et disparaissent), par le maquillage des chiffres et la fuite initiale des politiques devant leurs responsabilités. Elle est tout sauf  »la Grande Muraille protégeant le monde » que l’on magnifie sans fard. Mais c’est un point marqué face aux USA et à l’Occident. Pékin s’installe dans la guerre froide et ne craint pas leurs réactions à sa nouvelle  »Loi sur la Sécurité Nationale » alignant Hongkong sur l’arsenal répressif et totalitaire du Continent. C’est aussi un avertissement pour Taiwan, qui s’est trop bien sorti, seul, de la pandémie. Voilà le Traité de dévolution et le statut d’autonomie en vigueur depuis 1997 dans l’ancienne colonie britannique  très sérieusement compromis. Pékin veut mettre un terme à l’expression politique de la jeunesse. Ce n’est pas gagné. En tout cas, c’est l’affirmation du pire de l’avant-pandémie.

* 21 maiLe tour de l’Amérique latine. Depuis mars, le coronavirus a progressé insidieusement dans l’hémisphère occidental et, les inégalités sociales extrêmes aidant, l’épidémie atteint un niveau critique dans les populations les moins favorisées, par définition les plus frappées. L’OMS sonne l’alarme. A lui seul, le Brésil recense 1 179 décès dans la journée et frôle le cap des  20.000 morts cumulés, selon son éphémère ministre de la Santé, Nelson Teich, congédié par J. Bolsonaro. Le degré de transmission est comparable à ce qu’il est en Iran. Contre la  »gripette », hormis la  »résistance » au pouvoir central de quelques élus locaux courageux, les 210 millions de Brésiliens se voient proposer l’hydroxychloroquine pour seul remède. Au Pérou,  l’infection est la plus virulente. Un tiers des salariés se retrouve sans emploi. Le Mexique suit le Brésil dans la liste morbide, mais le décompte des victimes n’y représenterait que le quart de la réalité, le président Obrador s’obstinant à proclamer, contre toute évidence, la fin de l’épidémie. Le Chili connait une progression vectorielle et, faute de filet social et de politiques publiques de protection des populations, des émeutes de la faim ont éclaté dans les quartiers pauvres confinés de Santiago. La maladie fait aussi de gros dégâts humains en Argentine, Colombie (en confinement général), Bolivie, au Nicaragua (multiplication par dix des cas en une semaine mais non-enregistrement), au Honduras, etc. mais ils sont peu ou mal comptabilisés et la situation n’est pas claire. Toute la géopolitique du monde latino transparaît.

* 20 maiLa coopération multilatérale marque un point. La paralysie et l’éclatement ont été évités. Les 194 Etats-membres de l’OMS ont manifesté leur unité face à la pandémie, pour mieux coordonner la réponse des Etats. La résolution finale de l’assemblée de Genève demande une évaluation  »au moment approprié » de la gestion de crise de l’agence onusienne, enquête dont les contours restent à vrai dire flous. Surtout, la communauté internationale s’est prononcée pour un accès universel aux traitements et aux vaccinsen tant que biens publics communs. Cette injonction s’adresse aux États comme aux groupes pharmaceutiques. Les Etats-Unis se sont dissociés de ce point comme d’autres, sans, pour autant, s’opposer à l’adoption du texte.  D. Trump a donc ravalé ses menaces de retrait unilatéral, le profil bas de la diplomatie américaine laissant un rôle proéminent à la Chine. Mais l’Europe ne s’en tire pas mal non plus, dans la mesure ou sa mobilisation de fonds pour aider la future campagne de vaccination universelle est une réussite (8 Mds €) et, comme le relève Pascal Boniface,  »elle n’est pas soupçonnée, comme la Chine, de dissimulation, voire d’appétit déguisé ».

* 19 mai –  »Hollandais virulent ». Angela et Emmanuel se sont entendus pour que la Commission émette des €uro-obligations mutualisées, à hauteur de 500 milliard €. Bravo ! Mais, avec ses collègues autrichien et suédois, Mark Rutte, le premier ministre néerlandais, vient gâcher la fête, en vociférant. Depuis la crise du coronavirus, il a fait du  »Niet ! » sa grande spécialité. Si c’est un » Hollandais volant », comme dirait Wagner, c’est bien pour nous chiper cette bouée de sauvetage. On s’en souviendra pour la suite de sa carrière européenne. Qui n’entend-t-on plus du tout parler ? La diplomatie française, pardi ! Elle fut jadis vantée pour sa  »vision » à court moyen-terme et pour sa capacité d’entrainement, notamment en Europe. Fini, de nos jours ! Il suffit d’écouter un président à l’inspiration littéraire – voire théâtrale – et un ministre, grand démarcheur du business de l’armement. Qui est le porte-parole ? Depuis belle lurette, la machine à gérer les hoquets du monde s’est éteinte, particulièrement aux oreilles du public.

*  18 mai – Soupe sucrée.  »la planète »,  »relocaliser des pans entiers de l’économie »,  »entendre la jeunesse »,  »de la dignité pour tous »…  Nicolas Hulot énonce ses 100 principes pour l’après-Covid-19. Un nouveau monde ? Non : ne longue liste de préceptes humanistes, peu contestables et plus tout à fait nouveaux. Dans l’absolu,  l’inventaire est beau et gentil, mais à quoi cela nous avance-t-il de ressasser nos fantasmes de vertu : on patauge aux antipodes de l’opérationnel. Et même, dans le registre de la prière sucrée, Hulot a commis un oubli fâcheux : aucune mention de la recherche de la Paix. Aucune place parmi les 100 points du bréviaire ! Un groupe de 200 artistes et intellectuels fait écho (écho vide ?). Sympa. Plus polémique et bien plus utile à l’action est le documentaire ‘’Planet of the Humans’’ de Michael Moore et Jeff Gibbs. Rire gras pour relever que « prophète » et « profit », en anglais, ont la même prononciation : il n’y a qu’un vert qui tienne aux États-Unis, c’est celui du dollar. L’écologie, l’éolien, le solaire, la biomasse, tout a été récupéré par de grandes entreprises, qui ‘’soignent’’, au passage, le contenu en carbone de ces nouvelles énergies. Ceci, en jouant sur les phases d’aménagement, de construction ou de recyclage d’installations supposées vertueuse, mais… Absurde, ce ‘’green washing’’ crapuleux enrichit les plus riches et appauvrit toujours plus la planète. Certes, on est encore et toujours dans la morale, mais on voit bien où est le ‘’méchant’’ et ça donne plus envie de lui résister que la soupe sucrée de M. Hulot.

* 17 maiFélicien Kabuga. Avouons-le, ce nom ne nous était pas familier. C’est pourtant celui d’un des plus sanglants génocidaires que le Rwanda ait connu, lors des massacres de 1994. Les gendarmes l’ont retrouvé à Asnières, caché sous un nom d’emprunt, dans un logement loué par ses enfants. Tiens, tiens, le créateur des milices hutu et promoteur de la  »radio des 1000 collines » aurait vécu trois décennie en France sans soulever le moindre soupçon ? Ou alors, c’est le rapprochement amorcé entre Paris et Kigali qui a servi de catalyseur. Direction La Haye, la Cour pénale internationale, ou extradition vers le Rwanda : ce n’est pas encore clair… En tout cas, il y a heureusement deux trois choses qui se règlent encore au titre du soit-disant  »monde d’avant » (le covid).

* 16 mai – Le coronavirus inocule-t-il le souverainisme économique ? Les Etats-Unis « ont le droit aux plus grosses précommandes » du futur vaccin de Sanofi, ayant pris un risque pour financer ces recherches avant les autres » a crânement proclamé Paul Hudson, directeur général britannique du laboratoire pharmaceutique français. Merci, Paul, cette bourde assez classique – la survie de l’humanité est une question de marché (solvable) et d’argent – a permis d’opportunes mises au point, tant elle est parue provocante. E. Macron a exprimé sa colère, E. Philippe a glosé sur le fait que les français et sans doute les Européens auraient aussi leur part (pas l’Afrique ?). Une entreprise tricolore gratifiée de quelque 150 millions d’euros de crédit d’impôt par an qui renie sa mère-patrie au nom du business, ce n’est pas dans la ‘’correctitude’’ post-virus ! La souveraineté économique n’est-elle pas de retour dans la classe politique, tant la globalisation a montré ses failles ? L’extrême dépendance d’autres souverainismes lointains fait, à raison, peur à l’électeur. Avec la nécessité de relocaliser ou de réarmer, sur le territoire national ou européen, certaines chaines de production sensibles,  émerge l’horizon d’une ‘’indépendance agricole, sanitaire, industrielle et technologique’’ (Macron – 13 avril). Chez nous, certes, mais chez les autres aussi. Tout cela va remettre en cause les fondements du libre-échange ? Il y a loin du langage sincère à la révolution systémique. D’ailleurs, les industriels français et opérateurs du tourisme se relancent à l’assaut des marchés extérieurs comme si les bébés chinois n’exigeaient rien d’autre que du lait infantile français, les touristes de masse choisissaient de voler sur Airbus et les New-yorkais ‘’srasseux’’ ne consommaient que du camembert normand et des vaccins Sanofi. Autre petit problème, souligné par B. Le Maire : aucune entreprise privée ne rapatriera sa production sans de substantielles incitations fiscales (ce qu’il appelle ‘’ l’attractivité de la France’’, en fait, l’impôt des Français). Deux autres obstacles à franchir : le court-termisme incite à agir très vite, sans corriger le cap : c’est dans la culture des lobbies. Les entreprises ont le pouvoir et savent contourner ou enrober d’hypocrisie les beaux raisonnements sur ‘’l’après’’.

* 15 maiL’argent et la guerre.  Plus son ineptie dans le traitement de la crise du virus s’étale à la  »une », plus D. Trump menace de ses foudres guerrières (et plus l’Amérique devient risible…). Boudeur, il affirme sur Fox Business  qu’il ne souhaite pas, pour le moment, parler à son homologue chinois, Xi Jinping, en raison de la négation, par ce dernier, de sa responsabilité dans la pandémie. Plutôt que de s’employer à sauver des vies, l’Histrion de Washington somme les autorités chinoises d’expliquer la source de l’épidémie. « Ils auraient pu l’arrêter ». So, what ?  »On aurait économisé 500 milliards de dollars ». Ah, oui, tout s’explique ! Quelles mesures de rétorsion, alors ? « Il y a beaucoup de choses que nous pourrions faire. Nous pourrions rompre toute relation ». Et échanger quelques salves au dessus du détroit de Taiwan après avoir instauré un blocus, comme avec l’Iran ? Pourquoi pas ? Il est vrai qu’il ne faut pas trop prendre au mot les vociférations de l’auteur de télé-réalité. Le fameux  »reste du monde » (non-américain, non-chinois) s’ancre plutôt dans quelque chose entre isolationnisme discret et soft power convalescent. Attention au réveil…

* 14 maiDiscernement et humanité. Les deux sont compatibles. En Italie, comme au Portugal, on régularise cent à deux cent mille migrants  »illégaux ». Trois raisons à cela, qui tiennent la route : les besoins en main d’oeuvre saisonnière de l’agriculture; le danger sanitaire que représente la présence d’une population non-enregistrée en période de pandémie ; le geste juste et utile consistant à lui donner accès aux soins et aux prestations sociales. Par contraste, les préfectures françaises continuent, sur leur lancée, à faire tourner la  »machine à produire du clandestin ». Filtrage sévère au séjour, interruption de la protection subsidiaire; sanction des rendez-vous non-honorés; mise à la rue des déboutés; OQTF (expulsions décrétées mais non réalisables); manège infernal du règlement Dublin, etc. On sait quel public électoral est servi mais, ce faisant, on va lui servir aussi le virus sur un plateau d’argent !

* 13 mai – L’horreur, un mode d’expression ? A Kaboul, l’abjecte absolu : des jihadistes investissent une maternité de MSF et un autre établissement, mitraillant à l’aveuglette les nouveaux-nés, leurs mamans, des  femmes enceintes. On en reste sans voix. Comment interpréter cela : psychose sans cause réelle, extinction de la vie naissante exprimant leur propre obsession du suicide? Ces psychopathes sont pourtant capables de créer des crypto-Etats, psycho-Etats. Voir l’article en rubrique principale. Voir l’article en rubrique principale.

* 12 mai Déconfinement, version migrants. Traversant le fleuve Hari Rûd sur des radeau pour rentrer en Iran reprendre leur travail, à l’heure du déconfinement, un groupe de 57 migrants afghans a été arrêté et contraint, par les gardes-frontières de retraverser le fleuve en sens inverse. Les gardes-frontières leur avaient laissé « le choix entre mourir d’une balle ou traverser la rivière’’. Douze d’entre eux en ont réchappé, au moins 17 se sont noyés et une vingtaine a été portée disparue. Les autorités iraniennes nient l’incident, mais des vidéos prises par les victimes et des témoignages de médecins, attestent, au contraire, cette réalité. Des télévisions locales afghanes ont diffusé des images de corps entassés, à l’hôpital général de Herat. L’importante couverture médiatique du massacre, en Afghanistan, crée des tensions entre les deux pays. Une enquête a été annoncée, tandis que le commandement de la police aux frontières iranien affirme que « les vidéos partagées sur les réseaux sociaux n’ont pas été tournées à la frontière irano-afghane. La pandémie, même déclinante, n‘a pas rehaussé le prix des vies humaines sur le marché des travailleurs saisonniers.

 

*  11 mai – Trêve des confineurs ? Dans la plupart des Etats d’Europe de l’Ouest, on lève quelques écrous, prudemment. Plus largement, en Allemagne que, par exemple, en Espagne. En France, la moitié de la carte est en rouge : zone ostracisée. Elle jette un regard d’envie sur la zone non-o (verte). On marche sur des œufs. En Pologne, l’élection présidentielle, programmée contre tout bon sens, a été suspendue hier, sans préavis, au mépris des prérogatives de l’Exécutif et de la législation du Pays. Qui gouverne ? Si une nouvelle date était fixée, les Polonais seraient-ils toujours d’humeur à voter pour des pieds nickelés ?

* 10 maiTriste confirmation. La planète va au petit bonheur, la malchance. Au Conseil de sécurité des Nations unies, projet de résolution exigeant une « cessation des hostilités » et une « pause humanitaire pendant quatre-vingt-dix jours » dans tous les conflits pour permettre de secourir les populations les plus éprouvées s’est heurté à l’opposition de dernière minute des Etats-Unis. Le texte porté par la Tunisie et la France faisait l’unanimité, y compris de la diplomatie américaine, qui avait donné son accord. Au dernier moment, celle-ci a fait savoir qu’elle « ne peut soutenir le projet ».Mérite-t-elle encore le qualificatif de  »diplomatie » ?

* 9 mai – Europe solidaire. L’Union Européenne met en place un pont aérien vers la Centrafrique, pays enclavé, ravagé par un conflit absurde. Il se trouve totalement désemparé face à l’épidémie et isolé par la suspension des transports aériens. Le premier vol, hier, a amené 70 spécialistes humanitaires et 40 tonnes de matériel (respirateurs, masques, médicaments, tests, etc.), pour répondre à la flambée virale qui s’annonce (49 nouveaux cas dans la journée). Même si les autorités locales sont déjà totalement dépassées par les affrontements civils – un quart de la population est déplacée et  la moitié requiert une aide humanitaire d’urgence – une opération sanitaire soutenue de l’extérieur peut limiter la catastrophe. Une première aide avait été envoyée par la fondation chinoise Ali Baba. Le Sahel commence, à son tour, à ‘’flamber’’. A ce stade, le même type de pont aérien est prévu pour le Burkina Faso, le Niger et le Cameroun. Bravo l’Europe !

* 8 maiDosette de philosophie (pas chère). On se gargarise de  »l’après-virus » mais – on l’a dit- nous entrons en fait dans le  »pendant » (coexistence longue et délicate). Donc, ceux qui prophétisent un  »retour galopant à la croissance » comme ceux qui s’extasient devant le  »monde nouveau qui jaillit de l’épreuve » se plantent atrocement. Voyons un peu la recette de l’Asie orientale : discipline, patience, longueur de temps. Ajoutons-y nos valeurs : respect des individus, solidarité avec les faibles et les vulnérables, vigilance quant aux libertés. Délayez le tout dans un arsenal pharmaceutique, fouettez bien à grand renfort de gestes-barrières. Avant de servir, saupoudrez de sobriété, d’attentions pour Dame Nature et d’économie circulaire. Refaites ce met roboratif, au quotidien, pour les décennies qui viennent. C’est le huit mai, la victoire est au bout du chemin !

* 7 mai – Guerre privée de Poutine en Libye. Un rapport du secrétaire général de l’ tONU au Conseil de sécurité confirme ‘’ l’implication, depuis octobre 2018, de mercenaires étrangers au profit du GNA et de l’ANL ». Il s’agit d’un millier de combattants russes des groupes Wagner, Russkie System, Bezopasnosti, Moran et de Schit (sic !) Security Group. Tous ces honnêtes touristes ont pour mission de soutenir l’offensive du maréchal Khalifa Haftar. Selon les experts onusiens, ils sont actifs dans les combats (notamment, les tireurs d’élite), l’artillerie, le contrôle aérien, les contre-mesures électroniques, l’entretien des équipements et aéronefs militaires et même dans les ‘’ opérations d’influence ».Il est fait état aussi état d’un déploiement des barbouzes russes dans Benghazi, la capitale rebelle de Haftar. Comme si cela ne suffisait pas, ils sont renforcés par des combattants syriens du régime de Bachar. Comme, de leur côté, les Turcs ont fait venir des syriens anti-Haftar, donc pro-Tripoli (l’autre bord), le carnage civil syrien est dupliqué en Libye. Poutine n‘a vraiment pas la tête au coronavirus !

* 6 maiEcume de pandémie. Ca roule ! Le patron de Barkhane, le général Facon, déclare à la presse en avoir marre des exactions et autres homicides commis par ses partenaires et protégés nigériens et maliens. A Moscou, on cache les morts et, à Gayaquil (Equateur), 237 défunts sont trouvés entassés dans un conteneur dans le centre de soins de la Sécu locale, anonymes et non-identifiables vu leur état de décomposition. D. Trump démantèle le centre de crise fédéral anti-Covid,  »au boulot et foin de gémissements ». A force de répéter que c’est le modèle colonial occidental qui est responsable de tout et qu’elle constitue, elle seule, le modèle démocratique pur et absolu, la Chine commence à énerver. La Cour constitutionnelle de Karlsruhe ne voit pas d’utilité au renflouement des économies européennes (rachat de la dette) par la BCE.  En France, le président et le premier ministre se font la gueule et rien ne semble prêt pour la reprise de l’école et du boulot (les fameux tests sont trop approximatifs et non-disponibles), mais la milice débarquera quand même chez les gens, s’enquérir de leurs fréquentations. De toute façon, les préfets ont déjà recours à des drones-espions, non réglementés. Si Boris Vian était toujours là, il en ferait une chanson rigolote…

* 5 mai – L’Ours râle plus fort encore. Depuis son tronc d’hibernation sanitaire, il pond un article au vitriol. Ce plantigrade au discernement excellent reste quand même un peu  »brute de décoffrage ». Aussi, ce blog décline toute responsabilité quant à la probable fureur des préfets et de la classe politique brutalement mis en face de leurs responsabilités. C’est dit ! https://oursongeopolitique.blog/2020/05/05/du-deconfinement-a-la-deconfiture/

* 3 maiL’Ours râle.  »Ils ont prorogé l’état d’urgence pendant que je faisais ma sieste du week-end ! Aucune contrepartie, aucun contrôle démocratique assuré en échange ! Ils vont faire rentrer les oursons à l’école dans le plus grand désordre, sans masque, sans pouvoir respecter les distances, etc. Tous au taf ! Dans les transports, ça va être pire : moi, je vais rester dans mon tronc. Si j’étais encore en ville, je ferais valoir mon droit de retrait, je me porterais pâle, je me mettrais en grève, tant pis pour le blog ! C’est pas l’Allemagne, ici, ça bouillonne, ça crie, ça râle ! ».

* 2 mai – Le temps de pendant. Lu dans la presse satirique : « la planète entière appelle de ses vœux le monde d’après, drôle de monde le plus souvent construit sur les obsessions d’avant. Mais, il n‘y aura pas de monde d’après ou alors pas tout de suite. Pendant de long mois, nous allons vivre dans le ‘’monde de pendant’’. Un coup pendable, triste remake du film ‘’un jour sans fin’’ où, dans un confinement absolu, le personnage revit le même déroulé de journée, identique aux autres dans les moindres détails. Le lendemain du 11 mai ne sera guère différent de la veille, e effet, ou alors de funestes conséquences nous ramèneront brutalement au ‘’jour d’avant’’ et au scénario immuable du confinement. Coexister avec le tout-méchant virus, telle est la feuille de route pour longtemps, un peu comme une condamnation à la semi-liberté conditionnelle (avec bracelet et masque). Dans de telles conditions, ce blog affichera-il encore la prétention de vous parler de l’avenir géopolitique ? Oui, car rêvasser est le propre de l’Ours (et de l’Homme ?)

* 1er maiLe virus bosse. En ce jour de fête du télétravail,  Covid est au taf sur la géopolitique (rien ne l’arrête). En Israël, il avait déjà sauvé B. Netanyahou, lui permettant de fermer la Knesset et lescours de Justice, incidemment penchées sur son inculpation pour corruption et abus de pouvoir. Il a eu hier raison de Beni Gantz, son concurrent électoral. Celui-ci s’est résolu à une alternance au pouvoir qui laisse le champ libre à « Bibi », à la tête du gouvernement, pour les prochains 18 mois. Le délinquant va donc s’empresser d’annexer la Cisjordanie palestinienne (en tout ou en partie ?), comme promis à ses colons-électeurs. Occuper est déjà illégal mais annexer constitue un acte de guerre qui viole l’une des résolutions les plus sacrées du Conseil de Sécurité : la 242. Aucune d’émotion à franchir le pas, en anticipant une vaine levée de boucliers à travers la monde :. D Trump est encore là, au mois pour quelques mois, pour en assurer l’impunité. Sur France inter, Pierre Hashki ne voit qu’une méthode possible, dans le cadre d’un Etat unique abritant deux peuples : l’apartheid !

 

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