1 – Brèves (Le point géopolitique du jour)

* 18 octobre – « Victoire » à l’usure. Grâce à l’acceptation de Bruxelles de reprendre le fil de la négociation, au bord du gouffre, un schéma de divorce est arrêté pour le Brexit. Il est truffé d’ambiguïtés : Irlande du Nord appartiendra à deux unions douanières concurrentes, avec  un système de contrôle « fumeux », droit de retrait donné à Belfast, si plusieurs partis y concourent, mise en concurrence rapide des économies pendant la transition…). Le parlement de Westminster semble ne pas réunir une majorité pour l’adopter, demain. La lassitude suscite des soulagements peu glorieux. Le monde va-t-il se réjouir d’une opération perdant – perdants ?

– A Ankara, le vice-président, Mike Pence, annonce que l’armée turque suspend son offensive en Syrie pendant cent vingt heures, le temps que les Kurdes des YPG évacuent la « bande de sécurité » de 30 km que la Turquie se réserve. N’ont-ils à ce point aucun droit ? Sont-ils d’accord ou forcés de quitter leur territoire ?

* 17 octobreBrexit ou blow it ? Les décisions les plus décisives pour l’avenir sont le fruit de circonstances particulières ou de la lassitude ambiante, pas d’une réflexion collective sur l’intérêt général, ni même d’une représentation démocratique des populations. Après trois ans de folie, chacun aspire au Brexit – négocié ou hard, qu’importe ! – y compris ceux, qui, dans leur  lucidité initiale, redoutaient un fiasco pour les prochaines années. Le bricolage accouché à Bruxelles (une Irlande du Nord à la fois intégrée au marché unique et a Royaume Uni, qui lui en sera séparé) est lui-même pris en otage par les souverainistes de Belfast, qui n’expriment qu’une lubie idéologique. Pas de pronostique, donc, mais un moment de tristesse.

* 16 octobre Europe des migrations. A Malte un mini-sommet Allemagne, France, Malte, Italie et Finlande s’était tenu le 23 septembre pour sortir de l’impasse les sauvetages en mer et proposer un mécanisme de répartition pour soulager les pays du sud de l’UE. Cette base d’accord a été proposée aux 27, le 8 octobre se limite à un arrangement de répartition faible entre les  cinq pays initiateurs. Au 14 septembre. Quelque 67 000 migrants irréguliers étaient arrivés en Europe depuis le début de l’année. La France s’accroche au dispositif de Dublin, qui génère des dizaines de milliers de clandestins, » sortis du radar », les pays d’Europe de l’Est maintiennent leur xénophobie active. Si la question est à l’origine du délitement de l’Union, on n’est pas prêt de remettre en seller celle-ci. 

* 14 octobreSpirale. Face à l’invasion turque, les Kurdes de Syrie n’ont d’autre choix que de pactiser avec le diable de Damas : Bachar al Assad. Ils vont perdre le statut de quasi-indépendance dont ils bénéficiaient. Sur le terrain, les Américains ont déguerpi, les forces spéciales françaises et britanniques sont dans l’étau, des jihadistes s’égayent dans la nature et, surtout, les troupes turques et syriennes sont sur trajectoire de collision. Seul intermédiaire possible entre les belligérants, la Russie détient quelques atouts. Mais son contrôle sur la spirale guerrière est loin d’être absolu. Un conflit syrien de plus est lancé, il s’annonce sans issue claire ni rapide.

– En Tunisie, la victoire magistrale de Kaïs Saïed confère au président une légitimité incontestable. Cela suffira-t-il à compenser le caractère ingérable du parlement ?

*13 octobre  poids, deux mesures. Après les Pays-Bas et l’Allemagne, Paris a déclaré « suspendre tout projet d’exportation vers la Turquie de matériels de guerre susceptibles d’être employés dans le cadre de l’offensive en Syrie ». Logique, mais pourquoi alors refuser obstinément de prendre la même mesure à propos des armes françaises utilisées au Yémen, par l’Arabie saoudite et les Emirats ?

*12 octobre – Tueurs à vendre. Les troupes US évacuent la bande frontalière syro-kurde, sous la pression de l’armée turque, mais qu’advient-t-il des centaines de jihadistes occidentaux détenus par les YPG ? L’Irak est sollicité pour juger ceux-ci, sans toutefois – demande de la France – mettre en oeuvre la peine de mort. Celle-ci a été prononcée dans quelque 500 cas, mais pas exécutée, à ce jour. Pour ses bons services, Bagdad réclame simplement 1,9 milliard $, mais veut être « débarrassé » des familles. That’s business !

*11 octobreCafouillages. La « guerre des pétroliers » rebondit, avec un navire iranien frappé par des missiles, au large de Jeddah. Qui provoque l’affrontement ?

Spectacle d’impuissance au Conseil de sécurité : aucune déclaration ni réponse adoptée à l’incursion turque en Syrie. Washington veut dédouaner Trump. Les Européens, dénoncer Erdogan mais sans le vexer – il pourrait ouvrir les vannes de l’Europe à ses trois millions de réfugiés – et Moscou « vasouille » entre ses alliés, également compromis.

*10 octobre Trahison. Galvanisé par les propos insensés dee Trump, Erdogan lance l‘offensive turque sur le Nord-est de la Syrie, contre les YPG kurdes. Dans tous les cas, c’est une invasion succédant à une trahison. Avait-on besoin, au Proche-orient, d’une guerre de plus et de son lot de souffrances pour les civils ? Doit-on accepter qu’un politicien déconsidéré se refasse une aura nationaliste en attaquant un petit peuple ? Doit-on prémunir Bachar d’un démembrement de la Syrie. Les Nations Unies sont-elles encore capables de dire le droit… si la communauté internationale voulait sortir de sa bulle ?

-10 octobre, journée internationale du refus de la peine de mort.

* 09 octobre Panique à Washington. La grosse gaffe de Trump ne passe pas, tant au Pentagone que chez les Républicains, où l’irresponsabilité du Chef fait tache sur l’image du Pays. Circonvolutions embarrassées : quelques dizaines de soldats seront « évacués » de Nord-Syrie, mais le gros des troupes tiendra la Turquie à l’oeil, etc. Qui écoute encore ?

– En Tunisie les législatives accouchent d’un casse-tête. Ennahda et le parti de Nabil Karoui sortent en tête, mais avec si peu d’élus que la formation d’une coalition de gouvernement stable semble impossible. Depuis sa prison, Karoui réclame un report de la présidentielle. La démocratie n’est pas chose parfaite.

* 08 octobre – Après moi, le déluge! Donald Trump passe la main aux forces turques. Il justifie ainsi la décision de retirer ses soldats du Nord de la Syrie et d’abandonner à leur sort les combattants kurdes, pro-occidentaux, des YPG, victorieux contre Daech : « La Turquie, l’Europe, la Syrie, l’Iran, l’Irak, la Russie et les Kurdes devront maintenant résoudre la situation … Les Kurdes ont combattu avec nous,… mais il est temps pour nous de sortir de ces guerres ridicules et sans fin, dont beaucoup sont tribales « . Au passage, il blâme l‘Europe de penser que les États-Unis seraient un « pigeon ». Enfin, faute que les Européens jugent et détiennent leurs jihadistes, détenus par les Kurdes, il souhaite que l’invasion turque, annoncée par Ankara, règle le compte de ceux-ci. Excellent signal pour Daech et pour les misanthropes du monde entier !

* 07 octobreMultinationale jihadiste. Les attentats ont triplé au Burkina Faso, depuis le début de l’année et le nombre des victimes explose (300.000 déplacés), tandis que les autorités se retranchent dans le déni. En fait, cinq des principaux groupes armés islamistes du Sahel coordonneraient leurs attaques dans ce pays et au Mali. Les armées des Etats subsahariens sont dépassées et les gouvernements civils, sans politique adaptée au défi.

* 06 octobreAsie imprévisible La Corée du Nord rompt la négociation nucléaire avec les Etats-Unis. L’ydille Donald-Jong-Un, c’est cuit pour un temps! Une paix magistrale dont Trump ne pourra plus se vanter devant ses électeurs. L’Inde semble avoir songé à berner Dassault : les transferts de technologie en offset du contrat « Rafale » pourraient être détournés au profit d’un motoriste ukrainien qui s’installe subreptissement dans la même ville que l’avionneur français… dans l’attente de son rachat par la Chine ! En Iraq chiite, les manifestants critiquent leurs ayatollahs, proches du pouvoir et trop alignés sur l’Iran!

* 05 octobre – Brouillard anglais. Bien malin qui saura quand tombera le Brexit ! Dans leur réponse à la justice écossaise, les conseillers de « BoJo » laissent entendre qu’une « carte maîtresse » va bientôt sortir, permettant – sans avoir à le demander – d’obtenir un report, conforme au vote du Parlement de Westminster, au cas où aucun accord n’interviendrait avec l’UE. Sorcellerie, bluff ou comparse européen en embuscade pour casser l’unité des 27 ? Allez prétendre, après ça, que c’est le seul respect « transparent » des électeurs pro-Brexit qui anime l’histrion populiste ? Quelle purée de pois !

* 04 octobre – Iraq. Fureur populaire à Bagdad, contre la corruption, le chômage et l’incurie des dirigeants. Une trentaine de morts par balles et des milliers de blessés. Comme quoi les régimes issus des guerres et des invasions ont rarement des recettes pour la paix sociale.

* 03 octobre – Traité d’Aix-la-Chapelle. Destiné à compléter le traité de l’Elysée de 1963 sur la coopération franco-allemande, ce texte, conclu le 22 janvier,  est présente, pour ratification, aux deux parlements. Il jette les bases d’un avenir partagé dans divers domaines, en particulier, la dimension militaire des politiques de paix, de sécurité et de développement. Mais il fait l’impasse sur la prévention des conflits, la promotion active de la paix, l’aide humanitaire et la reconstruction post-conflit des pays et des sociétés dévastés, bref, sur la constitution d’un « soft power » européen, adapté à l’époque. L’usage exclusif de la force permet-il de mettre fin aux interventions militaires en Afrique ? Il devrait être pondéré par les énormes perturbations provoquées dans des sociétés fragiles, à peine viables, très malléables et sujettes à des irruptions de violences civiles. L’exemple actuel du Sahel amènera, souhaitons le, à affiner les dispositifs das ce sens.

* 02 octobreTunisie. Du fait de la détention du propriétaire de media, Nabil Karoui, l’autorité électorale risque l’annulation des résultats du 1er tour de la présidentielle, par la justice administrative. Ce, pour rupture de l' »égalité des chances entre les candidats ». Risque d’impasse, voire de naufrage, de la voie  »exemplaire » suivie par la Tunisie au sein du monde arabe ?

-Le jour de la « tragédie nationale » (anniversaire de la fondation de la RPC) à Hongkong donné le spectacle d’une violence extrême. L’histoire ne validera pas ce choix, le 1er octobre 1949 ayant marqué une vraie libération du peuple chinois, au terme d’une résistance courageuse contre l’occupant japonais. Mais la Chine n’a pas eu son Conseil National de la Résistance et son armée de libération a, dès l’origine, pratiqué les purges et la monopolisation du pouvoir par la force. Le PC d’aujourd’hui perçoit la démocratie comme un complot de l’étranger. Les étudiants de Hongkong, comme un droit naturel. 

* 01 octobreAuto-célébration partisane. C’est les 70 ans d’un régime que la Chine glorifie : le Parti plus que l’Etat. En RPC, l’Histoire  est soigneusement consignée par ceux qui sont aux manettes : les morts du Grand Bond et de la Révolution culturelle n’y auront pas de place.  « L’unité, c’est le fer et l’acier » (Xi Jinping), le contrôle policier est si poussé, l’ardeur patriotique, si bien conditionnée que les slogans néo-maoïstes s’abstiennent de toute pertinence. Le pouvoir, claquemuré, met Pékin en léthargie sécuritaire: il n’est plus permis de promener un oiseau dans une cage ou d’utiliser du gaz pour faire la cuisine ! C’est que les vents sont plutôt contraires, tant à la périphérie de l’Empire qu’à l’extérieur : guerre commerciale avec les Etats-Unis, qui commence à mordre, ralentissement de la croissance, inégalités toujours choquantes, suspicion étrangère à l’égard des grandioses nouvelles routes de la soie et, surtout, Hongkong en révolte, qui s’obstine à gâcher la fête et nargue le Régime. Celui-ci n’est pas du genre indulgent. Retour de bâton à attendre.

* 30 septembre – Championnat du monde d,’athlétisme à Doha. Les athlètes concourant en extérieur vivent un calvaire dans la fournaise du Golfe.  Manifestement, le Qatar, pays-hôte, et les fédérations ont été conduits par l’argent, pas par le respect des participants. Le sport-spectacle est consubstantiel à la mondialisation, c’est à dire aux circuits financiers. Cette industrie s’embarrasse très peu du noble esprit prôné par Pierre de Coubertin. Quand cette camaria cupide et peu scrupuleuse rencontre l’avidité de gloriole du pays chef de file des Frères musulmans (et propriétaire majeur de l’immobilier de luxe à Paris), le résultat est celui-là. On devrait intégrer ces instances à l’ONU, sous la houlette du Conseil économique et social.

* 29 septembreElections du désespoir. Un dixième des électeurs afghans se sont rendus aux urnes pour désigner leur prochain président. Neuf dixièmes du pays fonctionnent, d’ailleurs, hors du cadre des institutions « démocratiques ». Les Talibans, maîtres de facto du pays, ont endeuillé le scrutin de leurs sanglantes attaques (au moins 13 attentats). Quel sens, quelle perspective donner à ce jeu politique factice, « à occidentale » ? L’Occident voudrait surtout se persuader que « le job a été fait; à eux de jouer désormais ! ». Cela justifie, au passage, le renvoi au casse-pipe des exilés afghans parvenus chez nous.

* 28 septembreEloge russe. V. Poutine vante les qualités intellectuelles, la sagesse et le patriotisme de J. Chirac. Il n’était pas encore au pouvoir, il est vrai, lorsqu’en 1998, la France intervint au secours des Kossovars, contre leur oppresseur serbe, soutenu par Moscou. La mort sanctifie et efface les lois de la géopolitique. Poutine en bénéficiera, lui aussi, à son heure.

– A l’ONU, E. Macron a rappelé les éléments constitutifs d’une solution diplomatique dans le Golfe : « D’abord la pleine certitude que l’Iran ne se dote jamais de l’arme nucléaire. Ensuite, une sortie de crise au Yémen. Troisièmement, un plan de sécurité intégrant les autres crises de la région et la sécurité des flux maritimes. Enfin, une levée des sanctions économiques ». Il a précisé ne pas croire aux miracles. Parfois, il le faut.

* 27 septembre – Hommages. De chacun, son évocation du « Grand Jacques« . L’Homme d’Etat gaulliste s’était réconcilié avec l’Europe mais aussi avec le multilatéralisme.  Conscient de ce que « la maison brûle », il prônait la transformation du Programme des Nations Unies pour l’Environnement en une agence dotée d’autorité sur les Etats. Mieux encore, il militait pour la création d’un Conseil de Sécurité économique et social (on ajouterait aujourd’hui « et écologique ») à même de contrebalancer le Conseil de sécurité actuel de l’ONU, frappé d’un déficit de représentativité. Un regret : la France aurait du se retirer d’Afghanistan avant la fin de son second mandat.

* 26 septembre – Enfants damnés. La Commission consultative des Droits de l’Homme dénonce le gouvernement français pour sa réticence à rapatrier les enfants de jihadistes français, bloqués dans les camps du Kurdistan syrien. 17 sont rentrés sur deux centaines. A-t-on peur d’eux ? Là où ils sont, certains sont morts du fait d’absence de soins. Surtout, les rescapés de Daech parviennent facilement à les joindre, ce qui constitue un plus grand danger pour l’avenir. Conception électoraliste de la sécurité ?

* 25 septembre Tempêtes sur les populismes. Ouragan au Royaume Uni, où Boris Johnson est désavoué par la Cour Suprême. La tentative de putsch contre les institutions tourne court, mais il reste aux commandes, bien déterminé à forcer la voie au « hard Brexit », dans un mois. Sauf démission et nomination d’un successeur, rien ne l’arrêtera, persuadé qu’il est de surfer sur l’instinct des électeurs. A Washington, D. Trump va être confronté à une enquête en destitution , initiée par les Démocrates. Il s’est, à nouveau, enferré dans une collusion avec un Etat étranger (cette fois, l’Ukraine), pour porter tort à son principal rival aux élections de 2020 : Joe Biden. Le risque d' »impeachment » est minime, tant les réflexes partisans l’emportent sur la moralité et le droit.

A l’ONU, E. Macron appelle les Etats-Unis et l’Iran à avoir le « courage de bâtir la paix ».

* 24 septembre Parents-traîtres. Au sommet des en destitution Nations Unies sur l’urgence climatique, Greta dénonce la « trahison » de cette génération qui « regarde ailleurs » et ne comprend que l’argent. E. Macron en promet beaucoup, d’argent, pour le Fond vert, mais il évite soigneusement d’évoquer les engagements carbone de la France, de moins en moins respectés. Est-il raisonnable de caricaturer l’avenir du genre humain comme résultant d’une confrontation de la Nature avec l’Argent ? L’être humain et ses exigences complexes mais essentielles – et même le droit et la justice – sont exclus du tableau. Reste la peur contre l’avidité.  Le simplisme, une autre trahison, inconsciente ?

Les faillites de Thomas Cook, Aigle Azur, XL : un fait de la  mondialisation version « Nord » de la Planète. Et si on utilisait tous ces avions pour organiser les départs des exilés du Sud promis à la noyade en Méditerranée ? Pas sérieux… certes, mais moral.

* 23 septembre Troyan horse. Boris Johnson s’aligne sur le langage guerrier de Washington concernant l’Iran… et sans doute aussi sur les hésitations américaines quant à l’action à entreprendre. Voilà le champion du souverainisme britannique hors-sol et guidé uniquement par un désir de complaisance transatlantique. Un coup dur pour l’Europe que ce reniement de la géopolitique !

* 22 septembre Peuples libres. Pour le deuxième jour consécutif, les partisans de la démocratie manifestent au Caire et à Alexandrie contre le régime dictatorial et corrompu du maréchal Sissi. Ce faisant, ils risquent leurs vies. Les printemps arabes connaissent une résurgence automnale, admirable et sans doute désespérée.

* 21 septembreJeunes générations. Sous les auspices de l’ONU, le pré-sommet « Action des jeunes pour le climat », à New York, se fait l’écho des revendications de la jeunesse dans plus de cent pays. Un partenariat se noue entre les générations montantes, soucieuses de leur avenir, et l’Organisation dépositaire des défis planétaires. Sain dépassement des nationalismes bornés ! J’adhère, même si j’attends que les autres défis majeurs du monde (paix, développement, libertés, circulation humaine, droits humains et justice, etc.) soient aussi pris en compte. Dès lors qu’elle s’exprime, la conscience élargit, peu à peu, son champs de perception géopolitique.

* 20 septembreRéalités toxiques. Les Perspectives des migrations internationales 2019, rendues publiques par l’OCDE, ne montrent aucun risque de « submersion » de l’Europe par des exilés d’Afrique. Chinois, Roumains, Indiens, Polonais, Vietnamiens, Mexicains Syriens, Philippins devancent les subsahariens de loin. Il faut attendre la 18eplace pour trouver un pays africain – le Maroc – parmi ceux qui ont le plus migré vers l’OCDE. Ni le Royaume-Uni, ni l’Allemagne ne comptent d’Africains dans la liste des dix premiers pays d’origine de leurs migrants. La France compte 4,4 % de Maghrébins mais seulement 1,5 % de Subsahariens. D’ailleurs, elle n’a pas enregistré d’afflux l’an passé, juste une modeste augmentation des entrées de 245 000 à 253 000, toutes origines confondues (pour 67 millions d’habitants !). Les migrations de jeunes Français à l’étranger dépassent ce chiffre. Et en matière d’asile, le trio de tête est l’Albanie, la Géorgie et l’Afghanistan.

Le président français parle de nos fantasmes en de curieux termes : « les bourgeois n’ont pas de problèmes avec [l’immigration], ils ne la croisent pas. Les classes populaires vivent avec »Drôle de façon de vouloir‘regarder le sujet en face »… sans doute en fonction des faciès. A son idée, si on voulait bien la leur expliquer, les « classes populaires seraient incapables de comprendre la réalité du monde ou de se mettre dans la peau de ceux qui souffrent. Le langage électoral est tellement simple !

* 19 septembreRabibochage.   »Je ne mésestime pas ce que le peuple italien a vécu (comme injustice) , néanmoins la réponse au sujet migratoire n’est pas dans le repli mais dans une solution de coopération européenne efficace ». Après une bisbille très passionnelle, le président Macron et le chef du gouvernement italien, Giuseppe Conte, ont remis au beau-fixe le baromètre franco-italien. Mais en prônant encore le « mécanisme automatique  de répartition des migrants»,  récusé par beaucoup de leurs pairs, tous deux vont se heurter à un mur du refus en Europe de l’Est. A fortiori, si la machine à créer des clandestins dénommée  »Dublin » demeure la base (inique et cynique) du système de circulation sans fin.

* 18 septembreFlottements. La législative israélienne débouche sur un coude-à-coude entre les deux camps dominants. Avec, de chaque côté, à peine un quart des 120 sièges de la Knesset acquis par les urnes, les marchandages pour former une coalition s’annoncent difficiles, voire critiques. Nétanyahou, perdant du scrutin, n’expédiera pas, simplement, les affaires courantes, il va jouer son va-tout face à Benny Gantz qui, lui, cherche à le dégager du jeu politique. Israël, arrimée dans une posture guerrière, sans direction stable, pourrait connaître une fuite en avant géopolitique.

* 17 septembreDémocratie. Foison de commentaires en France sur le 1 er tour de la présidentielle en Tunisie, un évènement aux enjeux forts pour le pourtour méditerranéen, le monde arabe et la paix intérieure en France. Avec 19 % des suffrages exprimés (résultat partiel donc provisoires), Kaïs Saïed, constitutionnaliste austère et sans parti (mais populaire auprès des jeunes, précède l’affairiste présumé, depuis peu incarcéré, Nabil Karoui (15 %) et le candidat islamiste d’Ennahda, Abdelfattah Mourou (13 %). Ne critiquons pas le clientélisme encore très présent, l’absence de programmes précis et l’éclatement de la scène partisane. Ce sont les lendemains et surtout les surlendemains d’élection qui forgent laborieusement une démocratie et, malgré la faible participation, la volonté de changement des Tunisiens force l’admiration.

* 16 septembreBouquet d’épines. 1/ Le marché du pétrole panique. 2 / D. Trump revendique l’élimination, » lors d’une opération de contre-terrorisme », de Hamza Ben Laden, dauphin du fondateur d’Al Qaida, lui-même exécuté par un commando, en mai 2011. Exécution extra-judiciaire ou combat, armes à la main ? En tout cas, pas question que la Justice passe. 3 / Boris Johnson assistera au sommet européen du 17 octobre, en digne héritier de « l’incredible Hulk » (plus il se fâche, plus il est costaud). Le Brexit aura bien lieu le 31. Il a déjà accompli un « énorme progrès »  pour lever l’obstacle du backstop sur la frontière irlandaise. Silence, à Bruxelles.

* 15 septembreJeux de vilains. La moitié de la production pétrolière saoudienne provisoirement à l’arrêt pour cause de bombardement par drones. Les deux champs d’Aramco (Khorais et Abqaïq) représentent 5 % de la consommation mondiale. Cette 3 ème offensive Houthie contre l’Arabie paraît dépasser les capacités d’un groupe archaïque de combattants tribaux du Nord-Yémen. Alors, la main de Téhéran contre Riyad, sa rivale  sunnite ? Thèse immédiatement validée par Washington. Toucher au brut léger, c’est autrement plus criminel et lourd de conséquences que de bombarder quatre années d’affilée les populations civiles yéménites. Le monde occidental est horrifié.

* 14 septembreBobards en série. Boris Johnson a-t-il menti à la Reine sur l’enjeu réel du lock-out du Parlement de Westminster ? Les experts du droit constitutionnel non-écrit du Royaume pointent du doigt la licéité du mensonge « politique », contrairement au mensonge « juridique ». Soit. Il a surtout menti (politiquement) au peuple britannique, quant aux merveilles attendues d’un Brexit sans accord. Et, ce, depuis 2016. Mais, là comme ailleurs, le mensonge, est l’essence-même de la doxa populiste. La justice d’Ecosse le blâme d’avoir « débranché » le Parlement pour allumer plus tranquillement l’incendie, mais la Cour Suprême du Royaume ne confirmera pas forcément ce verdict. Le nœud entre élections anticipées et Brexit ne sera tranché que par la ruse. Grâce à la lassitude des électeurs, le dernier politicien encore en vie va gagner. Gagner quoi ? La gloire historique d’une déconfiture !

* 13 septembre – Cocktail rance. Depuis son poste diplomatique, l’adjoint de l’ambassadeur de France au Salvador téléguidait un groupe d’anciens policiers et militaires d’extrême droite, qui planifiait des actions terroristes (attentats, empoisonnements) contre les musulmans de France. La convention de Vienne ne prévoit aucune immunité de juridiction, dans ce cas. Collusion de corporations professionnelles qui, en principe, devraient voir le monde différemment. Les populismes de la peur et de la haine créent de curieux attelages !

-Si Trump poursuit ses accès de colère protectionniste, le commerce mondial aura fléchi de 17 % pour son successeur à la Maison blanche – Voir l’article en rubrique principale.

* 12 septembreChaises tournantes. D. Trump congédie du Conseil National de Sécurité l’illuminé John Bolton, partisan de l’usage de la force en toute chose, pour « remodeler le monde ». Son collègue, Mike Pompeo, plutôt sur la ligne de l’action armée clandestine, respire mieux. Evolution dans un sens pragmatique, donc ? Pas vraiment : le principe est l’autorité exclusive et personnelle du Chef, pas de savoir ce qu’il en fera. De bonne humeur, celui-ci repousse de deux semaines – en pleine célébration de la fondation du régime de Pékin – ses taxes punitives sur 250 milliards d’importations chinoises.

* 11 septembreGlacis colonial. Benjamin Netanyahou s’engage à annexer, morceau par morceau, près d’un tiers de la Cisjordanie. Enthousiasme des électeurs et des colons d’extrême-droite et d’extrême-extrême droite, qui pensent prospérer bien mieux à l’ombre de la guerre qu’au soleil de la paix ! Va-t-il faire oublier ses tripatouillages financiers et gagner les législatives, avec un tel programme ? On en parle dans le dernier article consacré à l’été géopolitique 2019. Par ailleurs, un jour-anniversaire pas-joyeux.

* 10 septembre – « mi-chèvre-mi-choux ». Les premières manœuvres militaires des dix pays d’Asie du Sud-Est avec les Etats Unis se sont concluent à Singapour, le 7/09, un an après des exercices similaires conduits avec la Chine. C’est là une volonté d’équilibre de la part de l’ASEAN, qui tient à projeter l’image de sa « neutralité » entre Pékin  – pôle central et quasi-unique de l’économie et du commerce en Asie orientale – et Washington, contrepoids indispensable aux velléités hégémoniques de la puissance chinoise. Comme l’Europe, cette région doit composer avec des géants militaires et, en même temps, s’arrimer aux courants porteurs des marchés régionaux, sans perdre son indépendance. La « neutralité », ainsi conçue, procède d’une tradition ancienne, remontant aux décolonisations et à la guerre du Vietnam. L’UE peut la comprendre, la soutenir, peut-être même s’en inspirer.

* 9 septembreFinir une guerre. A deux doigts de leur conclusion, en secret, à Camp David, Donald Trump rompt les tractations avec les Talibans sur la sortie américaine d’Afghanistan. Le motif est flou, la manière versatile et impulsive mais, sur le fond, ce n’est pas idiot. L’année écoulée de tractations opaques à Doha ou ailleurs préparait une cuisante défaite pour le régime « supplétif » installé à Kaboul, tenu à l’écart du processus. Sa chute inexorable allait sceller le retour à l’esclavage islamiste d’une population de 30 millions d’âme et la stérilisation des germes de démocratie semés dans ce pays. Petit espoir de non-répétition de la faute stratégique et morale commise par le duo Nixon-Kissinger à l’égard du Vietnam, en 1973. Quid du retrait des 14.000 GIs ? Il ne fallait pas les envoyer là-bas, en premier lieu !

* 8 septembreEngrenage nucléaire. L’Iran annonce rentrer dans la 3 ème phase de son plan de désengagement de l’accord nucléaire de Vienne de 2015. Accélérée par l’emploi de centrifugeuses performantes, sa production d’uranium – enrichi au delà du seuil « civil » de 3,65 % – va proliférer, mais dans une constante transparence vis-à-vis de l’AIEA. Les sanctions internationales mordent son économie mais leur levée, contrariée par l’établissement d’un blocus américain, rend les dirigeants iraniens furieux et jusqu’au-boutistes. L’impuissance des Européens à obtenir de leurs entreprises qu’elles contournent l’offensive US ajoute à la méfiance exacerbée de Téhéran. User du bâton, sans la carotte, c’est mettre de l’huile sur le feu

* 7 septembreFlingueurs & Cie. Le pape François aurait été, en avril, la cible d’une tentative de renversement, inspirée par un lobby  américain de Républicains ultra. Les motifs : les critiques de l’ultra-libéralisme économique formulées par le Saint Père et un soupçon que celui-ci en vienne à accepter l’ordination de femmes. Les cow boys tirent d’abord… et ne pensent pas ensuite. Voyez la NRA (lobby des flingues), le KKK (lobby de tueurs), les milices privées (idem), Steve Bannon (lobby populiste), GAFAM (lobby de lobectomie cérébrale), Trump et bourse de New-York. François se dit « honoré » de cette haine américaine à son égard. Nous le sommes tous.

* 6 septembre – Chantage et expansionnisme. Recep Tayyip Erdogan lance un ultimatum aux Occidentaux, en substance : « aidez-moi à m’emparer d’une bande de 30 à 40 km de territoire au Sud-est de la Turquie (Nord-Est de la Syrie), sinon j’ouvre les portes (de l’Europe) aux 3,5 millions de réfugiés syriens abrités sur mon territoire ». L’U.E piégée et soumise à chantage, en conséquence de l’accord « d’endiguement » des exilés qu’elle avait conclu sans morale et sans gloire, en mars 2016, pour ne pas voir tous ces gens affluer vers elle. Toujours plus d’argent sera exigé d’elle, en échange. Les Etats Unis et aussi la France sont sommés d’abandonner les unités du YPG kurdes-syriennes et les combattants pro-occidentaux, ceux-là-même dont les combats acharnés ont permis de faire plier Daech, de libérer les populations et de rétablir une gouvernance démocratique… Personne ne songe réellement à stopper militairement l’expansion turque – appuyée par la Russie (qui l’équipe de missiles S-400) et par l’Iran – vers une zone riche en pétrole et où les Kurdes de Turquie trouveraient exemple et soutien. Qui , d’ailleurs, voudrait aider Damas, l’infâme, a récupérer ses territoires ? De tout évidence, les millions de Syriens déplacés en Turquie ne sont qu’un prétexte utilisé dans cette affaire, mais la peur qu’a l’UE des réactions de ses propres électeurs face à l’arrivée de réfugiés fonctionne à merveille. Cette « zone de sécurité » qui devrait attiser d’autres guerres, un relent des années 1930 ?

* 5 septembrePunching ball. Westminster s’est rebiffé, hier. Déjà, le premier ministre, Boris Johnson, « s’était pris une double claque », en perdant sa majorité absolue (21 « traîtres », dans les rangs Tories) de même que la haute-main sur l’agenda parlementaire. A partir de là, le « camp rebelle » est parvenu à imposer une loi contre son projet de « hard Brexit » sans accord pour le 31 octobre. Jusque sur la convocation d’élections anticipées, le 15 octobre, une motion de rejet a conduit à inverser les positions de départ et à bloquer le jeu. Que faut-il en penser ? D’un côté, comme en Italie, les institutions peuvent encore bloquer les projets de populistes délirants se comportant, à la limite du putschisme. De l’autre, les parlements sont devenus des girouettes dans des spectacles de Guignol, incapables de produire une feuille de route acceptable et réaliste pour leurs peuples. Ni le Royaume Uni (avec un premier ministre qui, renversé, resterait quand même aux manettes du Brexit), ni l’Italie (avec un clown impotent  aux Affaires étrangères et une dette abyssale) ne sont sortis de misère, même si, dans les deux cas, un pas est esquissé en direction de l’Europe. Incluons la folie des hommes et leurs petites démissions dans la perception géopolitique du monde, où l’Europe régresse au plus bas.

* 4 septembreMéfiance.  L’iranien Rohani ne veut plus, « par principe » d’un tête à tête avec Trump. D’une rencontre en format 5 plus un, à la rigueur.  L’initiative française de médiation  fait flop. Effet de la méfiance atavique mais  aussi de la réticence de nos entreprises à contourner les sanctions américaines.

* 3 septembreMalthus & céréales.  En 2050, l’humanité et ses 10 milliards d’âmes auront besoin de 23 pour cent ide céréales de plus qu’en 2014. Or, le dérèglement climatique et l’usure des sols auront réduit d,e 3,5 jusqu’à 7 pour cent les rendements de cette source principale de notre alimentation. Ce déficit d’un tiers  pourrait être encore aggravé par ĺes conflits sur l’eau, le droit à migrer et les peurs identitaires. La géopolitique des ventres et des têtes vides.

* 2 septembreChacun sa guerre et malheur aux civils ! Dernière à résister au régime de Damas, la région syrienne d’Idlib était « démilitarisée », au titre d’un accord passé entre la Turquie, alliée de groupes résistants, et la Russie, alliée de Bachar. Elle a subi quatre mois de bombardement ininterrompu, dévastateurs pour ses 3,5 millions d’habitants, dont beaucoup de civils déplacés, bloqués sous les bombes. L’accord, tout récent, a été froidement violé par Moscou et par l’armée d’Assad. Pour faire bonne mesure, l’aviation russe a aussi détruit un hôpital de campagne, proche d’Idlib, dans la province d’Alep et l’US air force y abat des chefs jihadistes à grand déploiement de drones. Damas a repris environ  60 % de ce territoire « rebelle », avec l’intervention militaire de Moscou mais aussi celles de l’Iran et du Hezbollah libanais. Les dictateurs n’intègrent aucun paramètre humanitaire dans leur géopolitique.

* 1 er septembreStratégies d’évitement et de confrontation. Israël a bombardé le Sud de Beyrouth avec des drones. Le Hezbollah riposte avec des tirs anti-chars, depuis le territoire libanais. Les deux armées régionales s’emploient à torpiller la tentative de médiation française entre Washington et Téhéran.  D’où l’engrenage de la violence. Si la confrontation atteint le niveau visé par les belligérants, la délégation diplomatique iranienne attendue, demain, à Paris n’aura d’autre choix que de se départir de son pragmatisme et de crier au loup avec les loups. La France s’efforce de désamorcer l’affrontement. La posture de l’offensé est hautement conciliable avec la politique du pire. Une agression bien calibrée scelle la collusion inavouable de Nasrallah avec Netanyahou, complices pour contrer toute perspective de paix.

– Brèves d’août 2019

* 31 aoûtContestation honkongaise. Septembre marque la fin des préparatifs de la célébration en apothéose de la fondation, il y a 70 ans, de la République populaire de Chine. Une « solution » – forcément répressive – à l’ébullition de la jeunesse de Hongkong devient urgente, dans l’esprit de Xi Jinping et d’une direction chinoise qui ne tolère jamais d’avoir à perdre la face. Les arrestations  »tournantes » des leaders étudiants les plus connus (Joshua Wong, Agnes Chow) traduisent une montée en puissance maitrisée de la contre-offensive. La Grande Bretagne , embourbée dans son Brexit, oublie que, signataire des accords Thatcher-Deng de 1994, elle est garante des 50 ans promis sans intégration au système communiste continental. La France, Patrie des libertés, et les autres se défaussent aussi.

* 30 aoûtLibye. Antonio Guterres appelle la communauté internationale à se ressaisir et à cesser les ingérences extérieures autour du brasier libyen. Turquie, Egypte, Etats-Unis, Daech & Al Qaida… et même France, tout le monde intervient avec des armes, des mercenaires ou de l’argent et jette de l’huile sur le feu. L’Europe finance et équipe n’importe quelle milice locale, pour bloquer les départs d’exilés en Méditerranée. Certains « seigneurs de la guerre » (Misrata, etc.) seront invités à la conférence inter-libyenne – très hypothétique – qui aura mission de faire cesser les combats et de trouver une réponse aux avancées des mouvements jihadistes. Une seconde négociation, celle entre « Etats concernés » devrait être menée par les Nations-Unies, en septembre. Le Secrétaire général a raison de faire état de son angoisse : la « communauté internationale » a créé un champ d’empoigne pour Etats-apprentis sorciers.

* 29 aoûtFaut qu’ça bouge ! A Paris, le président vient d’appeler les ambassadeurs à l’audace et à la prise de risque. A commencer par  »faire quelque chose d’utile avec la Russie … pour que la France et l’Europe ne disparaissent pas de la scène mondiale, effacées par le duo sino-américain ». Message reçu à Rome, où le Parti « Coluche » local – populiste – se met vite en ménage de gouvernement avec son pire ennemi (le Parti Démocrate), histoire de survivre à son divorce avec les néo-fascistes de la Ligue. L’Europe dit « ouf, Salvini, c’est fini (pour quelque temps)! »mais elle ne ré-existe qu’un bref instant car, à Londres, un cascadeur ébourifé, nommé BoJo, va forcer un passage-à-niveau fermé. Ce, au volant d’un char de l’Etat dont les passagers sont ficelés, bâillonnés, yeux bandés, alors que le train arrive à vive allure. Faut « qu’ça bouge », on vous dit. Moins de pain, plus de jeux !

* 28 aoûtMagouille. Boris Johnson est habile à exploiter les failles des institutions britanniques plutôt qu’à en respecter l’esprit parlementaire et démocratique. La Chambre des Communes interrompt ses congés le 3 septembre. Puis, il est d’usage qu’elle ne siège qu’un peu plus tard, après les réunions de rentrée des partis. Il s’apprête à allonger cette pause jusqu’au 14 octobre, de sorte que le Parlement, hostile à un Brexit « dur » soit contourné et ne puisse s’y opposer. Pour un pays qui a inventé la démocratie parlementaire… c’est digne des démocratures d’Erdogan ou d’Orban ! Pendant que Westminster sera muselé, le nouveau premier ministre se fait fort d’arracher un accord de divorce différent aux Européens. Ce sera lui, sans contrôle parlementaire aucun, face aux 27. On devine à qui sera la faute, si cela ne devait pas marcher.

* 27 aoûtProfiteurs  de guerre. Le jour où Trump « décoince » un peu sur l’Iran, l’armée israélienne frappe à toute volée sur les bases des partisans de Téhéran en Syrie, en Irak et au Liban. L‘axe de pénétration iranien du Golfe jusqu’à la Méditerranée sert effectivement une recherche d’hégémonie dans cette région, aux dépens de celle, actuelle, d’Israël. Aussi, les deux ennemis s’entendent à privilégier une logique de confrontation. Celle-ci leur sert de ciment national et exclut tous bons offices extérieurs, surtout pour Jérusalem.

* 26 aoûtVerre mi-plein, mi-vide. Au terme de trois jours à Biarritz, un G7 efficace à 30 % (environ). Plus d’Amazonie (20 Mns$ d’aide et quelques Canadair) que d’initiative sur le climat. La hargne US contre la Chine ne désarme pas mais, coup de théâtre, dans le sillage de la visite-surprise du ministre Javad Zari, une rencontre au sommet Trump-Rohani serait dans l’air. La relative bonne humeur du locataire de la Maison blanche, qui n’a rien cassé (jusque là), fait caresser la possibilité de conclure un accord sur la taxation du numérique au sein de l’OCDE. Le président français y gagne des galons de stratège et sa diplomatie une aura (éphémère) de médiatrice. Le G7 n’est ni coulé ni sauvé mais LYB peut parler d' »unité » et d' »esprit positif » sans trop faire tousser.

* 25 août – MéthodologieEst-ce vraiment utile ? Pour les uns, ce tralala officiel n’est qu’un triste théâtre  de has-been déclassés. Pour le président LYB, c’est une occasion de créer ou de renforcer des coalitions politiquement éphémères pour faire face aux défis globaux.  On verra ce qui se coalisera pour sauver la forêt amazonienne  ou empêcher Trump de tweeter des horreurs!

* 24 août – Clafoutis géopolitique – Au contre-sommet de Hendaye, tir de mortier contre la police : un titre pour les media, réticents à traiter des sujets compliqués. A Biarritz, prière fervente des participants pour que Trump ne vienne pas (il trouve ces « fichus sommets, inutiles », d’où l’espoir…). Cela pourrait donner quelque chance de survie à la tentative française d’apaisement avec l’Iran. Le Président LYB cherche à obtenir un allègement des sanctions sur le pétrole iranien, en vue d’un retour de Téhéran au plein respect de l’accord sur le nucléaire de 2015. Pourraient suivre de nouvelles négociations sur son programme balistique et sa politique d’hégémonie régionale.  L’Amazonie continue, elle, à brûler et la vilenie du Brésilien Bolsonaro d’alimenter la fureur collective. Des chefs d’entreprise français s’engageraient à lutter contre les inégalités et contre le dérèglement climatique. Tiens, on se rapproche du sujet !

* 23 août – Le Président reçoit Narendra Modi à Chantilly, en marge du G7. Le partenariat stratégique avec l’Inde se porte à merveille. Tant mieux, il s’agit de la démocratie la plus peuplée du monde. L’impression prévaut que les ventes d’armes (36 Rafale vendus; un marché de 110 à pourvoir d’ici un an) et de centrales nucléaires (6 EPR, à confirmer) y sont pour quelque chose. Il y a 20 ans encore, notre amour allait aux besoins du Pakistan. Certes, le Cachemire indien, mis sous la botte de New-Delhi, le 5 août (cf. brève), fait tache. La France a rappelé sa « volonté  de voir cette question traitée dans le cadre bilatéral (avec le Pakistan) et son souci de voir préservée la stabilité dans la région et la lutte contre toutes les formes de terrorisme ». Mais tout va bien. C’est précisément la position de l’Inde contre celle du Pakistan.                                             – En marge du G7 l’Amazonie brûle et le même président s’empointe avec son (sinistre) homologue brésilien. Où se cache donc le multilatéralisme tant vanté ?

* 22 aoûtDecorum pathétique. Le G7 de Biarritz sera distant de X années lumières de celui – le premier – tenu en 1975, à Rambouillet. Alors, la toute-puissance occidentale régnait sur les marchés et sur la géopolitique du monde. L’ONU, le FMI, etc. suivaient. Les Grands se voyaient en Haut-Gouvernement planétaire. Les voilà, aujourd’hui, minés de faiblesses intérieures, peu représentatifs (12 % de l’Humanité et 40 % de son PIB), sans leviers d’action efficaces, peu relayés par un système multilatéral mis en léthargie et, surtout, face à Trump, le « Grand démolisseur ». « Posture, sans concertation », résume Bertrand Badie. Le thème de la « lutte contre les inégalités » va passer à la trappe. La « sève » du G7, qu’on nous invite à retrouver, est une illusion bureaucratique sur l’histoire passée. « Nous vivons une période historique de l’ordre international …, marquée par une crise très profonde des démocraties, à la fois de représentativité et d’efficacité « , celles-ci ne parvenant plus « à répondre aux peurs contemporaines, la peur climatique, la peur technologique, la peur des migrations », dixit le Président. On devrait soigner tout ça à l’accordéon, dans d’immenses flonflons « saucisse-frites ».

* 21 aoûtLebensraum américain. « Etant donné les commentaires de la première ministre Mette Frederiksen, selon lesquels elle n’aurait aucun intérêt à discuter de l’achat du Groenland, je vais repousser notre rencontre » (Nota = sa visite à Copenhague, prévue début-septembre), a tweeté, le 20 août, Donald Trump, vexé de ne pas pouvoir refaire le coup de la Louisiane, du Texas ou de la Californie tout en s’offrant, tel Pierre le Grand, un grand équivalent de la Sibérie, un espace de domination stratégique, qui plus est riche en minerais rares. En fait, on est plutôt dans Ubu Roi : démence caractérielle ou obsession de destruction des lois du monde ?

– Le même, caressant, après l’épisode du fort de Brégançon, l’idée d’une réintégration – sans condition – de la Russie dans le G 7 : « C’est bien plus sensé d’avoir la Russie. Beaucoup de sujets dont nous discutons ont à voir avec la Russie, je la verrais bien revenir dans le G8… Obama n’a plus voulu de la Russie parce qu’ils se sont montrés plus malins que lui ». Aux pertes et profits, donc, la Crimée et l’Ukraine, la Syrie, les armes interdites, les manipulations politiques, etc. Au diable, le droit, les alliés ! Il s’agit bien de détruire.

* 20 aoûtBras de fer souriant avec l’Ours. Comment conduire une « discussion longue, nourrie, stratégique » avec un autocrate qui proclame « en finir avec les sociétés ouvertes et libérales » et poursuit une guerre psychologique (réseaux sociaux manipulés, financement des populistes, « braquage » d’armes de destruction massives sur l’Europe, etc.) ? A Brégançon, le Président a dû considérer – à raison – que ne pas lui parler et le tenir totalement à l’écart du G 7 serait une option plus dangereuse encore. L’Homme tient sous sa main d’acier un tiers de l’Ukraine, de vastes territoires géorgiens et moldaves, une clé majeure des conflits du Proche-Orient, des « armes secrètes », des réseaux partout d’officiers traitants (jusqu’en Afrique francophone) et il sait pouvoir surfer sur tous les « national-populismes »,… mais il exprime aussi son effroi des gilets jaunes, fait face à une considérable usure du pouvoir et de la fidélité de sa base populaire comme économique (le PIB de l’Espagne, mais en stagnation, avec une population trois fois supérieure). Face à un dictateur dangereux mais un peu usé, lui faire opérer un changement d’ensemble est impossible. Mais, miser sur son intelligence pour lui ménager quelques issues négociées sans lui ôter la face est concevable (la Syrie ? le Donbass ? les ingérences politique en Europe ?). Il faut être au moins Jupiter pour manœuvrer sur ce terrain.

* 19 aoûtPopulisme, mépris de la Loi, mépris de la vie humaine. Depuis 2010, l’Europe fait l’expérience des traversées d’exilés en Méditerranée (déjà 40.000 noyés). Au large de l’Italie, face à la détresse des 157 rescapés  de  » l’Open arms » espagnol et des 356 de l' »Ocean Viking » de MSF, interdits de ports par M. Salvini, : rien. Des réponses partielles, peureuses, non-coordonnées. On se renvoit la patate chaude, malgré les milliers de concertations tenues entre hauts fonctionnaires. Le droit à la vie n’est pas rien et il requière un minimum d’humanité, sans laquelle on se vautre dans la barbarie. Idem des pouvoirs des lois et de la Justice, laquelle condamne Salvini, sans effet, et dommage pour l’existence de l’Europe !

* 18 aoûtHommage au courage et à la maturité politique des Soudanais ! Après avoir fait tomber le bourreau Al Bachir, en avril, ils viennent de conclure un accord de transition démocratique et « constitutionnel » avec la junte militaire : 39 mois de  »Conseil de souveraineté » avec une cohabitation acceptée au gouvernement du Pays (les militaires en exerçant les premiers la présidence). Par contraste avec les révolutions arabes, on joue le compromis patient et on recule d’autant une confrontation électorale déstabilisatrice. Certes, rien n’est encore gagné. Les milices, exclues du jeu politique et coupables de massacres, vont tenter de torpiller l’accord. L’accaparement par les militaires des ressources économiques et financières va susciter un sentiment criant d’injustice. Des affrontements entre clans sont plus que probables et la patience populaire ne sera pas éternelle. Mais c’est une leçon de démocratie que nous offrent les Soudanais : réalisme, humanisme, projet politique et dose d’accommodement. On pourrait s’en inspirer chez nous aussi.

* 17 aoûtHongkong. Week-end de mobilisation pro-démocratie des défenseurs de l’autonomie politique et juridique, face à Pékin. Les enseignants et fonctionnaires sur la brèche, avec les jeunes, malgré les sanctions. Quid des gesticulations guerrières de la police armée dans Shenzhen ? La population du lieu, non-cantonaise (mais de langue mandarine) et fidèle au Parti, ne sera pas solidaire, considérant l’ex-colonie anglaise comme « la putain » des Traités inégaux. Sun Zi, dans « l’art de la guerre », insiste sur la dimension théâtrale et « psy » de l’offensive. Mais, si la peur, les infiltrations, les provocations et la manipulation des esprits ne suffisaient pas, le Parti ne pourrait absolument pas se permettre de paraître impuissant, même si un prix élevé – financier et d’image – était à payer. L’exercice du contrôle politique avant tout !

* 16 aoûtRetournez dans vos pays ! L’insulte lancée par D. Trump aux quatre représentantes américaines (démocrates) issues de l’immigration devient un leitmotiv, à travers le monde du populisme : c’est le sens du décret pris par M. Salvini menaçant de saisie et d’amende ceux qui ne veulent pas laisser les exilés se noyer en Méditerranée : le tribunal administratif de Rome a annulé cette mesure attentatoire au droit et à l’humanité la plus basique. Aux Etats-Unis, les migrants légaux sont interdits de naturalisation s’ils ont bénéficié de prestations sociales (« donnez-moi vos pauvres » disait la statue de la Liberté…) et les enfants migrants sont séparés, sans réunion possible, avec leurs parents et, parfois même, abusés. En France, sous couverture d’OFII, la police investit le SAMU social pour traquer les  »clandestins ». Beaucoup de ceux-ci sont des gens épuisés et malades que l’on déclare « en fuite » et à qui on supprime tout moyen de survie, dès qu’ils ont manqué une convocation du commissariat ou sans raison. Il y a une grande violence dans toutes ces politiques !

* 15 aoûtFidelité ? La France célèbre le débarquement de Provence. Deux chefs d’Etat africains seulement pour commémorer les exploits de l’Armée d’Afrique. Du côté africain, difficile d’oublier la pingrerie de la République envers ses combattants coloniaux… et puis la levée de la 1ère Armée c’était aussi une promesse d’émancipation future, qui ne s’est pas réalisée totalement. Enfin l’accueil froid réservé aux descendants des Tabors et autres tirailleurs, c’est  »noyez-vous en Méditerranée et qu’on ne vous voit pas ! » Deux mondes séparés par des murs…

* 14 aoûtBoum ! Bourevestnik (« oiseau de tempête ») a explosé, tuant net cinq de ses concepteurs, lors d’une manipulation de ce nouveau missile de croisière hyper-sonique -« indétectable et invincible » – sur les bords de la Mer blanche. Poutine, en avait fait son étendard personnel, et brandissait à la face de l’Occident ce glaive imparable ( propulsé par un micro-moteur nucléaire et pouvant faire plusieurs tours du globe en zig-zag et en rase-motte, avant de frapper sa cible). L’homme fort du Kremlin y tient mordicus. Führer Adolph, aussi,  échaudé par sa Werhmacht, comptait ferme sur la fusée V2 pour pulvériser ses contradicteurs et renverser le cours de la guerre. L’Histoire est-elle si malléable aux « armes secrètes » ?

– A Benghazi, l’attentat qui a tué cinq membres de l’équipe locale des Nations-Unies est symptomatique du pire prévalant : lâche anonymat et illisibilité; volonté d’attiser un conflit entre protagonistes prédateurs et mépris de ceux qui portent les espoirs de paix.

* 13 aoûtFautes. Le Point compte six crises  majeures, entièrement dues à D. Trump : 1 – Le terrorisme suprématiste « blanc », est en forte hausse (massacre d’El Paso inspiré par sa rhétorique raciste et anti-migrants). – Frénésie ballistique (en sus du nucléaire) de son « ami » Kim (cinq missiles en moins de deux semaines), sans que rien de concret ne sorte de leurs trois rencontres.  3 – Confrontation avec Téhéran, depuis le retrait des États-Unis de l’accord sur le nucléaire. – Bras de fer avec Pékin (« Les guerres commerciales sont bénéfiques et faciles à gagner » – cf. brève du 12 août). – Spectre d’un ralentissement économique lié à la guerre des tarifs douaniers et aux manipulations monétaires. 6 – Hallali contre Nicolas Maduro (gel des actifs du gouvernement vénézuélien) . Quant aux crises héritées de ses prédécesseurs, comme la Syrie ou l’Afghanistan, il les a prolongées et attisées. Enfin, les tensions entre partenaires importants des États-Unis, comme le Pakistan et l’Inde, le Japon et la Corée du Nord et, bien sûr, le Brexit ont vu une Amérique partisane s’interdire de jouer les arbitres. Elle en devient d’ailleurs incapable. Vite, qu’on lui décerne un prix Nobel de la Paix !

* 12 aoûtBras de fer commercial ->récession générale ? « Les guerres commerciales sont bénéfiques et faciles à gagner », a affirmé Donald Trump en mars 2018. Il pratique haut et fort, tous azimuts, mais s’acharne plus particulièrement sur le géant chinois, au risque de se méprendre sur l’adversaire. Ses négociateurs ne sont parvenus qu’à blesser l’amour-propre des Chinois, lors du dernier round, à Shanghai. Négligeant les concessions de fond qui leur étaient faites, ils ont insisté sur le déclenchement de mesures de rétorsion = après = la conclusion de l’accord commercial recherché et décidé de discriminer les entreprises d’Etat chinoises. Pékin s’est cabré, c’était prévisible.  Furibard, D. Trump inflige de nouveaux droits de douanes sur les produits importés de Chine. En représailles, la RPC menace de boycotter les produits agricoles US, ce qui va affecter un électorat pro-Trump. Laisse-t-elle aussi fléchir le Yuan pour relancer ses exportations ? Quoi qu’il en soit, un cercle vicieux de confrontation est enclenché entre les deux plus grosses économies mondiales. Tout le monde va être perdant. L’économie dite « néolibérale » ce n’est pas seulement la toute-puissance des marchés financier et l’assujettissement de l’économie réelle, c’est aussi la loi du chef de guerre décérébré !

* 11 aoûtLes volontés de la direction chinoise. Pékin va-t-il laisser « pourrir d’elle-même » la révolution des parapluies à Hongkong (comme a fini celle des gilets jaunes, en France) ? Ou la tuer dans l’œuf, à l’approche du 1er octobre, 70 ème anniversaire, apothéose du Régime ? Ce serait se tromper sur ses intérêts primordiaux. Selon Kevin Rudd, ancien 1er ministre australien,  la direction chinoise – contrairement à celle de Trump, dépourvue de stratégie – a, en effet, des priorités stables et rationnelles : 1/ garder le parti au pouvoir ; 2/ maintenir l’unité nationale (Hongkong, Taïwan, Xinjiang, Tibet… ) ; 3/ la prospérité économique pour légitimer le Parti, et renforcer sa capacité à agir; 4/ une croissance écologique; 5/ s’assurer de voisins accommodants et respectueux; 6/ chasser les Américains (et les Français) de Mer de Chine pour se donner les mains libres face à Taïwan; 7/ Suzeraineté économique et stratégique sur l’Asie, voire au-delà (cf. l’initiative des routes de la soie et la transformation de la Russie d’adversaire en allié).

* 10 août – En mer du Japon, les missiles  nord-coréens tombent, jour après jour, comme à Gravelotte. D. Trump, pas inquiet, en connaît la cause : » Kim Jong-Un n’est pas content au sujet des manœuvres militaires (avec la Corée du Sud) … Je ne les ai jamais aimées non plus. Et vous savez pourquoi ? Je n’aime pas payer ! ». Au moins, c’est clair : il y a convergence entre les deux étranges personnages. Ceci, contre Séoul, le Pentagone et le Département d’Etat, etc., lesquels défendent mordicus les manœuvres conjointes et dénoncent les provocations de Pyongyang. Bel exemple de cohérence politique américaine !

– « L’Iran a de graves problèmes financiers. Ils veulent désespérément parler aux Etats-Unis, mais reçoivent des messages contradictoires de la part de tous ceux qui prétendent nous représenter, parmi lesquels le président français », dixit Trump. « La France s’engage fortement pour la paix et la sécurité dans la région pour permettre une désescalade des tensions et elle n’a besoin d’aucune autorisation pour le faire », lui répond Paris. Pauvre Trump, qui manque cruellement de sous-traitants-fauteurs de guerre.

* 9 aoûtTerre nourricière. Le GIEC publie son rapport sur l’utilisation des sols : utiliser les cultures pour produire une énergie verte et capter/enfouir le CO2 ou plutôt pour nourrir les 11 milliards d’humains anticipés en 2100 : prise de bec entre les experts. Restaurer les sols agricoles stérilisés par la chimie et imperméabilisés par le béton (en déprogrammant l’habitat « éclaté » à la campagne, cesser de consommer de la viande, du sucre et du lait pour sauvegarder l’autonomie alimentaire des pauvres et préserver la vie de deux milliards d’adultes obèses sur la Terre… Qui va défendre l’intérêt général, sans mettre en avant son petit lobby, ses « désirs » intenses, ses préjugés sacrés, son inertie craintive au changement ? La FNSEA, le monde  politique, les gilets jaunes ? « N’y pensez pas trop » (chanson de Charles Trenet).

* 8 aoûtMatraque. D. Trump frappe le régime Maduro de super-sanctions unilatérales, dans le but assumé de le faire tomber. Résultat : une mobilisation militaire et partisane sans précédent contre  »l’agression yankee », comme en Iran. Les opposants vénézuéliens, si légitimes dans leur résistance, vont finir par passer pour des traîtres à leur patrie. Quel pays n’est pas encore sous la menace ou sous le coup des pressions rageuses de l’Oncle Sam ? Peut-être encore quelques Etats africains, qualifiés grossièrement de  »pays de m…de ». On ne trouvera jamais une voie vers la paix et le développement en laissant agir ainsi « l’Ennemi du monde entier ».

* 7 août Missiles de moyenne portée (500 à 5500 kdm). Après que son pays a dénoncé le traité de désarmement sur les forces nucléaires à portée intermédiaire (FNI), le nouveau secrétaire US à la Défense, Mark Esper, annonce le déploiement en Asie, le plus tôt possible, de missiles de moyenne portée, à charge conventionnelle. Message reçu par Pékin : « La Chine sera dans l’obligation de prendre des mesures de rétorsion… « .  Le cow-boy voudrait flinguer la terre entière (cf. brève du 02/08). Quand le joujou balistique vous tombe sur le nez, fait-on la différence entre une ogive conventionnelle et une, nucléaire ? Au fou !

– Un quart de l’Humanité vit en déficit hydrique. On compte plus de 200 conflits pour l’eau, chiffe qui a quadruplé en trois décennies : une urgence à agglomérer aux autres urgences…

* 6 aôutRôtissoire. Juillet 2019, le mois le plus chaud de l’histoire du monde : un demi-degré de plus qu’il y a un an et 1,2 ° de plus qu’à l’orée de l’ère industrielle. Pékin menace les contestataires hongkongais de « périr par le feu« , au lendemain de leur grève générale réussie. Chaud encore, le front du commerce, avec la dévaluation compétitive du Yuan et brûlant, enfin, les canons des « guns » américains après deux massacres suprématistes », le même jour ! Est-ce la chaleur qui rend fou ou la folie qui rend incendiaire ?

* 5 août – Autodétermination, bombe atomique et violence. Depuis l’indépendance de l’Inde, le Cachemire est une bombe à deux mèches : une population musulmane ultra-majoritaire, appuyée par le Pakistan (nucléaire) contre un pouvoir indien (également nucléaire) bloqué dans son refus de l’auto-détermination populaire. En révoquant le statut d’autonomie de cet état ingouvernable, New-Delhi allume une des deux mèches. Islamabad va évidemment relancer la résistance populaire au Jammu-Cachemire, par la voie du terrorisme. L’hindouisme fanatique alimente l’islam violent et réciproquement : ravages d’un communautarisme aveugle et d’un nationalisme imbécile, cercle vicieux. Danger de guerre dans la région, voire au-delà…

* 4 aoûtMal de crâne géopolitique. De sources de presse arabes, des F-35 de l‘aviation israélienne auraient mené deux raids, en Irak, fin juillet, contre des bases de milices chiites (pro-iraniennes). A Al-Chouhada, puis sur le camp Ashraf (un dépôt de missiles iraniens). Les États-Unis, qui stationnent 5 200 soldats en Irak, assurent tout ignorer. Israël ne pipe pas, façon d’assumer son hostilité à l’égard de Téhéran et des chiites. Et pourquoi pas la France ? Regardez comme elle fourbit des armes contre les chiites au Yémen et ailleurs !

* 3 août – Pandémie. L’OMS redoute une propagation d‘Ebola, depuis Goma, à d’autres grandes villes de RDC, dont Kinshasa. La perspective serait alors celle d’une mondialisation de la contagion, avec des effets géopolitiques. Ce qui fâche : les populations menacées croient souvent que la maladie a été « importée » par les ONG médicales et, refusant de se soumettre aux soins, elles se cachent. Des millions de $ sont déversés pour endiguer ce fléau, mais beaucoup supposent que l’argent est détourné vers les poches des politiciens. M. Tshisekedi-fils, on voudrait vous entendre !

* 2 août – Donald Trump s’en remet à Pékin pour gérer le maintien de l’ordre à Hongkong et exonère Pyongyang de tout reproche quant à ses tirs répétés de missiles en Mer du Japon. Abjecte mais pratique : l’argent et l’électorat d’abord !

– Emotions et vengeance commerciale.  Le Japon retire la Corée du Sud de la liste des pays bénéficiaires de sa clause de la nation la plus favorisée et durcit les taxes à son égard, sur fond de vieilles rancœurs historiques. Trump décide une nouvelle série de taxes contre les importations chinoises. Toute la gamme made in China est désormais sous sanction.

– Comme annoncé et à la suite de la Russie, Washington se retire de l’accord FNI de 1987, prohibant les Euromissiles. La décision prend effet aujourd’hui. Les Etats-Unis (comme la Russie) se donnent les mains libres pour engager une confrontation avec la Chine, la Corée du Nord ou l’Iran, depuis le continent eurasiatique. Les Européens,  »cocus » de l’Histoire. https://oursongeopolitique.blog/2019/02/04/

* 1er aoûtRêves de Brexit dur. Boris Johnson fantasme un Royaume Uni enfin libéré du carcan européen :  fructueuse dérégulation financière, dopage de la croissance et de l’emploi, libre-échange sans contrainte avec les Etats-Unis, nucléaire et OGM à gogo, etc. A comparer avec la terrible réalité de l’appartenance à l’Europe : la première place financière d’Europe libre de faire fluctuer sa monnaie de façon compétitive, une belle croissance et un chômage résiduel de 4 %, l’accès libre au plus grand marché de consommation du monde (plutôt que de se faire tordre le bras par Trump, comme en font l’expérience le Canada et le Mexique, contraints à renégocier le traité NAFTA/ALENA), 50 OGM autorisés par Bruxelles et 15 réacteurs nucléaires britanniques gérés par EDF, etc. A ce compte-là, une non-déconfiture devient une grande victoire ! Le papa de Bojo, ancien fonctionnaire, puis député européen, a du mal à suivre . Son idée de réaménager la clause « backstop » (dispositif provisoire anti-contournement du marché unique sur la frontière intra-irlandaise) mérite l’attention. Pourquoi ne pas fixer la solution- mais dans l’accord futur UE-RU – d’ici octobre ?

Brèves de juillet : ci-dessous

* 31 juillet – Lutte des mondes. A Brasilia, J. Bolsonaro snobe ostensiblement le ministre français des Affaires étrangères. Il l’envoie paître pour cause de « coupe de cheveu plus urgente ». Motif du lapin », posé à Jean-Yves le Drian : la détestation du « premier monde » (l’Europe bien-pensante). L’UE avait conditionné la signature de l’accord commercial UE-Mercosur au maintien du Brésil dans l’accord de Paris sur le climat. Trahison de l’engagement : au vu des images satellites, 6 352 km2 de forêt amazonienne auraient été détruits depuis l’investiture de l’admirateur de Donald Trump, en janvier ! Message à ceux qui voient la prévention de la catastrophe climatique comme LA priorité exclusive de toutes les autres : notre petit « premier monde » démocratique et vertueux exaspère les démocratures, plus hardies et plus nombreuses. Il ne leur fait pas peur. L’isolement nous rendra-t-il inaudibles au-delà de notre vieille citadelle ?

– Des morts civils en Afghanistan ? Et oui, ça continue là-bas : 1 366 civils tués et 2 446 blessés, depuis le début de l’Année. L‘ONU dénonce « le mal choquant et inacceptable fait aux civils ». L’Armée US exprime ses doutes sur le décompte. Petit hic : le nombre de victimes du fait de la coalition pro-gouvernementale a augmenté d’un tiers. Vous pensez que l’Occident est en voie de remporter la guerre contre les Talibans ? Et au Sahel ?

* 30 juillet – Ecosystème, encore. On a dépassé, hier, le Jour du Dépassement, deux jours plus tôt que l’an dernier. Késako ? Ne demandez pas à l’Ours comment s’est calculé, peu importe : ça évolue dans le mauvais sens. Attention, dépassement dangereux : flash du radar écolo, l’amende viendra bien plus tard. Gaïa (la Terre) en ayant marre d’être saignée, elle va nous mettre au régime sec. Première urgence : sensibiliser les Chinois et les Indiens au problème (sans les punir). Deuxième : éteignez votre ordinateur après avoir lu cette brève, arrêtez les jeux vidéo (vous faites surchauffer les serveurs), refusez le bit coin et sa blockchain énergivore, gardez le même téléphone au moins 25 ans, modérez votre pratique du sport (CO2) mais marchez à pied !

* 29 juillet – Climat. Une « certaine presse » se déchaîne contre la jeune Greta Thynberg, depuis qu’elle a eu droit aux ors de la République. Son alerte sur la crise climatique est bien passée dans une large frange de la population. D’autant mieux qu’elle renvoie fidèlement aux prévisions du GIEC, même si ses mots d’ordre égratignent (culpabilisent ?) un peu les générations des parents et des grands-parents. Se retirera-t-elle, sans regret, du « star system » médiatique quand son message se propagera de lui-même ? Ceux qui grincent sont souvent les plus rétifs à agir de façon responsable.

– A Hongkong, la police, les triades et les jeunes s’enferment dans une spirale infernale de violence. Si les étudiants avaient lu le merveilleux ouvrage de Srdja Popovic  »Comment faire tomber un dictateur, quand on est seul, tout petit, et sans armes (Payot & Rivages 2015) », on en serait pas là, mais plutôt dans la phase où l’on délégitimise le pouvoir par l’humour et le spectacle permanent. A Pékin, on attise le nationalisme émotionnel contre les « voyous hongkongais, excités par des étrangers ». Comme un petit avant-goût de Tiananmen …

* 28 juillet – La géopolitique puise parfois aux sources du vice, voire de la vulgarité : prenez les missiles que vient de lancer la Corée du Nord, au-dessus de la Mer du Japon. Un flop absolu, personne n’a commenté ou même remarqué ! D. Trump était bien trop occupé sur son front intérieur : traiter les élus et résidents de Baltimore de « rats dégoûtants », faucher 2,5 milliards $ dans les caisses du Pentagone pour construire son mur anti-latinos, assurer l’avenir de la peine de mort, etc. En stratégie, on ne distingue point « l’universel » de « l’international », du « local »; tout est lié. Dans les démocraties et les démocratures, le fil conducteur est populiste : coup électoral ou culte du Leader. KIM Jong-Un l’a bien compris lui aussi.

* 27 juilletLevée du moratoire fédéral datant de 2003 sur l’exécution des peines de mort aux Etats-Unis. L’attorney general, William Barr, demande l’exécution de cinq condamnés pour des « homicides qui révoltent ou qui musellent », en invoquant son «devoir de respecter les lois au nom des victimes et de leurs familles». Au niveau fédéral (crimes sur des fonctionnaires ou commis dans des réserves indiennes ou zones sous compétence nationale), la peine de mort n’avait été appliquée que quatre fois depuis 1960. Sur les 29 Etats où elle restait pratiquée, quatre – dont la Californie – y ont récemment renoncé et on n’a compté « que » 25 mises à mort en 2018. Alors, pourquoi ? La base électorale de Trump le demande, pardi !

* 26 juillet – Brexit. La guerre des nerfs s’engage sur un ton encore sobre. Devant les Communes, Boris Johnson récuse le « backstop », clause de transition sauvegardant l’ouverture de la frontière inter-irlandaise en étendant l’union douanière sur le R-U, jusqu’à l’entrée en vigueur d’un accord sur les relations futures. Pour lui, c’est seulement dans ce dernier texte que s’organiserait l’unité économique irlandaise et le futur statut douanier séparé du Royaume Uni. Refus d’une renégociation, du côté de l’UE : la période intérimaire ne doit pas permettre l’accès au marché unique en violation de ses règles. Bluff ? A quoi ressemblera donc l’Europe, à compter du 1er novembre prochain ?

* 25 juillet – Selon les paléontologues et sur la base de 700 critères climatiques, notre planète vit sa période la plus chaude depuis 2000 ans et, ce, sur 90 % de sa surface : non seulement le réchauffement climatique actuel est inédit du fait de son amplitude et de sa vitesse, mais il est donc sans précédent de par son caractère universel. Les géopoliticiens ont intérêt à se tourner vers le GIEC avant de nous bombarder de leur littérature prospective !

* 24 juillet – Les députés français approuvent la ratification du traité de libre-échange entre l’Union européenne (UE) et le Canada (CETA), par 266 voix contre 213 (52 « marcheurs » se sont abstenus et neuf ont voté contre). Pas un score triomphal ! Le texte doit maintenant être soumis au Sénat. L’accord, déjà partiellement appliqué, est controversé jusqu’à sa dimension existentielle. Il supprimera certes les droits de douanes sur 98 % des produits échangés et bénéficiera à l’industrie française, mais ses censeurs pointent surtout une menace sur l’écosystème et sur la sécurité des consommateurs. La génération qui a lancé la négociation en espérait une contribution à la paix et à la prospérité. Les experts qui l’ont conclue vivent dans un tout autre monde, inégal, incertain et soumis à la loi des entreprises. On s’y interroge sur le sens écologique du projet, sur l’inscription du traité dans un « modèle global. Cette interrogation est légitime, tout comme le souci de lier les peuples par des échanges reste pertinent. S’il convient de réclamer une nouvelle génération d’accords internationaux », « durables et équitables », il faudra aussi fixer clairement qui en seront les donneurs d’ordre et au bénéfice principal de qui ils doivent agir. Ce n’est plus clair, actuellement. Un consensus public s’impose plutôt que deux décennies de tractations à huis clos, qui ont suscité soupçons et colère.

* 23 juillet – Europe désunie. Boris Johnson adoubé par les militants tories. On respire mal : ça fait un populiste de plus à dicter notre sort. Ceci, dans un pays étendard de l’Occident, de la démocratie et des libertés. Pas vraiment un jour de fête, pour tout dire…

* 22 juillet – Ukraine. Zelensky, un nom à retenir, a fait le grand chelem : présidentielle puis législatives, avec une sorte de parti  »en marche », bricolé avec ses copains. La géopolitique tourne autour de nouveaux personnages, genre Coluche (c’est son cas) ou genre Ubu roi. Qu’en pense Poutine ? Va-t-il faire rentrer au trot ses mercenaires surarmés, chargés de démanteler ce grand pays, en échange de quelques blagues bien tournées ? Surtout, ne rien prédire…

* 21 juilletHongkong. Une foule énorme, venue manifester pour le second jour d’affilée, contre le Gouvernement. La violence a fait irruption, de part et d’autre. L’inquiétude de la population s’accroît, face à la volonté de mainmise de Pékin, qui n’a pas manqué de mobiliser à son profit les partisans de l’ordre.

* 20 juilletLondres exige le retour de l’Iran à la légalité internationale et celui de son pétrolier à naviguer sans entrave, tout en assurant ne pas vouloir exacerber la crise. On se demande si un marchandage sera opéré entre les deux pétroliers arraisonnés, de part et d’autre.

– Une manifestation « monstre » (20.000 personnes), à Moscou, contre l’expulsion des candidats d’opposition au scrutin du parlement municipal.  Auparavant, le Kremlin se contentait d’en piper les résultats. Après 19 ans de « démocrature », ça ne suffit plus.

 * 19 Juillet – Golfe : un pétrolier britannique « confisqué » par les Pasdaran. Si ce n’est pas la guerre, c’est déjà une bataille. Avec quels objectifs ? Stratégiques (faire tomber le régime iranien; bloquer le blocus et les sanctions) ou intérieurs (galvaniser les électeurs ou les franges les plus nationalistes pour s’arrimer au pouvoir) ?

– Boris Johnson, toujours assimilant l’Union Européenne au III ème Reich, sans trop savoir où passent les frontières de l’UE dans les îles de la Manche.  Les atermoiements de la classe politique sur le Brexit écœurent jusqu’aux Britanniques les plus férus de politique, alors que la démission de Theresa May, ressuscite Boris Johnson, en potentiel premier ministre. Parmi les scénarii fous de « Brexit dur », émerge celui d’un grand pays à la dérive, gouverné par le pur hasard. (cf. dans la rubrique philosophie, « la Grande Bretagne au Pays des merveilles » –L’Ours: « mieux vaut rêver de grandeur et de vastes horizons que d’avoir à gérer une déconfiture ».

* 18 juilletBataille ou guerre des pétroliers et des drones entre les Etats-Unis et l’Iran ? A chaque jour, son pétrolier, harcelé ou saisi, et son drone abattu. Le Golfe est devenu une scène de mauvais théâtre et de gros mensonges. Quel est le bâtiment retenu par les Pasdarans ? A qui le drone supposé abattu ? Pour qui les retombées de ces mauvais procédés : pour nous !

*17 juillet – Nième réunion des ministres de l’Intérieur européens sur la coordination des politiques migratoires, sans doute promise à l’insuccès. 125.000 migrants sub-sahariens sont présents en Libye, dont 11.000 sont détenus, torturés et esclavagisés. Environ 70 % de ceux qui parviennent à traverser vers l’Europe se qualifieraient pourtant comme demandeurs d’asile, selon le HCR. L’Agence reconnaît qu’aux mains des quatre milices qui soutiennent le gouvernement de Tripoli, les exilés souffrent un cauchemar. On peut ajouter qu’en Cyrénaïque, l’armée du général Haftar soutient tout autant  les gangs locaux pratiquant la traite humaine.  Mais les opinions publiques de l’UE soutiennent, en majorité, la délégation d’action de l’UE aux gardes-frontières, tout en souhaitant que le flux humain reste bloqué en Libye. Ce, quitte à « humaniser » un peu les conditions de rétention. Une pure illusion, une belle hypocrisie !

* 16 juillet – Selon les agences de l’ONU, la malnutrition progresse à nouveau, depuis trois ans, dans le monde. Elle a même recouvré son niveau d’il y a 10 ans. La faim ou l’alimentation déficiente, touchent 26 % des habitants de la planète (9 %, en Europe),  entraînant leur cortège de maux humains.  Les moteurs de  l’insécurité alimentaire se nomment conflits, dérèglement climatique (sécheresse) et récession économique. Ajoutons-y la mal-gouvernance !

* 15 juillet – Iran-Etats-Unis. Que penser de l’appel de la France, du Royaume Uni et de l’Allemagne à une reprise de négociations entre, ce qu’il faut bien appeler les deux protagonistes de la crise sur le nucléaire et sur Ormuz ? Bien décent et raisonnable, il convaincra la galerie mais pas les intéressés. Trump est trop occupé à insulter les élues démocrates du Congrès et à expulser les émigrés. Les Pasdaran jouent leur avenir aux côtés des mollahs. Il faudrait lancer une fronde contre le rôle de réserve du dollar et exiger des élections libres à Téhéran, déclenchant la levée des sanctions. A moins de ça…

*14 juillet – Extrait du Monde : « une première dans l’histoire du timide contrôle parlementaire des exportations d’armement français, le député de La République en marche (LREM) Jacques Maire, accompagné d’un administrateur de l’Assemblée nationale, a passé deux jours, les 10 et 11 juillet, au Caire à rencontrer des industriels français présents en Egypte, des ONG locales, des responsables militaires français et des parlementaires égyptiens ». On apprend, au passage, que la France exporte en Egypte des systèmes de surveillance des frontières et des populations (comme elle l’a fait en Libye) et que la plupart de nos députés paniquent à l’idée de s’exprimer sur les ventes d’armes hors de nos alliances. Bon courage, M. Maire, la démocratie ne s’est pas faite en un jour, serait-il celui de la Fête Nationale !

– Aujourd’hui, défilent en tête les militaires des pays de l’Initiative européenne d’Intervention. Bien ! Création annoncée pour septembre d’un commandement militaire spatial, au sein de l’armée de l’air et de l’espace ». La nouvelle stratégie spatiale de défense, annoncée en 2018, est prête. Elle répond à un « enjeu de sécurité nationale, de par la conflictualité de l’espace…Elle permettra d’assurer notre défense, de l’espace et par l’espace ». On en est là ! Pour qui a vécu l’époque où la non-militarisation de l’espace était un postulat juridique, c’est un saut dans le vide, que d’autres ont, certes, accompli avant nous. Une force d’entrainement : les entorses au droit tuent le droit.

*13 juillet – Interview du général Lecointre, CEMA, dans Le Monde : « Mes soldats font tout ce qu’ils peuvent pour éviter le pire. Il faut admettre l’idée… que nous ne remporterons jamais une victoire militaire éclatante. Les armées n’atteignent jamais à elles seules un résultat décisif. Leur action permet de maintenir la situation d’ensemble sous un certain seuil de violence, même si des événements horribles peuvent se produire… Si l’on n’admet pas que l’action militaire n’est qu’une partie d’une action politique globale, il est alors vain de faire intervenir nos armées. On ne peut faire peser sur les épaules de nos soldats d’autres responsabilités que celles de la réussite ou de l’échec de leur seul engagement au combat contre l’ennemi. C’est déjà beaucoup ! ». Voir l’article : https://oursongeopolitique.blog/2019/06/25/on-narretera-pas-les-talibans-sub-sahariens/

Hongkong : Nouveaux affrontements entre manifestants et policiers, lors de rassemblements organisés dans la banlieue frontalière. Les Hongkongais dénoncent les commerçants de Chine continentale qui s’approvisionnent hors-taxe dans les pharmacies et magasins du territoire, pour mieux revendre de l’autre côté, sans aucun frais annexe. Un pays-deux systèmes : entre le plus petit et le plus gros : un siphon.

*12 juillet – Golfe. Un pétrolier britannique harcelé au large d’Ormuz, par des Pasdarans iraniens. Londres dépêche une frégate. Washington appelle à la levée d’une coalition arabo-occidentale, pour convoyer les tankers à travers le goulot stratégique. Fait-on revivre l’opération « Earnest Will » (1986-1988), montée contre les mêmes gardiens de la Révolution ? A l’époque, les bombardiers de Saddam Hussein coulaient les pétroliers koweïtiens en bien plus grand nombre (l’efficacité des armes françaises…). Environ 500 bâtiments avaient subi des attaques et un Airbus d’Iran Air avait été abattu (290 morts). Ou est-ce « simplement » une nouvelle croisade sous leadership US ?

 *11 juillet – Libye. La France ne pratique pas les « coups » (tordus) en politique étrangère, on le sait : les quatre missiles anti-char américains retrouvés dans une base des forces du maréchal Haftar étaient bien à elle. D’ailleurs, tout ce qui est à Haftar est bien à elle. Ils étaient là pour défendre nos forces spéciales opérant dans les faubourgs de Tripoli. Mais ces tuyaux de poêle ne défendaient personne, car ils ne marchaient pas. Dans le cas de missiles déglingués, ce n’est pas vraiment un viol de l’embargo sur les armes à la Libye, n’est-ce pas ? Ni même un soupçon de réexportation (missiles-fantômes ou rien du tout, quelle différence ?). Alors, n’allez pas demander à l’Ours ce que les forces spéciales françaises fantômes sont allées concocter dans la bataille de Tripoli !

*10 juillet – Le département d’Etat américain approuve la vente de 108 chars de combat M1A2 Abrams et 250 lance-missiles sol-air à courte portée Stinger, à Taïwan (2,2 milliards $ au total). S’agissant d’équipements défensifs, cela n’affectera pas la prédominance des forces de Pékin, sur le détroit. Mais c’est un rappel de la tentation permanente d’un blocus ou d’une agression contre 28 millions de « compatriotes », censés aimer la même Mère-Patrie et qui, surtout, ont pris goût à la démocratie et aux libertés. Comment ne pas penser aux aspirations identiques des Hongkongais ? Sauf objection du Congrès, le contrat US deviendra effectif sous 30 jours.

* 9 juilletGéopolitique du médoc : 80 % des molécules pharmaceutiques consommées en France sont fabriquées fort loin : Chine, Inde, Etats-Unis. Comme le marché, chez nous, n’est pas très « juteux », alors les médicaments sont livrés ou non, de façon irrégulière, sans soin, à la petite semaine. Les malades français confrontés aux ruptures de stock apprécient. Si les puissances lointaines en question veulent nous dépeupler sans en avoir l’air, ce sera facile !

* 8 juillet – Le premier rapport du Haut Conseil pour le Climat remue le Landernau : la transition exige un changement de modèle économique et social. Article : https://oursongeopolitique.blog/2019/07/08/rapport-du-haut-conseil-pour-le-climat-un-apercu/

* 7 juillet – A Niamey, l’Union africaine célèbre l’entrée en vigueur de son projet de Zone de Libre-Echange Continentale. Le plus grand marché du monde sur le plan démographique… mais, qui consomme à l’international en Afrique ? Le désarmement des taxes reste à négocier. Les échanges commerciaux régionaux sont modestes (15 %). Mais relier entre elles les petites classes moyennes émergentes est, en soi, vertueux.

* 6 juillet – L’Iran annonce poliment la reprise de son programme d’enrichissement d’uranium. A nouveau, il donne deux mois à l’Europe pour rétablir les échanges économiques (mais, le mécanisme INSTEX est-il opérationnel ?) et pour lever, au moins en partie, le blocus américain. On est encore loin du seuil atteint en juillet 2015 (accord de Vienne) : 300 kg de combustible nucléaire enrichi contre 10.000 kg, alors; 3,67 % de degré d’enrichissement, alors que le seuil « militaire » est de 90 %. Téhéran, exsangue sur le plan économique, procède pas à pas, manifestement pour donner une chance à la négociation.

* 5 juillet – A qui sert l’arraisonnement, par Gibraltar, d’un pétrolier (panaméen) affrété par l’Iran, soupçonné d’aller ravitailler la Syrie ? – Accord à Khartoum entre militaires et population, pour un partage du pouvoir (Conseil souverain mixte et gouvernement pour trois ans, les militaires en prenant la présidence pour 18 mois).

* 4 juillet – Moscou rend effective sa sortie de l’accord INF (Intermediate Nuclear Forces) et exclut toute réduction future de son arsenal d’Euro-missiles. Washington quittera à son tour, le 2 août, l’accord de non-déploiement des missiles de 500 à 5000 km de portée. Les estivants européens, égayés sur leurs plages, réaliseront-ils que nous voilà devenus des cibles et otages ? La menace : https://oursongeopolitique.blog/2019/02/04/grand-mechant-coyote-us-et-grand-mechant-ours-russe-fourbissent-leurs-calibres-nucleaires-feu-sur-la-bergerie-europeenne/

– Les élections présidentielles algériennes, improvisées par l’homme fort Gaïd Salah, sont reportées. Le coup de force n’a pas eu lieu.

* 3 juilletBombardement d’un centre de détention pour exilés à Tripoli, par les troupes du « maréchal » Haftar. 44 morts. Les crimes contre l’humanité commis en Libye (partenaire de l’UE pour bloquer tout passage d’exilés) sont-ils imputables sur l’ardoise française (Paris soutient et encadre Haftar) ou sur celle de Bruxelles (qui finance et équipe les garde-côtes de son adversaire, Saradj) ? L’essentiel pourrait être que les morts ne traverseront pas la Méditerranée, pour débarquer chez nous. L’externalisation des flux par l’UE : Ours géopolitique

* 2 juillet – Accouchement aux forceps d’une équipe dirigeante de l’UE. La grande Christine à la Banque centrale, c’est peut-être mieux que de décrocher la présidence de la Commission. Laquelle va à Mme von der Leyen : l’Eurocratie va nous parler de défense (il serait temps). En tous cas, bienvenue aux deux dames ! Charles Michel comme organisateur du Conseil : c’est un ami ! Josep Borrell, haut représentant pour les affaires extérieures, un allié ! Les nominations suivantes donneront d’autres indices de la tonalité future. Croissance, énergie-climat, migrations, on peut espérer des inflexions… faute de ruptures. Les missions : https://oursongeopolitique.blog/2019/05/03/le-choix-du-26-mai-quelles-missions-pour-leurope/

 * 1er juillet – La jeunesse hongkongaise est délogée du « Legco » qu’elle a investi pour dire son raz-le-bol de la main de fer pékinoise pesant sur son avenir. David contre Goliath ! Aucune chance que ça se termine comme dans la Bible.

Retrouvez les brèves d’avril à juin 2019 : https://oursongeopolitique.blog/breves-davant-celles-de-maintenant/

 

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s