1 – Brèves (Le point géopolitique du jour)

* 9 décembreTractations. Journée internationale de lutte contre la corruption. Coïncidence : la Russie dénoncée par le mouvement olympique pour falsification « étatique » de ses contrôles antidopage. Le « super-manipulateur », V. Poutine, rencontre aujourd’hui V. Zelenski, son homologue ukrainien, à Paris, sous les bons offices de Mme Merkel et M. Macron. Moscou veut faire lever les sanctions mais rester au Donbass. Kiev paraît trop fragile pour faire rétablir sa souveraineté. Néanmoins, mieux vaut faire parler les chefs que les canons et l’Europe peut mieux faire que le brutal chantage de D. Trump sur le pauvre président ukrainien.

– Retour (discret) à Paris des onze jihadistes français et familles expulsés par la Turquie.

* 8 décembreConventions de Genève. A Zurich, échange de prisonniers, un contre un, entre Etats-Unis et Iran. Merci à la Suisse. C’est bien une preuve de pragmatisme entre deux Etats qui se considèrent manifestement en guerre.

* 7 décembreTrahisons à la pelle. Le lâchage des Kurdes de Syrie ne suffisait pas. C’est au tour du gouvernement afghan, installé par la coalition occidentale. Lors de son premier déplacement en Afghanistan, D. Trump confirme la reprise des négociations avec le mouvement islamiste afghan.  » Les talibans veulent un accord, et nous les rencontrons ». Quelques semaines plus tôt, Washington avait pris la décision inverse. Le porte-parole taliban indique, pour sa part, qu’il est « beaucoup trop tôt » pour considérer toute reprise des négociations : normal, ceux-ci tiennent le pays, sauf la capitale. La curieuse décision, évocatrice de la fin du Sud-Vietnam, est intervenue la veille de la décision de convoquer, à Oslo, une conférence sur le sort de l’Afghanistan. Devant le président afghan, Ashraf Ghani, médusé, Trump a réitéré sa volonté d’accélérer son désengagement militaire. Le nombre de soldats américains descendra de 13 000 à 8 600, puis..  »on pourra aller beaucoup plus loin ». Un allié et protecteur fiable et conséquent, dans une guerre déjà perdue, il est vrai…

 * 5 décembre – Blabla insipide. Le 70 ème anniversaire de l’OTAN s’achève, près de Londres, sur des conclusions insignifiantes. Mais, au moins, ses dirigeants ont-ils fait allusion à leurs contradictions . L’Alliance conserve-t-elle des valeurs démocratiques communes, une vision partagée des menaces, des règles décisionnelles adaptées ? En attendant, elle empile ses divergences et ses ennemis extérieurs : la Russie de Poutine, les jihadistes, le terrorisme en général … et même la Chine.

Ursula van der Leyen s’inquiète de l’avant- projet finlandais de budget pluriannuel de l’UE. On verdira un peu quelques programmes existants, mais rien qui amorce une transition écologique.

* 4 décembre Agir et laisser causer! D Trump trouve que Macron est « méchant ». S’interroger sur l’objet de l’OTAN serait une grave marque « d’irrespect ». De plus, mal gérée comme elle l’est – du fait du désordre des gilets jaunes – l’économie française  e arriverait à piller fiscalement les autres pays (c’est la taxation des GAFAM) et devrait donc être sanctionnée. Sa pensée pâteuse ouvre à la France une voie pour mettre au débat les finalités de l’OTAN, traditionnellement limitées au seul leadership américain. Nos autres alliés ont été tout aussi contrariés par les propos trop cassants du Président sur la « mort cérébrale de l’OTAN ». Mais D. Trump est manifestement incapable, soit de satisfaire, soit d’étouffer la demande de clarté, qui est réelle. E. Macron gagnerait à moins claironner tout en poursuivant son approche dynamique de façon plus discrète : acquérir une main européenne renforcée sur les moyens de l’OTAN comme sur sa stratégie, mais surtout pas, surtout pas le dire !

* 3 décembreLes Etats-Unis commettent une bourde en menaçant le statut économique privilégié de Hongkong, comme si l’exécutif local était seul et totalement responsable de la révolte dans la population de l’ancienne colonie britannique. Assez naïvement, le Congrès soutient les étudiants, non pas dans leur cause face à l’emprise de Pékin, mais dans leurs actions débridées. Celles-ci, en réponse à une répression sans âme ni sens politique, ont dérapé dans la violence. Ce n’est pas ce qu’il faudrait retenir du mouvement démocratique. Punir Hongkong en ménageant Pékin (Trump marque un respect suspect à l’égard de Xi Jinping), ce serait participer à un transfert de sa substance économique et financière vers Shanghai, Shenzhen (les métropoles « soumises ») et Singapour, la « complaisante ». Pratiquement ce serait faire le jeu stratégique du pouvoir pékinois en neutralisant Hongkong et donc ouvrir la voie à la « reconquête » militaire de Taïwan. Alors que s’ouvre un sommet de l’OTAN, sur fond de « sanctions économiques pour tous », l’Amérique se montre aussi obtuse envers la démocratie en Europe qu’en Asie.

* 2 décembre – Chat échaudé. Le ministère français de la défense renonce à livrer à la Libye les six  vedettes rapides de 12 mètres promises : ne pas rééditer le scandale des armes lourdes françaises utilisées au Yémen contre les populations civiles . En Libye, on trouve des militaires et des équipements français (dont des missiles américains exclusivement réservés aux armées françaises), dans les deux camps de la guerre civile. Nos ingénieurs de l’armement ont bien du admettre qu’aux mains de milices trafiquantes, racistes et esclavagistes, ces navires n’allaient pas servir des buts acceptables. En 2011, la France de N. Sarkozy avait joué un rôle trouble dans le chaos libyen puis sahélien, favorisant la diffusion des armes et de la violence. L’externalisation hors d’Europe du (mauvais) « traitement » des exilés subsahariens atteint une limite.

* 1er décembre –  De profundis. Pour le dictateur Erdogan, c’est E. Macron qui serait « en état de mort cérébrale ». On connaissait des cas de « mort grave » mais celui-là tient bien la forme. De telles outrances sont dangereuses : elles empoisonnent les relations et n’aideront pas l’Alliance atlantique à « ressusciter », éventuellement en laissant la Turquie sur la marge. La Turquie, autant que Trump et Poutine, est d’ailleurs à la source du débat sur la défense européenne. Elles peuvent noircir l’image de la Turquie, en laissant dans l’ombre les millions d’honnêtes citoyens turcs, pacifiques et amicaux, et la compassion due aux  nombreuses victimes d’Erdogan.

 

https://oursongeopolitique.blog/1-c-breves-dhier-septembre-octobre-novembre-2019/?p

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