* 11 janvier – Trump : censure ou procès ?

Les démocrates s’apprêtent à voter une résolution demandant au vice-président de démettre Donald Trump de ses fonctions pour incapacité. Il est moins que probable que Mike Pence coopère de plein gré à cette seconde tentative de destitution de son patron, laquelle, tout comme la première il y a un an, est peu susceptible de recueillir l’accord de 60 % des sénateurs américains. Après quatre années de présidence barbare, s’achevant dans la pure délinquance, plusieurs questions de principe se posent pour remettre les institutions des Etats Unis sur de bons rails et assurer un consensus minimum sur les règles du jeu démocratiques.

Le cadre de la légalité américaine diffère sensiblement des systèmes de pouvoir français et européens. Pourtant, en termes de principes de justice et de jeu politique, ce qui a profondément troublé les Américains pourrait nous affecter tout aussi bien, si la vague populiste devait déferler de notre côté de l’Atlantique, avec la même force destructrice. La prise d’assaut du Capitole n’est d’ailleurs pas si différente de ce à quoi les Français ont assisté, il y a un an, à l’Arc de triomphe de l’Etoile, devant le ministère du Porte-parole ou encore autour de préfectures assiégées (dont une incendiée).
Sanctionner politiquement ou déférer devant la Justice ? Les démocrates de la Chambre des représentants penchent pour une destitution expresse, avec ou sans l’entremise du vice-président. Ils en ont le droit, mais en user est pour le moins paradoxal à neuf jours de la fin du mandat Trump. On est là dans le symbole : une fin politiquement ignominieuse constitue, plus qu’une petite vengeance (compréhensible), un moyen radical d’écarter le milliardaire toxique de la vie politique, à l’avenir. Un point marqué sur l’échiquier politique mais aussi une sanction partisane, qui confortera les 75 millions de partisans de Trump dans un soutien insensé à leur ‘’héros-martyre’’. En tel cas, le mandat de Joe Biden commencerait dans une confrontation sans fin et le soupçon persisterait dans le public, peu indulgent envers Washington, pas trop ému de l’assaut sur le Capitole et, par tempérament, enclin à voir un règlement de compte partisan dans une sanction des élus contre le premier d’entre eux.

Avec sagesse, Joe Biden préfère prendre une certaine distance. Il a confortablement gagné l’élection contre le président sortant et il perçoit désormais son intérêt à  »calmer le jeu’’ pour plus vite réparer quatre années de dégâts. Faudrait-il alors passer l’éponge et renvoyer gentiment le Misanthrope à son golf de Largo del Mar ? Sûrement pas. Parmi ses victimes figure la Justice américaine. Celle-ci est à même de faire la part des actes relevant de ses prérogatives et impliquant son immunité fonctionnelle et, d’autre part, sur plainte des victimes, de ses biais personnels délictuels, ceux l’ayant porté à des transgressions sexuelles, fiscales, à la mise en danger intentionnelles de personnes par discrimination, négligence ou racisme, etc. On dit qu’une douzaine de chefs d’inculpation seraient déjà prêts. Les procès subséquents ne déstabiliseraient pas l’Exécutif qui va se mettre en place et comporteraient des vertus pédagogiques pour les citoyens, souvent moins crispés par l’autorité de Justice que par celle du Congrès. Il faut espérer pour ce peuple divisé que la réparation s’effectuera selon cette voie. Avec toutefois deux questionnements pour l’avenir : cette justice très professionnelle voit sa qualité excessivement dictée par la fortune que les justiciables lui consacrent. Ceci devrait évoluer. La Constitution de Philadelphie et ses amendements accumulent les archaïsmes et les distorsions de représentativité. Que leurs populations se comptent en 100.000 ou en dizaines de millions, chaque état détient de la même façon deux sièges au Sénat. L’élection par blocs régionaux des grands électeurs ne comprend aucun correctif à même d’assurer une concordance avec les intentions de vote individuelles des électeurs. C’est la ‘’question fédérale’’ et elle sape la légitimité des institutions. Ce refus fondateur de considérer le jeu politique comme national et homogène conduit à lui préférer un dédale de procédures locales disparates, dans l’idée que le localisme mettrait le pays à l’abri de la tyrannie. Trump est pourtant la preuve vivante que ce n‘est pas le cas.

* 9 décembre – Chacun pour soi, les riches d’abord !

Le nationalisme vaccinal tant redouté est à l’œuvre et la solidarité face au virus disparait de l’ordre du jour global. ‘’Je veux que les fabricants de vaccins priorisent leurs livraisons et le fassent à travers le programme Covax’’, insiste le docteur Ghebreyesus, de l’Organisation mondiale de la santé. Celle-ci relève que parmi les 42 pays qui ont lancé des campagnes de vaccination massives, seuls six sont de revenu moyen. L’OMS a pourtant garanti au monde émergent deux milliards de doses de vaccins au titre de son programme Covax. Mais ce programme est sapé par les initiatives des pays riches visant à s’approvisionner directement auprès de fabricants, sur lesquels ils disposent de leviers de contrôle. Les pays-membres de l’UE s’étaient pourtant engagés à ne pas faire transaction derrière le dos de la Commission. Aucun engagement ne tient alors qu’ils se retrouvent sur la sellette face à des opinions publics en proie à la panique. De ce fait, mécaniquement, les prix évoluent à la hausse et l’accès se complique pour les Etats moins puissants. Ils seront réorientés au mieux vers les vaccins russe ou chinois. Des surplus de doses sont commandés ou stockés par certains pays riches, ce, jusqu’à la Commission européenne qui entend s’assurer d’une quote-part supplémentaire de 300 millions de doses à prélever sur le plan de production à venir. L’OMS a beau appeler à l’équité et au partage, à son message ne répond qu’un écho vide…

Les experts peinent à évaluer la capacité réelle de production de l’industrie pharmaceutique mondiale. L’heure est à la conquête de parts de marché sur un secteur de consommation qui s’annonce durablement lucratif. De trop nombreux acteurs différents, dont une myriade de sous-traitants soumis à un partage complexe du travail s’y imbriquent. De plus, la concurrence acharnée pour l’accès aux substances actives et aux adjuvants crée de multiples goulots d’étranglement. Ne devrait-on pas partager les formules vaccinales et les rendre génériques afin d’activer les chaines des laboratoires qui n’ont pas sorti leur propre vaccin mais gardent des ressources et une capacité de production inutilisées ? Epineuse question financière, il est vrai. La recherche d’une formule orale du vaccin, particulièrement adaptée aux pays émergents, est, elle, quasiment abandonnée. Plus grave, les perspectives prometteuses concernant l’élaboration d’un traitement curatif du Covid (travaux de l’Institut Pasteur, notamment) se sont perdues dans l’obsession générale pour le préventif. En fait, les médias semblent ne pas pouvoir maintenir l’attention durable nécessaire sur plus d’un sujet. Enfin, on ignore encore si les vaccins sont interchangeables. Pourtant, déjà, certains pays en font le pari. Certains sérums seront efficaces pour traiter les formes les plus sévères, d’autres pour endiguer la contamination, d’autres encore seront adaptés à une catégorie particulière de patients. Mais, alors que l’apparition de souches variantes crée une panique (médiatique), les précautions tendent à perdre toute pertinence. Dans quelques années ou avant, l’on risque de réaliser que la pandémie est restée récurrente au Nord car elle n’a pas été correctement traitée au Sud. La cause : un égoïsme souverain à courte-vue et un déficit d’autorité de l’OMS. Ils confèrent au marché un pouvoir de régulation faussé, inéquitable, inégal.

* 7 janvier – Gilets stars and stripes et combattants de la liberté

La tentation est grande de consacrer cette brève à l’assaut du Capitole par l’équivalent américain des troupes de choc des gilets jaunes. Nous vivons tous sous la même enseigne, celle de la pandémie de populisme. Tous ? C’est faux : aujourd’hui encore, on piétine la liberté de populations qui ont une foi sacrée en elle.

Ainsi, à Hongkong, une cinquantaine de figures de l’opposition prodémocratie a été arrêtée, le 6 janvier, en vertu de la loi adoptée par Pékin sur la sécurité nationale. La ‘’normalisation’’ de l’ancienne colonie britannique est menée tambour battant, avec une dureté comparable à l’après Tiananmen (1989) ou encore aux reprises en main musclées de l’ère soviétique dans le glacis du pacte de Varsovie. A la différence près, néanmoins, qu’il s’agit à Hongkong d’une population née, éduquée et active dans un système d’institutions libres et de droit de type occidental. Ces arrestations collectives sous des chefs d’accusation de sédition sanctionnent rétroactivement les primaires organisées par les démocrates hongkongais, lors du scrutin au Conseil législatif de juillet 2020. Aucune loi ne l’interdisait à l’époque. Au prétexte de l’épidémie, ces élections ont été reportées d’un an, clairement pour se donner le temps d’’’assainir’’ la vie politique (de l’aligner sur la pratique totalitaire du PC chinois). Le vrai ‘’crime’’ est que ces primaires aient apporté la preuve incontestable de l’attachement très majoritaire de la population à la démocratie. On ne pouvait d’ailleurs pas en douter, au terme d’un an de mobilisation civique impressionnante. Depuis sa rétrocession à Pékin en 1997, la ‘’zone administrative spéciale’’ – hors-normes – de la Chine s’accrochait à la promesse faite par Deng Xiaoping de conserver, pendant 50 ans au moins, son propre régime de droit, si peu assimilable à celui du Continent. Cette promesse, inscrite au cœur de l’accord juridique conclu avec le Royaume Uni, a été froidement et brutalement violée et cela reste pratiquement impuni. La guerre contre les libertés a été gagnée et elle est même érigée en modèle. Du fait de son passé colonial, Hongkong est perçue comme ‘’la putain de l’Occident’’ et punie pour ce péché originel. Shenzhen et Shanghai auront vite fait de la dépecer de ses atouts dans l’économie tertiaire.

A part l’accueil de quelques intellectuels ou investisseurs hongkongais parvenus, par leurs propres moyens, sur le sol britannique, Boris Johnson n’en a cure : il a – on le sait – ‘’d’autres chats à fouetter’’. A peine quelques mots désolés, ailleurs, parmi les nations dites ‘’libres’’. Antony Blinken, le futur secrétaire d’Etat de Joe Biden, parle d’une ‘’attaque contre ceux qui défendent courageusement les droits universels’’. Il n’envisage pas d’autre réaction à ce stade. La Chine, ennemie déclarée des libertés, est surtout la meilleure amie du business et de l’idéologie de la croissance. L’époque n’est plus où l’on pleurait le sacrifice de Ian Palach, à Prague, ni celle où l’on exfiltrait (via Hongkong) les jeunes leaders de Tiananmen, qui défilaient ensuite à Paris pour le 14 juillet. Nous avons-nous-même, il est vrai, abdiqué toute une partie de nos libertés.

* 5 janvier – Election, piège à stabilisation

En Centrafrique, comme on pouvait l’anticiper, les élections présidentielle et législatives s’avèrent un vrai naufrage, en dépit d’une participation présumée de 76 % (en fait, de 37 % de l’électorat inscrit). Neuf candidats à la présidentielle saisissent l’autorité en charge des élections (ANE) contre une série d’irrégularités graves ayant entaché le premier tour du scrutin du 27 décembre. La principale fraude tient au recours massif à un mode dérogatoire de scrutin, limité par le code électoral à quelques cas précis (fonctionnaires en mission). La production à très grande échelle de certificats signés par l’ancienne présidente de l’ANE a conduit au de détournement de la loi. Globalement, la moitié de l’électorat a été privé de tout vote direct. De plus, en raison du contexte d’insécurité, à peine une moitié des centres de vote avait pu ouvrir, alors que des groupes armés menaçaient la capitale, Bangui.
L’Autorité Nationale des Elections affirme néanmoins la validité, de l’élection et la victoire, dès le premier tour, du président sortant, Faustin Archange Touadéra, avec 54 % des suffrages. La proclamation des résultats interviendra sous deux semaines. Les opposants dénoncent, quant à eux, une mascarade et demandent à examiner les registres de dérogation tenus dans chaque bureau de vote. Dans ce contexte d’anarchie armée et de violence, on peut en effet s’interroger sur le sens de ces scrutins.

A travers le pays, les combats reprennent un peu partout. Depuis le 19 décembre, une coalition de groupes rebelles, qui occupe les deux tiers du territoire, mène une offensive initialement destinée à perturber l’organisation des élections présidentielle et des législatives mais qui vise désormais plus loin. Les autorités soupçonnent l’ancien président Bozizé d’en être l’instigateur. Dans tous les cas, celui-ci a fait voler en éclats l’accord de stabilisation politique signé par les acteurs politiques en février 2019.Une douzaine de seigneurs de la guerre s’en prend en particulier aux implantations de l’armée centrafricaine. Ils ont notamment saisi la ville de Baboua à la frontière du Cameroun et celle de Bangassou, dans le sud-est. Ces prédateurs tentent désormais d’investir les villes de Grimari, Damara (fief du président sortant) et de Getwa. Beaucoup d’habitants ont du se réfugier en RDC. La MINUSCA parait totalement dépassée par la situation sécuritaire et les Nations Unies, qui ont tenu mordicus à la tenue de ces scrutins, se trouvent prises à leur propre piège.
Depuis 2013, la Centrafrique est ravagée par une guerre civile, après qu’une coalition de groupes armés à dominante musulmane, la Seleka, a renversé le régime du président François Bozizé. La France avait envoyé un contingent militaire dans le cadre de l’opération Sangaris. Celle-ci s’est avéré inadaptée à la reconstruction de l’Etat, prérequis absolu au retour d’un minimum d’ordre. L’effectif militaire été rapatrié discrètement en octobre 2016. Lors des élections, Paris s’est symboliquement contenté de faire survoler Bangui par quelques avions militaires. Comme d’autres pays voisins, le gouvernement de la Centrafrique continue d’échapper à toute légitimité démocratique et à l’état de droit. On n’ose à peine imaginer le boulevard ainsi ouvert aux entreprises séparatistes ou même terroristes. Ce n’est pas un ‘’ventre mou’’ au cœur de l’Afrique, mais un sinistre abcès, porteur de contagion, un vrai virus de la guerre.

* 30 décembre – Cap sur 2021 !

L’Ours n’est pas connu pour sa clairvoyance prospective, même lorsqu’il chausse ses lunettes et savoure à petites gorgées son thé bio. La rédaction du blog est bien consciente que ce serait abuser de la confiance de ses chers lecteurs que de prétendre annoncer 2021 dans les détails. On va se contenter de choses basiques.
Tout d’abord, les paradoxes ont la vie dure. Les peuples souffrent, les dictateurs se décomposent. L’année qui s’en va s’était ouverte sur un grand mouvement d’émancipation des peuples privés de la démocratie. Du Soudan à l’Algérie, de l’Irak à la Thaïlande, ils nous rappellent que ces valeurs européennes de liberté, de représentativité et de justice que nous avons plus ou moins chassées de nos esprits (au profit de la protection et du tout-sécuritaire) restent un phare pour l’humanité. La magnifique résistance de l’Amérique démocrate à la toxicité du mandat de Donald Trump a conduit à une première victoire sur le mal populiste. Joe Biden, dont on attend des myriades de miracles, projette une première lueur d’espoir sur l’an qui vient. En Europe, le soulèvement pacifique du peuple biélorusse contre la tyrannie devrait nous remobiliser solidairement. L’obstacle géopolitique qu’y oppose le Kremlin est pour une bonne part contournable, l’Ukraine et la Géorgie l’ont démontré. De plus, l’humeur n’est plus aux élargissements aventureux de l’OTAN ou de l’UE. La volonté politique, la confiance dans les valeurs démocratiques ont singulièrement faibli dans l’Union européenne, que l’on voit de moins en moins fidèle aux valeurs universelles de la DUDH de 1948. Les ventes d’armes en Arabie saoudite, aux Emirats et à diverses autocraties manifestent un repli mercantile de la politique extérieure. L’absence de réaction forte à l’asservissement de Hongkong, résultat d’une violation patente des traités par la RPC, ne se limite pas, à cet égard, à une décolonisation ratée de plus. C’est un renoncement au droit international et aux droits humains en particulier. Un réveil des consciences est nécessaire et possible, dès lors que la pandémie et surtout l’appauvrissement des économies auront dissipé leurs effets et que nous serons capables de renouer avec nos valeurs intrinsèques.


Constatons pour nous en réjouir que, les autocrates ont encore plus mal géré la pandémie et ses conséquences que les politiciens occidentaux. Ces derniers ont été sauvés par la répartition équilibrée des pouvoirs et par la transparence des affaires publiques, lesquelles ont permis les réajustements et les correctifs indispensables. Lui-même malade, Poutine essaye de cacher l’ampleur de la catastrophe sanitaire russe. Son agressivité guerrière s’en trouve émoussée et il doit compenser en surenchérissant par la cyber-guerre et l’assassinat. R.T. Erdogan ruine son pays en même temps qu’il en décime l’élite. Il a gagné trois guerres contre les Kurdes, l’opposition libyenne de Haftar et l’Arménie, mais il commence à faire patte douce quant à ses prétentions sur les ressources de la Méditerranée orientale, tant l’économie turque se retrouve à bout de souffle. Même Xi Jinping a senti passé le vent du boulet au début de l’épidémie de Covid 19, après qu’on se soit aperçu qu’il avait caché au monde la réalité, telle qu’à Wuhan, pendant au moins trois mois, ce qui n’a pas manqué de susciter une suspicion à l’international. Il est vrai que d’offensives de propagande sanitaire en offensives sur les nouvelles routes de la soie, la Chine a réussi le tour de force opportuniste de s’imposer en moteur principal des affaires géopolitiques du monde. Aux côtés des Ouighours, les Tibétains et les avocats et les blogueurs chinois en paient le prix fort. L’affichage de l’hégémonisme et de la puissance stratégique mettra-t-il en danger l’état de droit et le multilatéralisme que Pékin veut abattre, tout en prétendant y adhérer ? C’est un enjeu sur une décennie entière et il pourra être mesuré dans la croisade mondiale qui s’est mise en branle sur la sauvegarde de la biodiversité et du climat. Bonne Année !

17 octobre – Bonne nouvelle au Liban

Ce blog n’a pas vraiment commenté les récentes reconnaissances diplomatiques d’Israël par les Emirats Arabes Unis et par le sultanat de Bahreïn. On note aussi une mansuétude remarquable de l’Arabie Saoudite, qui ouvre désormais son espace aérien aux vols d’El Al. Tout ce qui va dans le sens d’un apaisement dans le Moyen-Orient incandescent est bon à prendre. Mais, justement, ce mieux intervient dans d’une stratégie électoraliste américaine qui le rend réversible et fragile. Cela se fait, surtout, aux dépens des intérêts légitimes des Palestiniens et, qui plus est, dans une optique de confrontation avec l’Iran. Un mieux ponctuel suffirait-il à compenser une menace sur un peuple et sur la Région ?

Depuis lors, le pays du cèdre et l’Etat hébreu, techniquement en état de guerre, ont entamé des pourparlers sur le tracé de leur frontière maritime et des deux zones économiques exclusives (ZEE). Ces négociations bilatérales se dérouleront à Naqoura, au quartier général de la Force intérimaire des Nations Unies au Liban (FINUL). Elles bénéficient ainsi d’une médiation apportée par les Nations Unies à l’étape initiale d’une normalisation négociée directement entre les deux pays voisins. C’est une première depuis 1983. L’Enjeu de la frontière terrestre, qu’il restera à sécuriser, devrait suivre assez logiquement et concerner plus directement encore la FINUL. En 2011, la diplomatie américaine avait proposé une ligne de partage attribuant 60 % de la zone disputée au Liban et 40 % à Israël. Sous l’influence du Hezbollah, elle avait été rejetée par Beyrouth, qui revendiquait une souveraineté sur les 860 km2 concernés. Il était alors exclu de traiter avec ‘’l’Ennemi juré’’. La guerre menée en 2006 contre l’armée israélienne, avait encore exacerbé ce refus.

Un accord bilatéral désormais possible pourrait débloquer l’exploitation de ces eaux, considérées par Total et par les autres pétroliers comme plus riches en gisements gaziers (et en ressources halieutiques) que la rive Nord de la Méditerranée. L’impatience est d’autant plus forte que les voisins du Liban – Israël, Chypre, l’Egypte, la Turquie et la Grèce – ont déjà pris leurs marques dans la course à l’exploitation du gaz. Pour la classe politique libanaise, conspuée par ses concitoyens, c’est un défi de légitimité à relever, si elle veut redorer un peu son blason.
Contrairement aux arrangements précités avec les pétromonarchies, un succès serait potentiellement profitable aux populations, en termes d’activité économique et de sécurité intérieure. L’aboutissement ultime pourrait prendre la forme d’un Traité de paix en bonne et due forme, qui mette le Liban à l’abri des incursions (dans les deux sens) et des hostilités récurrentes. Le Hezbollah verrait alors ses activités militaires restreintes par le droit. Sauf à se mettre totalement hors-la-loi, sa coopération pourrait desserrer le carcan infamant de ‘’terrorisme’’ dans lequel les Etats Unis l’enferment. Ceci favoriserait d’autan la cohésion politique du Pays et la sortie de crise.

Il faut donc souhaiter bonne chance au Liban et à Israël.

* 13 octobre – To end a war

Brèves des jours précédents

Territoire contesté ou occupé par la force, population minoritaire dans un Etat qui la discrimine s’arrimant à un voisin qui lui est culturellement homogène ; principe d’intégrité territoriale brandi contre celui d’autodétermination des peuples (encore faut-il reconnaître chez soi l’existence de peuples autochtones), le droit international est à court de solutions évidentes aux conflits de nationalités. Or, ceux-ci  sont nombreux et durent des décennies, entrecoupés de périodes de combat et de répits fragiles. Le Cachemire (depuis 1947 !), la Palestine, l’Irlande du Nord, la Bosnie, le Kosovo, la cause kurde en fournissent quelques illustrations.

L’affrontement actuel entre séparatistes du Haut Karabakh soutenus – et même dirigés – par l’Arménie et l’armée d’Azerbaïdjan, plus puissante et sans doute à l’initiative, n’est pas seulement dramatique et militairement sans issue, il est en effet insoluble par le seul recours au droit. Confronter la volonté d’une population à la souveraineté territoriale d’un Etat (on parle bien d’un territoire occupé, appartenant à Bakou) conduit en effet à l’impasse. De plus la géographie de cette partie du Caucase montre des territoires sans continuité, parsemés d’enclaves. C’est l’héritage monstrueux de Staline qui dicte la géographie de la région.

Resterait en théorie l’échange de concessions et une résignation, de part et d’autre, à un compromis mal taillé, en tout cas frustrant. Ceci exigerait un niveau d’accommodement élevé, très déstabilisant pour les pouvoirs belligérants en place.  Otages de la flambée nationaliste qu’ils ont insufflée à leurs bases, ils risqueraient de ruiner, à ce jeu, leur soutien populaire. Ceci vaut pour l’Arménie démocratique comme pour l’Azerbaïdjan autocratique, qu’une ‘’paix des braves’’ exposerait à des retours de flammes. Un autre écueil tient à la fragilité, dans le temps, de tout compromis focalisé sur le seul arrêt des hostilités, perspective qui ne traite pas le problème de fond.

Fatalité supplémentaire, les puissances régionales se mêlent des affrontements, les amplifiant et nourrissant par le truchement de leurs armes, de leurs mercenaires et d’autres apports en renseignement, en propagande, etc. Elles y surajoutent  leurs propres objectifs ‘’impériaux’’. La Turquie s’est mise dans ce rôle inflammatoire. Israël apparaît dans le même camp, en ‘’fournisseur’’. La Russie, en légataire assumé de l’ancien glacis soviétique, fournit, elle, une caisse de résonnance régionale et mondiale qui rigidifie la posture arménienne (son grand ‘’allié’’ rendant inutile une vraie coexistence de voisinage avec l’Azerbaïdjan). Moscou impose une gestion féodale des tensions – de suzerain à vassaux – qui marginalise le droit et sert ses intérêts de Maître du jeu. Poutine n’a d’ailleurs pas vraiment brillé pas ses talents de stratège et de ‘’faiseur de paix’’. Le cessez-le-feu arraché par la diplomatie russe aux belligérants ne s’est pas concrétisé.

Les structures créées sous la détente pour régler les conflits dans la grande Europe – OSCE, Groupe de Minsk s’agissant spécifiquement du Karabakh) – font de la figuration, sans opérer vraiment. Il faudrait faire appel, à nouveau, Richard Holbrooke et aux autres négociateurs de la paix en Bosnie durant la décennie 1990. Certes, ils n’ont que partiellement converti les esprits, mais, 25 ans après, cette paix tient encore !

* 12 octobre – Tous frères

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Qu’est-ce qui pourrait faire renaître un désir universel d’humanité ? Voici une forte réflexion sur le populisme, les marchés et le désordre international. Elle sort des sentiers battus de la géopolitique. Le populisme pose problème, à commencer par sa définition, car il s’oppose à toute fraternité universelle. Agir en communion avec le peuple, en respectant ses caractéristiques et ses aspirations parait, à première vue, légitime. Mais, cet affichage devient malsain dès qu’il est dévoyé par l’habilité de certains dirigeants à instrumentaliser politiquement la culture (au sens large) des peuples au service de leurs projets personnels, d’un nationalisme étriqué ou de leur maintien au pouvoir. Le sens de l’intérêt commun dépérit. Quant au libéralisme économique, il entretient une culture individualiste et naïve soumise à des intérêts économiques effrénés. Il soumet l’organisation des sociétés au service de ceux qui ont déjà trop de pouvoir… et abuse les classes modestes avec des chimères telles que la théorie magique du ruissellement, qui ne résorbe aucunement les inégalités. La politique ne doit pas se soumettre à l’économie et l’économie, aux diktats d’efficacité de la technocratie. Il faudrait rechercher, à l’inverse, une participation sociale, fondée sur un amour préférentiel pour les plus faibles.

Sur cet arrière-plan, on voit la volonté de coopération entre les Etats faiblir et, avec, leur investissement dans le règlement des conflits et dans les coopérations régionales. S’ouvrir au monde est devenu une expression monopolisée par l’économie et les finances. Construire ensemble la Paix et la Justice, l’utopie d’un autre temps. Constatons combien la paix régresse partout et comme la guerre se répand aujourd’hui. Nous sommes en fait plongés dans une troisième guerre mondiale par séquences fragmentées. Dans ce contexte, le principe, longtemps mis en exergue, de la légitime défense par la force militaire devient caduc. Nous ne devons plus penser à la guerre comme une solution. L’utilité hypothétique qu’on lui a attribuée est toujours bien moindre que les risques encourus par l’humanité. N’invoquons donc plus les critères mûris en d’autres temps pour parler d’une possible ‘’guerre juste’’. Plus jamais la guerre ! (Encyclique à la Fraternité et à l’amitié sociale – Fratelli tutti – Pape François, automne 2020).

* 11 octobre – Combattant de la Paix

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Le Programme alimentaire mondial des Nations unies (PAM), créé en 1961 pour lutter contre la faim dans le monde, a reçu le prix Nobel de la paix 2020 pour sa contribution à l’amélioration des conditions de paix dans les zones touchées par les conflits. L’agence onusienne est également distinguée pour avoir joué un rôle moteur dans les efforts visant à empêcher l’utilisation de la faim comme arme de guerre. Cette mention, issue du droit de la guerre (conventions de la Haye et de Genève) vise à susciter une prise de conscience de la sauvagerie montante des belligérants actuels à l’égard des populations civiles .

Pour le directeur exécutif du PAM, l’Américain David Beasley, ce Nobel constitue ‘’la reconnaissance de l’engagement chaque jour, sur le terrain, des 17 000 employés de l’Agence pour éradiquer la faim dans 88 pays du monde (plus de quatre pays sur dix)’’… ‘’Ils opèrent dans les zones les plus difficiles, les plus complexes de la planète, que ce soit à cause de la guerre, des conditions climatiques extrêmes, peu importe…’’ ‘’ Le seul moyen d’en terminer avec la faim, c’est de mettre fin aux conflits ». Ils sont de fait la cause reconnue des famines systémique, celles qui persistent envers et contre tout. Les autres – dont le dérèglement climatique – peuvent être compensées, sinon réglées à la source.

La pandémie de Covid, qui libère les comportements belliqueux, désorganise les économies et rarifie les ressources disponibles ajoute encore à la détresse des victimes désarmées. La plus grande organisation humanitaire, basée à Rome, faisait déjà face à une sous-alimentation chronique, qui, en 2019, a touché, 700 millions de victimes. La récession mondiale risque de pousser vers la faim entre 83 millions et 132 millions de personnes supplémentaires’’, s’inquiète un rapport publié par l’ONU à la mi-juillet. 

La présidente du comité Nobel norvégien, B. Reiss-Andersen, fait valoir que le besoin de solutions multilatérales est ‘’plus visible que jamais’’. Cette année, le choix du Nobel est incontestable et directement corrélé aux efforts pour réhumaniser le monde, protéger l’humanité victimisée, mutualiser la recherche de solutions aux grands défis planétaires. Hommage, donc, au PAM et réinvestissement moral dans le système des Nations Unies

*8 octobre – Rancœurs passéistes

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Un consensus en Europe sur l’Etat de droit ? Non pas, et la fracture qui s’élargit à ce propos entre les ‘’vieux’’ Etats de l’Union européenne et les ‘’nouveaux venus’’ de l’Est est porteuse d’incompréhensions et de crises : ‘’ Je suis un peu perplexe de constater qu’il y a des députés qui osent comparer l’Union européenne à une dictature communiste’’. Telle est l’expérience étonnante, au Parlement européen, du ministre des affaires européennes allemand, introduisant le difficile débat sur les conditionnalités à attacher au versement des fonds du futur budget européen de long terme (2021-2027).

La Pologne et la Hongrie font déjà l’objet d’une procédure de sanction au titre de l’article 7 du traité européen et, en principe, elles sont exposées à des réduction de leurs fonds structurels pour des entorses aux prérogatives de la justice et aux droits humains des minorités. Mais les décisions du Conseil restent en suspens et, en attendant, Michael Roth est la cible d’attaques assimilant la très respectable République fédérale au III ème Reich et à ses horreurs. Pour certains députés polonais, hongrois ou slovaques, le monde d’aujourd’hui reste celui des années 1940. Ceci interdirait, selon eux, à Berlin, de parler au nom des valeurs et des droits humains. Poursuivant plus loin encore ce parallèle populiste très réducteur, ces élus dénoncent dans les institutions de Bruxelles une ‘’nouvelle Moscou’’ et chez leur voisins occidentaux un comportement sans foi ni loi, qui a conduit à les ‘’laisser tomber’’ lors des offensives allemandes de 1938-39.  L’argent n’est pas absent de ces griefs ressassés. Ainsi, quatre-vingts ans après la guerre, le gouvernement de Varsovie réclame, pour prix de ses 6 millions de victimes, toujours près de 850 milliards d’euros à Berlin, soit 100 milliards de plus que le montant du plan de relance européen (750 milliards d’euros) ! La question des compensations avait été en principe réglée, en 1953, entre la RDA et la Pologne, il est vrai. La Hongrie et la Pologne menacent aujourd’hui bloquer la ratification du plan de relance si la clause budgétaire n’est pas strictement limitée au bon usage des fonds , à l’exception de toute question d’éthique démocratique.

On est très loin de l’origine et du sens profond de la construction européenne, laquelle constitue sûrement le plus gros investissement sur la Paix effectué au bénéfice des anciens protagonistes. La RFA y a participé largement pour sa part et la mobilisation exceptionnelle des fonds européens de relance, qu’elle alimente et garantie, devrait être mieux accueillie par nos frères, un peu archaïques, de l’Est.

*7 octobre – Un peuple se bat pour la Liberté

Brèves des jours précédents

Svetlana Tikhanovskaya s’adresse aujourd’hui, en visio-conférence, au Parlement français. Vainqueur du scrutin du 9 août, brutalement privée de sa victoire par la répression déclenchée par A. Loukachenko, elle ne manquera pas d’encourager les élus à intensifier la pression – dont les sanctions – sur le régime barbare régnant à Minsk, qui entend vendre chèrement sa peau. C’est surtout à l’opinion citoyenne que la tête de file du triumvirat féminin s’adresse. Dans le contexte de pandémie, qui favorise peu l’esprit géopolitique et militant, les Françaises et les Français tardent à entendre l’appel de la Liberté en Biélorussie. Le soulèvement du peuple biélorusse entre pourtant dans son troisième mois.

Chaque dimanche, l’opposition, très majoritaire, tient pacifiquement la rue, s’organisant contre les aspects policiers mais aussi professionnels et financiers de la répression. Le Conseil de coordination de l’opposition s’est installé à Varsovie, préfigurant un noyau de gouvernement en exil. Depuis ce point d’appui, ses membres multiplient les contacts avec la classe politique et les associations citoyennes de l’Union européenne. E. Macron a bien voulu avoir quelques mots aimables pour leur cause, en passant par Vilnius. Il s’est même engagé à ‘’faire quelque chose’’ pour les très nombreux prisonniers politiques arrêtés, escamotés et parfois torturés par les spadassins du Régime. Rappelons que Loukachenko s’est longtemps singularisé comme un adepte et admirateur d’Adolph Hitler. Cela devrait suffire à le faire juger mais, par crainte de froisser son protecteur, Poutine, maître du jeu dans cette partie de l’Europe, il n’est même pas visé par des sanctions. Dans ce genre de situation, il appartient aux élus et aux sociétés civiles libres de maintenir la pression. Il doit y avoir un partage des tâches entre les institutions d’Etat qui gèrent la complexité géopolitique et les peuples qui réclament solidarité et justice. On voudrait les entendre plus fort qu’actuellement, malgré la dispersion de notre attention entre la campagne américaine, la Haut Karabakh, le rebond du Covid, etc

* 1er octobre – Sanction de génocide ou maintien de la Paix : au choix !

Brèves des jours précédents

Il y a dix ans, le Haut-commissariat des Nations unies aux droits de l’Homme publiait un rapport Mapping (du nom de la méthodologie appliquée) sur les crimes de guerre, crimes contre l’humanité et faits constitutifs de génocide commis dans le Nord-Kivu (République démocratique du Congo) entre 1993 et 2003. Au cours d’une période couvrant les deux guerres du Congo – dans laquelle se jouait la revanche du conflit génocidaire au Rwanda – 617 incidents ont été répertoriés et documentés dans le détail, par une vingtaine d’enquêteurs indépendants. Jusqu’à neuf armées étrangères et presque la totalité de la classe politique congolaise actuelle y ont été impliquées . Dix-sept ans plus tard, aucun de ces crimes documentés n’a été jugé, impunité oblige. Ceci choque beaucoup de Congolais, mais ainsi va la politique dans ce pays…

Après le génocide des Tutsis de 1994, deux millions de Hutus ont trouvé refuge au Congo, parmi lesquels figuraient des membres des anciennes Forces Armées Rwandaises et des milices Interahamwe, convaincus d’avoir participé au génocide des Tutsis. Une erreur majeure a été commise, consistant à laisser ‘’sécuriser’’ leurs camps jouxtant la frontière rwandaise par des militaires armés. On s’est rapidement aperçu que les réfugiés-hommes y disparaissaient, laissant derrière eux blessés, vieillards, femmes et enfants et, finalement, qu’ils avaient tous été massacrés. C’était au tour des Hutus, restés fidèles à leur communauté pendant le génocide précédent, de subir un contre-génocide de la part des Tutsis. En septembre 2005, les anciens rebelles armés ont été éliminés par des nouveaux, pro-rwandais (Tutsis) et qui sont devenus les ‘’Forces armées congolaises’’ par la vertu des armes. Des fosses communes ont été alors découvertes près de Rutshuru. Militaires rwandais et anciens rebelles de l’Alliance des forces démocratiques pour la libération du Congo (AFDL) de Laurent-Désiré Kabila ont été mis en cause. Entre autres épisodes sanglants, le 24 août 1998, ils avaient massacré, selon l’ONU, plus d’un millier de villageois congolais, dont de nombreuses femmes et enfants, dans plusieurs villages du Sud-Kivu, vraisemblablement en représailles d’une embuscade. Des Oradour sur Glane !

Joseph Kabila, triste ‘’héritier du trône’’, tenait à se faire adouber par les Nations unies et, pour cela, à faire oublier cette décennie d’atrocités. Dans un premier temps, il a donc accepté – à la légère – le principe du rapport que l’ancienne procureur Louise Arbour est venue lui présenter. L’enquête a progressé, la société civile se mettant à parler, mais bientôt des menaces se sont mises à peser sur la mission onusienne avec laquelle Kabila a cessé toute coopération. Un pré-rapport est enfin sorti dans les médias, en août 2010, causant une virulente contre-attaque du Rwanda et d’autres gouvernements. ‘’Si l’ONU publie son rapport outrancier et préjudiciable’’, menaçait Kigali, ‘’nous retirerons nos 3 500 Casques bleus envoyés en maintien de la Paix au Soudan’’. Toujours habile à jouer de la mauvaise conscience internationale à propos du génocide des Tutsis, le président rwandais Paul Kagame, a mobilisé ses soutiens à New York, où beaucoup d’Etats s’étaient déjà ligués contre un précédent rapport Mapping pour des faits identiques exhumés du conflit afghan (impliquant notamment, les Etats-Unis). En fin de compte, le rapport sur la RDC sortira discrètement sur un des sites web de l’ONU. Il n’aura connu aucune suite en 17 ans, donc.

Tristement, l’ONU à Genève s’est heurtée aux humeurs de l’ONU à New York : Droits humains au Congo contre service de la Paix a Soudan. De quoi méditer l’inconsistance du monde.