* 17 mars – Boum, quand votre cœur fait ‘’Boum !’’ (Trenet)

Je crains avoir déjà trop parlé des ventes d’armes françaises aux régimes belligérants du sunnisme. Au moins, du côté chiite, on est à peu près sûr que rien n’est vendu : les Russes s’en chargent. Mais j’avance ce constat un peu à l’aveuglette puisque, fidèle à l’Ancien régime, la France n’autorise aucune supervision des ventes d’armes par son Parlement et couvre ses transactions ténébreuses par le secret Défense (en revanche, équiper des pays alliés et des démocraties ne me pose aucun problème). S’agissant d’une composante de politique extérieure qui engage la responsabilité de la Nation toute entière et sur le long terme, cette singulière exception française au sein de l’Occident implique que pour les beaux yeux de tel ou tel prince du Golfe , ma patrie peut se rendre coupable de complicité de crime de guerre (le cas du Yémen et auparavant du Rwanda), sans l’avoir compris, ni voulu, et que mes compatriotes peuvent être confrontés à des incriminations ignominieuses, voire à la justice internationale, sans aucune possibilité de recours.

Mon député est M.Jacques Maire, le fils du regretté Edmond Maire, secrétaire général de la CFDT, une personnalité attachante qui était populaire auprès des Français. Jacques, aussi, sait montrer du courage, à l’occasion. En novembre, avec sa collègue-députée Michèle Tabarot, il a soumis une motion parlementaire proposant d’instituer une délégation parlementaire permanente aux exportations d’armement, sur le modèle de la délégation parlementaire au renseignement. Avec une (petite) poignée d’autres parlementaires, M. Maire avait obtenu, en préalable, qu’une mission d’information puisse s’enquérir auprès du Gouvernement de la politique française en la matière, sans empiéter bien sûr sur la prérogative décisionnelle de l’Exécutif. A présent, le rapport annuel de deux pages concédé au Législatif en dit moins sur le sujet que les principaux médias généralistes.

En France, les ventes d’armes- légitimes comme sulfureuses – sont le fait du Prince élyséen, au terme d’un processus interministériel tarabiscoté, conduit par les services de Matignon, le Secrétariat général à la Défense et à la Sécurité Nationale (SGDSN) en étant le coordinateur suprême. L’outil dédié en est la Commission Interministérielle pour l’Étude des Exportations de Matériels de Guerre (CIEEMG), laquelle prépare les propositions de décision de façon cloisonnée. On peut avoir rédigé l’avis qui lui est soumis et, ensuite, ne jamais savoir quelle décision aura été prise. Il arrive aussi que tous les services concernés convergent sur un avis partagé mais que le Prince tranche pour l’exact contraire, sans avoir à l’expliquer.

En principe, Paris est tenu par le Traité multilatéral sur le Commerce des Armes et par la position européenne adoptée en 2008. Les principaux critères de conformité concernent le respect des engagements internationaux, celui des droits humains dans le pays de destination finale et celui du droit humanitaire international. Le délit absolu est de livrer des armes utilisables contre les populations civiles, dans un conflit. Justifier son respect du droit ? Ce n’est pas un sujet aux yeux du Ministère de la Défense. Préposée aux slogans creux et à la langue de bois, Mme Parly, la ministre, affirme sans fard : ‘’Nous continuerons de mener cette politique dans le respect le plus strict des exigences, en pleine conformité avec nos valeurs et nos engagements internationaux. Nous ne ferons aucune concession sur ce cadre rigoureux, pas plus que sur l’exigence de transparence vis-à-vis des Français.’’ Heureusement qu’elle parle au futur, parce que , en ce qui concerne le passé et le présent, c’est ‘’circulez, il n’y a rien à voir’’. Au vu des faits constatés un peu partout au Moyen-Orient et en Afrique, on a un mal fou à croire à ce scrupuleux respect des lois si bien proclamé. A écouter les industriels du secteur, c’est plus simple : leurs chiffres d’affaires et leurs profits signifient autant d’emplois pour les ouvriers français, alors, les tergiversations morales…  Cette explication est autrement plus convaincante. De fait, le secret entourant les armes destinées à des royaumes-voyous est essentiellement une affaire de rente interne.

Quant à mon député, qui se démène courageusement sans être aucunement un adversaire du Gouvernement (il appartient même au parti majoritaire), il lui reste ses yeux pour pleurer et sans doute un peu de rage face au mépris qu’on lui oppose. Depuis novembre, il n‘a pas reçu un mot de réponse à son initiative. Sur la question qu’il pose, il a été ‘’politiquement excommunié’’.

* 16 mars – Mauvaise conscience syrienne

Dix ans de guerre, près de 400 000 morts, des dizaines de milliers de disparus, douze millions de déplacés, des centaines de milliers de civils torturés, les hôpitaux et infrastructures bombardés, le pays pour moitié au moins sous la botte de milices barbares et d’armées étrangères – la russe, ses mercenaires Wagner et ses supplétifs chiites, la turque, les jihadistes de toute la région – tout cela ne donne qu’une idée approximative de l’atrocité de la tragédie syrienne. L’huile a été amplement versée sur ce brasier par des acteurs extérieurs. Au départ, il s’agissait d’un rebond pacifique des printemps arabes, avec lequel l’Occident a sympathisé. Une quinzaine d’enfants de Deraa avaient osé griffonner sur les murs de leur école ‘’Docteur (Assad) dégage’’, déclenchant contre eux la cruauté barbare de la dictature.


La répression provoquera une révolution qui s’armera quelque mois plus tard (avec l’aide de l’Occident) mais sera écrasée dans le sang. Les milices islamistes rempliront le vide. Sur son tas de ruines et de cendres, Bachar reste bien vissé au pouvoir, néanmoins sous la haute protection de Moscou et de Téhéran dont il dépend. Les Kurdes ont été lâchés par les Etats-Unis et par la France mais s’accrochent à leur réduit du Nord-Est. Plus à l’Ouest, Erdogan repeuple les territoires qu’il leur a arrachés avec des Arabes ‘’turquisés’’. A partir de 2013, le conflit a acquis une dimension universelle avec le viol de la prohibition frappant les armes chimiques, qui constitue la loi absolue des états. Tout a basculé en 2015, quand l’administration Obama a renoncé – non sans quelque raison – à défendre ses ‘’lignes rouges’’ face aux attaques chimiques des guerriers de Bachar contre Alep et d’autres bastions rebelles. La France n’a pas insisté pour lancer, seule, ce qui ne pouvait que tourner à un embrasement général.
L’embrasement a eu lieu autrement : la Russie de Poutine s’est précipitée militairement dans le vide laissé par l’Occident et avec comme ‘’piétaille’’ au sol, ses mercenaires, les Pasdarans iraniens et diverses milices chiites, elle a rasé depuis le ciel toute trace de vie échappant à la férule de Bachar. Le pays s’est vidé.


Les drames de Hongkong, de Biélorussie et maintenant de Birmanie, l’affaire Navalny, le chaos africain et la résurgence du jihadisme ont fini par nous insensibiliser au drame syrien. La pandémie nous a repliés dans nos coquilles : trop de cruauté, trop de cynisme, trop de souffrance ! Cela nous sature et nous contraint à lâcher prise. Après tout, nous sommes des êtres humains, pas des géopoliticiens blindés et sans âme.
Le droit ne sauve pas les vies, mais il permet, bien après la bataille, de régler les comptes de la Justice. La CPI et bien d’autres juridictions accumulent les preuves et instruisent des mises en accusation contre Bachar et d’autres acteurs. En Russie, trois ONG (dont le renommé groupe ‘Memorial’) ont déposé plainte contre les tueurs de l’organisation Wagner, sur la base de films prouvant que ceux-ci se sont rendus coupables de tortures et d’exécutions atroces. Nous devons nous en remettre aux juges, quand bien même ceux-ci ne seront entendus qu’au lendemain du conflit. Nous n’avons presque rien fait pour faire taire les armes, alors, au moins et sans grand risque, apaisons nos consciences, de cette façon !

* 13 mars – Back to the universal jungle

‘’America is back’’. Célébré de toutes part, le retour au monde des Etats Unis, sous le gouvernement de Joe Biden est, certes, réjouissant, mais l’état du monde ne suit pas les hauts et les bas de la politique américaine. Le monde se replie sur ces égoïsmes nationaux et, depuis l’attentat de Manhattan, le multilatéralisme décline. Le retour de la plus grande puissance dans les instruments du droit international ne constitue donc pas une assurance que le droit va désormais primer sur le désordre général des relations entre Etats. Réintégration de l’accord de Paris sur le climat et d’organisations internationales, telle l’OMS, tentatives de relance de l’accord nucléaire à six avec l’Iran, prolongation de l’accord de 1987 sur les arsenaux nucléaires russe et américains, recours à des forums régionaux, tels l’OTAN ou le Quad, pour stabiliser les points chauds du globe, tout cela est bel et bon mais ne va pas pour autant enrayer l’inexorable déclin du multilatéralisme et encore moins assurer la paix et le développement universels. Et pas même suffire à surmonter collectivement le Covid ou le dérèglement du climat. On doit malheureusement se rallier au constat dressé sur le sujet par la revue Questions internationales dans un récent dossier.


Les grands traités universalistes signés depuis le début du 21ème siècle, tels la COP21 sur le climat (2015), le traité sur l’interdiction des armes nucléaires (TIAN) de 2017, le pacte mondial pour les migrations (Marrakech, 2018), ont été élaborés sur des principes très louables. Pourtant leur proportion de ‘’wishful thinking’’ (méthode Coué) qu’ils recèlent s’accroît sans cesse aux dépens de leur opérabilité-même. Les objectifs nobles et les recommandations de bon sens n’ont plus beaucoup d’influence, quand les parties signataires sont ‘’invitées’’ et non plus ‘’obligées’’ de s’engager dans l’action concrète. Le multilatéralisme s’est adapté à sa propre érosion. Il se fait désormais léger et superficiel. Il vise plus à rebooster le moral des honnêtes gens épris de paix et de justice qu’à édicter des normes de portée générale. La raison en est bien sûr qu’il faut taire l’épidémie de défiance et de chauvinisme dénaturant les Etats, cause première de l’impotence de ce que certains veulent encore désigner comme ‘’la communauté internationale’’. Washington – comme Paris – ont bien conscience de cette réappropriation du monde par les nationalismes, qu’ils soient isolationnistes, identitaires ou hégémoniques et, d’ailleurs, les capitales occidentales n’en sont pas elles-mêmes exemptes. La machinerie onusienne et son secrétaire général subissent, à leur cor défendant, leur dépossession et en plus, ils en sont rendus coupables par les opinions populistes. Le Covid-19, qui confronte l’humanité entière, au même moment et à la même menace, exigerait une réponse globale. Mais la pandémie n’a pas eu le pouvoir de remettre à flot le multilatéralisme. Aucun conflit n’a été  »gelé » par la crise sanitaire. Pas plus que l’invocation de la Déclaration universelle des droits de l’homme, l’un des piliers absolus de l’ONU, ne parvient à faire sanctionne les pratiques les plus inhumaines et les plus condamnables des Etats, petits ou grands. Depuis quatre décennies, les égoïsmes des ‘’Grands’’ comme ceux des ‘’Moyens’’ bloquent toute révision de la Charte des Nations-Unies et privent de légitimité le Conseil de sécurité dans son rôle de régulateur de la Paix. La règle égalitaire de cette institution – un siège une voix – comme le rôle de tuteur du monde accaparé par les Cinq puissances permanentes détentrices du véto ont créé tant d’impasses, de frustrations et de petites vengeances que les mécanismes de résolution des crises ne fonctionnent plus. L’universalisme garde une triste chance : celle de se réaliser dans la Loi de la jungle.

* 12 mars – Flash-back sur Brasilia

.En Europe, on pense pouvoir comprendre le Brésil, cet enfant du soleil sud-américain et des aventuriers portugais. Avant sa chute ignominieuse et largement téléguidée (à la fois), sur une triste et banale affaire de corruption – la société pétrolière Petrobrazil et ses affiliés du BTP ayant largement ‘’servi’’ la classe politique – Luiz Inacio Lula da Silva y était particulièrement populaire, à la fois pour ses origines prolétaires authentiques et pour ses programmes sociaux, qui changeaient la face et la vie du Brésil pauvre, ultra-majoritaire. Mais le leader historique de la gauche brésilienne a été condamné pour corruption à plusieurs reprises et à des peines jusqu’à 12 années de détention, sous l’étendard de la campagne Lava Jato. Il a dû passer cinq cent quatre-vingts jours en prison, entre avril 2018 et novembre 2019. La droite exécutive et parlementaire a poussé son avantage en forçant, en 2016, la destitution de sa dauphine et successeur, Dilma Rousseff, sur un chef d’accusation ténébreux de mauvaise tenue de statistiques. Elle règne depuis sans partage sur les institutions et les destinées du pays, c’est-à-dire en déni des besoins des pauvres, de leur sécurité, de la santé publique et de l’écosystème. Un désastre que traduisent toutes les statistiques, en particulier celles du Covid (près de 300.00 morts). Le visage derrière ces maux est celui du ‘’meilleur’’ disciple de D. Trump, le très cynique Jair Bolsonaro. Or, tout peut changer dans les 18 mois …


Le 8 mars, un juge du Tribunal Suprême Fédéral a, en effet, annulé quatre condamnations de l’ex-président de gauche, portant sur de présumés pots-de-vin immobiliers. Les irrégularités qui avaient altéré ces jugements conduisent à la levée de toutes les condamnations, le tribunal de Curitiba (sud), n’ayant pas été compétent, à l’époque où il a jugé ces affaires. En même temps que la liberté, Lula recouvre donc ses droits politiques, sans être totalement blanchi sur le fond. La décision prise par le juge Fachin pourrait encore être soumise à réexamen si le procureur général de la République, Augusto Aras (nommé par Jair Bolsonaro) l’exigeait. Lula pourra-t-il prendre part à l’élection présidentielle de l’automne 2022 ? La gauche mise sur lui et rêve de sa victoire contre Bolsonaro. A 75 ans, l’ancien métallo, syndicaliste puis président (2003-2011), est prêt à rebondir en politique. Selon les sondages, 50 % des Brésiliens seraient prêts à voter pour Lula en 2022, contre 38 % pour l’incombant.


Certains commentateurs locaux estiment que la remise en scelle de Lula ne procède pas de motifs purement juridiques, mais d’un mouvement de fond politique et de l’opinion. En termes plus clairs, le catalyseur en serait l’épreuve de force que traverse aujourd’hui le Pouvoir judiciaire face à l’Exécutif. Le Tribunal suprême a initié plusieurs poursuites contre des proches du président Bolsonaro. Ce dernier contrattaque durement et s’efforce de museler la Justice. En mai 2020, il aurait même décidé de faire investir le Tribunal suprême par la troupe, pour destituer les juges. Il s’est ravisé au bord du gouffre. Il ne s’est pas moins dévoilé comme un ennemi des institutions démocratiques. La Justice brésilienne n’est peut-être pas uniquement préoccupée de droit. Mais si c’est pour protéger la démocratie (je ne finis pas ma phrase)…

* 05 mars – Big Brother mange Hongkong

Moins d’un an après avoir imposé à Hong Kong sa loi sur la sécurité nationale, Pékin poursuit la destruction du statut de la Zone administrative  »spéciale », tel que garanti par l’accord de 1994 avec le Royaume Uni, ratifié par les Nations Unies et plébiscité par les manifestations monstres de la population. Les chambres législatives du Régime (Assemblée Nationale Populaire et Conférence Consultative Politique) tiennent leur grand-messe annuelle, l’occasion idoine pour s’attaquer au système électoral  »privilégié » de l’ancienne colonie. Cette charte de gouvernement était le dernier vestige restant de l’engagement solennel de la faire cheminer vers la démocratie (suffrage universel) contenu dans l’accord de 1994 avec Londres et amorcé avec la dévolution de souveraineté à la Chine, en 1997. Malgré sa spécificité, son aura internationale et le haut niveau d’éducation de ces citoyens (ou plutôt à cause de leur conscience politique affirmée), Hongkong en sera frustrée. Cette mise à mort de l’autonomie s’effectue par abrogation de la Charte de gouvernement et le transfert du pouvoir exécutif à des « patriotes », serviteurs inconditionnels du Parti-Etat pékinois. Opportunistes ou stipendiés, ils n’agiront que sur les ordres de Xi Jinping. Hongkong a changé de maître mais elle revient à son statut de colonie d’antan, sous un joug beaucoup plus durable, proche et inhumain. Dans la Chine actuelle, aussi bien des campagnes sous-développées comme celles des Ouïgours du Turkestan oriental (cf. brève de mercredi) que des foyers religieux (Tibet) ou une métropole de service ultrasophistiquée sont bons pour une forme ‘’moderne’’ de l’esclavagisme. Un petit blog à deux sous peut le dire facilement mais les responsables des pays démocratiques craindraient trop de s’exposer à un déluge de rétorsions économiques et diplomatiques en validant ouvertement ce lamentable état de fait.

* 03 mars – Les Ouïgours en proie à l’ordre colonial

Depuis 2017, une campagne de long terme est conduite par les autorités chinoises contre la minorité ouïgoure du Xinjiang (Turkestan chinois). Les rafles se multiplient pour les regrouper dans des camps d’internement. A partir de documents administratifs chinois, une étude du chercheur allemand, Adrian Zenz, examine les déplacements forcés imposés aux jeunes ruraux turcophones. Il met en lumière un plan colossal de construction de camps d’internement, servant, entre autres, à l’utilisation massive de cette main d’œuvre captive pour la cueillette du coton. Le Xinjiang en fournit 20% de la production mondiale. Plusieurs formes de contraintes, proches de l’esclavage, sont recensées :
-Considérés aptes à rejoindre la ‘’vie normale’,’ les éléments ‘’déradicalisés’’, (‘’diplômés’’, en terminologie officielle) ne sont pas libérés mais affectés sous régime disciplinaire, dans les usines voisines ou dans les fermes d’Etat pour être exploités à la récolte du coton.

-Par ailleurs, nombre de jeunes chômeurs (‘’main-d’œuvre surnuméraire’’) du Sud de la Région sont recrutés et formés en vue de leur placement direct dans les usines, au Nord . Une fois ‘’diplômés’’, les jeunes auront été enrégimentés : ils ne reviendront plus dans leur famille. Selon la recette, la ‘’rééducation’’ commence par séparer les enfants de leurs familles pour les acculturer complètement.

-Les éléments ‘’suspects’’, dont on n’a pu rectifier la pensée, sont repérés par la surveillance vidéo et des algorithmes d’interprétation des comportements. Ils restent en détention et risquent la torture.

Pour A. Zenz, ces transferts massifs ne visent pas, au premier chef, à traiter la pauvreté du Sud-Xinjiang, mais d’abord à réduire la densité et la cohésion des Ouïgours dans leur berceau historique, puis à canaliser un néo-prolétariat discipliné dans les entreprises d’Etat. Ces traitements répondent à la définition du travail forcé adoptée par l’Organisation internationale du Travail (OIT). De 1,6 à 1,8 million de jeunes Ouïgours ruraux seraient visés par cette ‘’ingénierie démographique’’.

-Dès 2017, Zenz avait également signalé la campagne de réduction forcée de la natalité ouïgoure – stérilisations et avortements forcés, obligation de port du stérilet – conduisant certains juristes à dénoncer une forme de crime contre l’humanité. Ce régime combiné de travail forcé et de dénatalisation aboutit, en effet, aux yeux du chercheur, à une opération de destruction, en tant que telle, de l’ethnie ouïghoure.


Les déviances de la politique chinoise des minorités évoquent étrangement celles de l’anthropologie coloniale dans les empires du siècle dernier. Mépris socio-racial, exploitation économique forcée de la main d’œuvre dans les entreprises des dominants, assimilation des enfants par déracinement géographique, obsession de répression politique et culturelle des éléments ‘’pensants’’, la Chine au Xinjiang évoque les pires recettes de la France coloniale comme d’autres puissances impériales. Depuis 1949, la Chine, par contraste avec l’Occident, n’a rien appris, car la politique n’y laisse aucun interstice à la conscience éthique. L’introspection est interdite, réprimée et quasi-inexistante. Les Mandchous, qui ont dominé l’Empire, du 17ème au 20ème siècle, ont optiquement disparu, totalement assimilés aux Hans. Aucune trace de leur langue n’a subsisté. Les Tibétains résistent en s’accrochant à leur religion. Leur région n’a pas d’usine où les entasser, mais ils n’en ont pas moins perdu tout contrôle de leur économie et de la vie dans les villes, dominées par les colons. Les Mongols, ethnie écartelée entre Chine et Mongolie, ont renoncé à leur unité. Leur culture survit difficilement. La révolte des Ouïgours a poussé quelques-uns d’entre eux vers le jihad. De quoi inquiéter à Pékin. Mais, en voulant les réduire par la force, Pékin s’aliène le monde turc et s’expose à la colère de l’Umma. Une décolonisation n’est pas concevable sans éveil démocratique.

* 01 mars – Printemps maudit des peuples

Il y a quelques jours, une brève interrogeait : comment se dit ‘’Tiananmen’’ en Birman ? » En fait, cela se dit ‘’Tiananmen’’, mais au pluriel (sans ‘’s’’, néanmoins). On en est arrivé à une tuerie au quotidien, dans les villes comme dans les zones de minorités de Birmanie. La troupe des narco-généraux a choisi les grands moyens pour se débarrasser de la résistance populaire. Déjà, en 1988, mais cette fois, le soulèvement appelle à chasser les putschistes et à rétablir une ‘’démocratie à la birmane’’ avec Aung San Su-Kyi à sa tête. Nous vibrons de sympathie et d’émotion. Mais que faire ?

Depuis deux ans, les Algériens veulent rompre avec un régime vaguement cousin de la junte birmane (opium en moins). Le Hirak tourne en rond et n’a pas de prise sur les tenants du pouvoir. Que dire du Liban ? La dénonciation du communautarisme politique, des clans de profiteurs corrompus, de l’effondrement des services publiques, de la monnaie et de l’économie, etc. butte durablement sur le Hezbollah armé, le refus de toute réforme, les rentes personnelles. Le président français s’y est cassé les dents. Allons donc voir à Hongkong où 46 militants non-violents sont inculpés de ‘’subversion’’ au nom d’une loi de sécurité nationale qui n’a d’autre justification que la dictature et l’arbitraire du ‘’Parti’’, un Parti-Etat totalement étranger à l’histoire et à la culture locale, qui écrase des citoyens non-électeurs et viole toutes les garanties du Droit. Comment se dit ‘‘Tiananmen’’ en cantonais ? Il y a aussi A. Navalny, éloigné dans une de ces colonies pénitencières atroces, qui incarne la continuité d’avec le Goulag soviétique. Le réveil lent et timide de la conscience citoyenne russe est observé, mais pas accompagné. Tout le monde a peur de V. Poutine. D’ailleurs, depuis août, la courageuse ‘’révolution des femmes’’, en Biélorussie, frappe à toutes le portes de l’Occident en quête de soutiens contre ‘’l’ogre’’ Loukachenko. Elle reçoit des tonnes de sympathie, mais le Covid est passé par là. Il tue plus que les fusils de la soldatesque, que les tortures, l’enfermement, la Sibérie, etc.

On ne parle plus d’’’après la pandémie’’, on subit, on se terre dans le court terme immédiat. Pour nos santés, la remise en selle des économies, la confrontation au dérèglement du climat, aucun plan, aucun schéma ne nous sortira de là un jour, si nous délaissons les fondamentaux planétaires de la justice, de la démocratie et des droits humains. Ils sont l’amont de la Paix et le prérequis de toute politique durable et efficace. Tiens ? L’Ours se ferait-il un peu prédicateur ?

* 28 février – Majesté, votre fils, cet assassin…

Le coup de fil de Joe Biden au roi d’Arabie Saoudite a quelque chose de réconfortant. Nul ne doutait un seul instant que Mohammed Ben Salmane avait bien commandité la mise à mort horrible du journaliste (proche de la famille régnante) Khashoggi, dans les locaux du consulat d’Arabie à Istamboul. Mais publier le rapport très explicite de la CIA, qui ne laisse aucun doute là-dessus, en l’accompagnant d’un aimable boniment au père, voilà qui a de la classe… et du fond ! Washington avait déjà, dans les jours précédents, ‘’coupé le robinet’’ des armements utilisés dans le conflit yéménite, autre caprice sanglant du fougueux MBS, cette réincarnation en pire du jeune Abdallah des aventures de Tintin (il débarque à Moulinsart et se met immédiatement à torturer l’impavide maître d’hôtel, Nestor, en mentant effrontément). Le wahhâbisme et les féodaux qui font subir leur délire à la planète n’ont plus la cote à l’international, même si, pour limiter la crise bilatérale, le secrétaire d’Etat, A. Blinken, concède mollement qu’un partenariat arabo-américain se maintient en mode mineur. Le pétrole n’en est quasiment plus la dominante et le renseignement, même s’il était prolixe, serait d’une fiabilité douteuse. Les bases militaires sont d’utilisation moins libérale que celles de Bahreïn et du Qatar. Reste la précaution consistant à ne pas (trop) déstabiliser la dynastie antipathique des Saoud, pour ne pas provoquer une révolution de type ‘’république Islamique’’, à Riyad, en version sunnite. Biden a agi très fort, mais il ne peut se permettre d’aller jusqu’à sonner le branle-bas au profit des nombreux ennemis musulmans de ce régime, à commencer par l’Iran, qui ne rêve que d’abattre les gardiens de La Mecque. Le Moyen Orient est déjà assez incandescent tel que. Les droits humains peuvent y gagner si la ‘’khashoggisation’’ (inventer un terme stigmatisant coûtant moins cher que d’envoyer la troupe) des régimes voyous s’établit, crise après crise, comme une norme. Les Etats-Unis ont franchit un pas dans la bonne direction, mais ils ne sont malheureusement pas près de passer la main à la Cour Pénale Internationale, qu’ils ne reconnaissent pas (ni les états du Moyen-Orient, d’ailleurs). Ce serait peut-être à l’Europe d’assurer la suite, bien qu’elle ait manifestement la tête ailleurs.

* 26 février – Du juridique dans le gaz

L’accord de Paris sur le climat serait-il hors-la-loi ? Depuis décembre 1994, la question se pose, celle du droit à discriminer les énergies fossiles et les entreprises énergétiques qui investissent dans les émissions de CO 2. Le privilège de ‘’faire son beurre’’ tout en augmentant le dérèglement climatique avait été sanctifié, gravé dans le marbre vingt ans avant l’impératif urgent de faire le contraire, tel que consacré par la COP 21. Instaurer des politiques climatiques et limiter l’augmentation planétaire de la température à deux ou trois degrés avant la fin du siècle revient à contrevenir au droit. L’instrument juridique tordu qui donne le pas au profit des investisseurs dans l’énergie (propre ou sale) sur l’urgence ressentie par l’humanité s’intitule ‘’ Traité sur la charte de l’énergie’’. Il est entré en vigueur en 1998, a été ratifié par 53 Etats et garantit aux géants des énergies fossiles que les fonds qu’ils y consacrent seront bétonnés dans la durée. Celle-ci est d’au moins vingt ans après sa dénonciation, pour les Etats qui – comme l’Italie en 2006 – sortiraient du Traité. Tout différend est soumis, à cet effet, à une cour d’arbitrage d’arbitrage privée. Aux termes de cette procédure  »de marché », toute firme s’estimant lésée pourra se faire accorder par l’Etat qu’elle incrimine, des dédommagements considérables (en milliards d’€uros), quel que soit ses dommages à l’environnement et à la santé publique. Rien de mieux pour dissuader les gouvernements d’instaurer des politiques climatiques volontaristes. L’Allemagne et les Pays Bas, qui ont tenté un réajustement de leur mix énergétique, s’y sont cassé les dents. Une entreprise française, Vermillon, dénonce la – peu hardie – stratégie française en Conseil d’Etat et tente d’opérer un blocage. On marche sur les mains !

Ce Traité méconnu est un pur produit de l’idéologie américaine de dérégulation des années Clinton et Bush, époque où la liberté absolue des marchés valait panacée pour assurer l’optimum économique et corollairement, l’intervention étatique dans l’économie constituait le mal absolu. Pressions ou effet de mode, l’Europe a malheureusement adopté ce mode de raisonnement aux effets désastreux. La France a très discrètement ratifié le traité, sous la cohabitation Balladur. Le TCE peut inhiber efficacement la lutte contre le réchauffement climatique en la rendant contestable, plus coûteuse, et judiciairement risquée. Ses mécanismes exposent à des dédommagements conséquents les gouvernements qui tenteraient d’interdire des projets de forage ou d’extraction minière en revenant sur des contrats signés. Au sein de l’Union européenne, le TCE ‘’blinde’’ près de 350 milliards d’€uros d’investissements (le double du budget annuel de l’UE) dans les infrastructures fossiles. Ce, pour une part majeure, au Royaume Uni et en Suisse. Les trois quarts concernent le gaz, le pétrole et l’industrie du pipeline. En théorie, les énergies renouvelables bénéficient de la même protection mais dans la pratique aucun recours n’a été fait les concernant. Comment les signataires de l’Accord de Paris ont-ils pu oser crier victoire, sachant tout cela ?

* 24 février – Dix ans en Libye, sans alibi

La tentative manquée de printemps libyen a aujourd’hui dix ans. La France avait cru ou feint de s’y investir en se portant au secours de la population de Benghazi, assiégée par les tueurs de Mouammar Kadhafi. Le sauvetage a été éphémère mais, en violation du mandat qu’elle s’était fait donner par les Nations Unies, ses avions de combat ont guidé les milices hostiles au dictateur jusqu’à celui-ci, caché dans une conduite en béton. Le régime s’est effondré avec son chef et une anarchie sanglante s’est installée en Libye. L’intervention de l’Otan, voulue par Paris et par Londres, a multiplié les frappes, sans assurer parallèlement aucun processus de reconstruction politique. Une décennie plus tard, le pays se débat toujours dans une guerre civile de type féodal, qui semble interminable. Divisée d’est en ouest, la Libye possède deux armées, deux banques centrales et deux parlements rivaux. Elle compte quelque 3000 milices armées qui pratiquent le pillage des ressources pétrolières et font régner la loi des bandits. De l’anarchie civile initiale, on est passé à un conflit par proxies, attisé par des puissances régionales assujettissant l’une ou l’autre des parties libyennes à leur hubris géopolitique. Pas de quoi pavoiser !

La France, par ses choix contradictoires (soutenir militairement les deux camps belligérants) et opportunistes a, elle aussi, contribué à la « décennie noire » vécue par les Libyens. Elle se dégage tardivement d’un bourbier d’interférences dans leurs luttes intestines, après s’être durement accrochée à la Turquie… et à l’Italie. Pour oublier ses errements, Paris s’en tient à une grille de lecture simplissime : l’islamisme, c’est le jihadisme ennemi et celui-ci, où qu’il soit sur le globe, ne poursuit qu’un but unique : commettre des attentats dans le ‘’nombril du monde’’ français. La même approximation règne d’ailleurs sur l’effort stratégique entrepris au Sahel, qui vise à protéger la France, pas vraiment les Africains. L’autre miroir simplificateur est celui des migrations : les pirates libyens nous aideraient en incarcérant les exilés. Les victimes de la crise syrienne ont payé cher le prix de ces errements libyens, sous la forme d’un blocage de tout règlement, à New-York : la Russie comme la Chine, échaudées par la crise précédente, ont trouvé motif ou prétexte à récuser des initiatives occidentales, soupçonnées d’objectifs ‘’cachés’’. Le coût de ces intrigues a été porté par une seconde population, plus proche encore de la France, qui a été, par le passé, la puissance mandataire de ce pays.


Saura-t-on jamais si Kadhafi a été exécuté de façon extra-judiciaire pour des contributions en cash très embarrassantes à la campagne présidentielle française de 2007 ? L’anarchie et la guerre ont effacé bien des pistes d’enquête. Au terme de deux guerres civiles, en 2011 et 2014, puis de la défaite de Khalifa Haftar, en 2020, après 14 mois de combat, la Libye vit une précaire accalmie des combats, mais sans rétablissement de la paix, de la justice ni de l’économie. L’ONU y a laissé une part de sa crédibilité. Toute à son insouciance et à sa pratique autocratique de la politique extérieure, la France, ne s’introspectera pas.

*12 février – L’internationale des ennemis du peuple

Le Conseil des droits de l’Homme de l’ONU tient une session extraordinaire sur la Birmanie. La position de Pékin et de Moscou, supports habituels de l’armée birmane aux Nations unies, sera observée de près. L’engagement rétabli des Etats Unis pour les droits et la démocratie va conférer une résonnance nouvelle à ces travaux. Ils revêtent en effet une dimension de test géopolitique Est-Ouest. Pour le monde émergent, bien que les turpitudes des militaires birmans restent une source d’embarras, l’appartenance de Naypyidaw à l’ASEAN, un groupe régional respectable, paraît à beaucoup une garantie suffisante.


Les militaires putschistes de Birmanie ont ‘’levé la punition’’ de quelque 23 000 détenus, à l’occasion du Nouvel An lunaire. Il est très peu probable que cette amnistie coutumière, destinée à délester les prisons surpeuplées une fois par an, concerne également Aung San Suu Kyi, la cheffe du gouvernement et ses collaborateurs renversés par eux, ni les élus locaux de la Ligue Nationale pour la Démocratie. La peur s’installe dans la population, alors que la police tire désormais sur des manifestants. Bien qu’en nombre moins important depuis l’interdiction de rassemblement, l’état d’urgence et le couvre-feu, les Birmans descendent dans la rue. Ils exigent la libération des détenus politiques, la fin de la dictature et l’abolition de la Constitution de 2008, taillée sur mesure pour l’armée. Les fonctionnaires entament une forme de résistance passive qui irrite au plus haut point le général Min Aung Hlain, patron de la junte.


En Biélorussie, le dictateur fanfaronne devant un parterre de 2700 fidèles en uniforme vert. Le scénario est à peine différent : les élections ont été, là aussi, confisquées et le peuple est sorti, de la même façon, protester contre la dictature. « Tout dépendra de notre unité avec la Russie. Nous pourrons assurer la stabilité de nos (deux) pays seulement si nous sommes unis », déclame Alexandre Loukachenko. La « blitzkrieg »’ de l’Occident a échoué à renverser la situation  »en utilisant la Biélorussie comme un tremplin d’attaque contre Moscou ». De fait, les démocraties ont tergiversé et se sont contentées de bonnes paroles. A Moscou, le régime fustige les défenseurs d’Alexeï Navalny taxés d’être manipulés par l’Occident. A Pékin, la fureur gronde contre les Etats Unis et leurs alliés, qui osent poser à l’ONU la question de l’enfermement des Ouigours du Xinjiang. A Djeddah, la haine sourd silencieusement contre l’initiative américaine de  »ressortir » en plein jour l’assassinat odieux du journaliste Khashoggi. « Soixante-seize pays dans le monde respectent – pas trop mal – l’état de droit. Cela en fait près de 130 qui n’en ont cure et veulent seulement que chacun reste ‘’maître chez soi’’. Bonne chance aux travaux du Conseil des droits de l’Homme !

* 09 février – Tiananmen se traduit comment en birman ?


Malgré l’interdiction de rassemblement, le couvre-feu et la loi martiale -imposée dans une partie du pays-, rien n‘y fait : le mouvement de contestation populaire ne faiblit pas contre le putsch militaire en Birmanie. Il s’étend à travers tout le pays et précipite sur la voie publique des centaines de milliers de mécontents, indignés par l’arrestation de leur héroïne nationale. Pauvres Birmans ! C’est la troisième génération de ce peuple composite à réclamer ses libertés fondamentales, après les mouvements démocratiques de 1988 (un  »Tiananmen » post-électoral, avant le Tiananmen chinois) et 2007 (la ‘’révolution de safran » menée par les moines et violemment réprimée par l’armée).


.A chaque fois, la puissante narco-mafia galonnée met fin brutalement à leurs espoirs. Cette fois-ci, les généraux empruntent à D. Trump le prétexte de fraudes ‘’fantômes’’. Les dictateurs militaires se succèdent à Rangoun ou à Naypyidaw, la nouvelle capitale conçue dans leur esprit, mais c’est toujours le même genre de têtes de béton qui bâillonne les libertés et garde la main sur les deux économies : la légale et l’autre, jamais loin des armes et de l’opium. Leur hermétisme au peuple et à l’humanisme fait depuis la décennie 1960 le malheur des 56 millions de Birmans actuels. La cohabitation brutalement rompue avec Aung San Su Kyi n’était qu’un pis-aller économiquement, utile pour attirer l’investissement étranger et pour les soulager un peu du carcan de la réprobation internationale. L’ascension de Su Kyi était mal vécue par une grande partie de l’état-major. Outre cette personnalité-phare, parvenue à la tête de l’Exécutif, plus de 150 personnes – élus, responsables locaux, intellectuels – croupissent en détention. Depuis 2015, la persécution et l’expulsion du Pays des populations Rohingyas leur faisait calculer que l’étoile de la dame de Rangoun avait suffisamment pali pour qu’elle reste malléable et soumise à leur influence. Las ! La National League for Democracy a gagné haut la main les élections générales de novembre et la junte a pris peur.

Il faut soutenir les Birmans – comme les Biélorusses, les Algériens, les Libanais, les Russes soutenant Navalny, etc. sans se faire trop d’illusion sur le rapport de force implacable Armée-Population, qui permet aux militaires de régner par la terreur. Assez souvent, le hasard se met du côté des courageux.