Biodiversité : rien à carrer des pandas !

Fanny Agostini (merci, Fanny !)
L’Ours a  »liké » à donf !

C’est une opportunité qui ne se présente pas deux fois : il m’est donné la chance de visiter la zoothèque secrète du Muséum d’Histoire Naturelle de Paris. Dans les soubassements du musée, à l’abri des regards, j’arpente les allées d’un coffre fort méconnu du grand public.

La collection parisienne renferme des milliers de spécimens naturalisés dont certains sont des holotypes (spécimens ayant permis de décrire l’espèce) datant du dix-septième siècle. Entre les panthères d’Anatolie, les tamanoirs d’Amérique du Sud et les paradisiers de Nouvelle-Guinée, je me prends pour une darwinette du 21ème siècle à la rencontre d’un patrimoine naturel aussitôt découvert aussitôt perdu.

Oui, parce que nous sommes actuellement en crise… une de plus me direz-vous ! Non, non celle-ci c’est bien l’ultime, la crise du vivant ou la sixième extinction de masse – comme vous préférez. Celle qui par notre négligence risque de nous emporter avec elle tel un fossoyeur fossoyé. Tous les animaux que je vois immobiles, immortalisés par l’habileté des taxidermistes, ne sont en fait pas immortels du tout. .. Pour beaucoup d’entre eux, c’est déjà trop tard, ils ont été rayés de la surface de la terre.
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Sciences : tenir compte du décalage astrologique


L’Ourson Géo ayant bien lorgné dans sa lunette, est au regret de vous faire savoir que les dates régissant les signes du Zodiac sous lequel vous êtes né ne correspondent plus à l’éphéméride zodiacale actuelle, ce, depuis plusieurs siècles. Si, par exemple, vous vous croyez Gémeaux, erreur: vous êtes en fait Taureau !
Les signes zodiacaux ont été déduits des constellations traversées par le soleil, selon une trajectoire circulaire qu’on a appelé « Zodiac ». Vers le Vème siècle avant J-C, la répartition de l’année en 12 secteurs couvrant chacun 30° d’arc sur l’écliptique de la voûte céleste a ordonné une classification en 12 signes du Zodiac. Tous les astrologues l’ont prise comme postulat pérenne, pour prédire notre avenir. Lire la suite

Le retour du « J’ai dit » : Géo-la-science

Le Yéti est un ours plus humain que l’Homme

Le Yéti n’a rien d’abominable – c’était un ours !
Une nouvelle analyse de reliques de la créature mythique du Tibet et de l’Himalaya montre une noble ascendance ursidée (Le Monde du 29-11-2017)

Salut à tous ! Je suis rentré au blog, après un long périple, depuis les Rockies jusqu’aux Pyrénées. Le préfet de Pau m’a même consigné dans un tronc d’arbre, parce que, soit disant, « quelqu’un aurait pu mettre un engin explosif dans ce gros ours en peluche » (je ne suis même pas gros, mais honnêtement nourri, nuance!). J’ai rencontré un tas de copains à fourrure, chemin faisant. Tiens, parlons de mon abominable pote tibétain des neiges, le Yéti. Il est très admiré par les amateurs de cryptozoologie et le Monde en a parlé avec respect (article d’avant-hier). En 2014, l’analyse de ses poils a démontré qu’il avait pour origine une espèce hybride d’ours polaire et d’ours brun. Des prélèvements supposés venir de Bigfoot, l’équivalent américain du Yéti (mais avec un accent texan pas distingué) ont fait apparaître des traces génétiques de raton laveur, d’humanoïde, de vache et très très peu, vraiment presque rien d’ours noir : fichu « melting pot » américain !

L’auteur a analysé les ADN soigneusement conservés dans un pot de miel : douze échantillons d’ours asiatiques et neuf de yétis. J’ai constaté que tous renvoient à des espèces nobles d’ursidés. Le fémur sur lequel il a travaillé (photo : fémur de Yeti GEOscoop2018) ne permet aucun doute, à cet égard. L’analyse génétique révèle ainsi toute la magnificence du grand ours brun tibétain. La légende est donc vérifiée scien-ti-fi-que-ment. Yeah, T !

A part ça, l’ourson serai assez content d’être de retour à temps pour les marchés de Noël, quand il fait un peu moins chaud. Il semble que mon humain ait bossé la géopolitique – non sans peine – pendant ma vadrouille. « Comme vous, je ne lis jamais sa prose, trop longue et trop concentrée. Mais il faut que vous sachiez qu’elle ne m’engage pas, moi. Quand je tiens la plume ou défonce le clavier, je le fais savoir ».

Vous voudriez tout savoir sur Noël, n’est-ce pas ?
Et bien voilà : Au VIe siècle, le moinillon Denis le Petit, un historien, entretenait un doute sur le calendrier grégorien. Pour régler sa clepsydre aux petits oignons, il rechercha quand exactement le temps de notre ère avait commencé. Pour lui, c’était l’année où Jésus était né. Après de savants calculs, Denis le Petit en a fixé l’origine en l’an 1. On a alors décalé d’une année la liturgie des églises et les programmes télé. Aujourd’hui on pense que le moine a fait une petite erreur de calcul, et qu’en fait, Jésus a dû naître 6 ou 7 ans avant sa naissance.

Quant au 25 décembre, il a été choisi dès le IVe siècle. De nombreuses fêtes populaires étaient célébrées en décembre, au moment du solstice d’hiver. Sapiens était dans la stupide idée de conjurer le froid et la nuit. A Rome, du 17 au 24 décembre, on fêtait ainsi les Saturnales, en l’honneur de Saturne, le dieu des semailles et de la fertilité. En Orient, le culte de Mithra, divinité de la lumière, voulait que l’on sacrifiât, le 25 décembre, un jeune taureau, pour célébrer la naissance du dieu solaire. Au Tibet, c’était les ursinales. Et l’on trouve des traces de fêtes similaires chez les Teutons, les Celtes et les Vikings. Le jour du solstice d’hiver si, en effet, l’on entre véritablement dans l’hiver, c’est aussi le moment où les jours commencent à rallonger, le soleil renaît… « Et comme l’ours de la crèche, mes ancêtres ont toujours aimé célébrer ça. Moi,aussi »!

Comment la débâcle de la banquise flingue le climat (et inversement)

Banquise et éléments géophysiques de l'Arctique - Pascal Orcier 2015

Banquise et éléments géophysiques de l’Arctique – Pascal Orcier

Réchauffement ou changement climatique voire « syndrôme de la météo folle » : comment un cycle funeste s’est-il enclenché aux pôles planétaires et pourquoi pourrait-il nous être fatal dans quelques générations à peine ? Chacun a sa représentation mentale du thriller polaro-climatique, souvent, approximative : l’ours blanc, naufragé dépité, dérivant sur son petit morceau d’iceberg… Justement, « Arctos » signifiant « ours », en grec, l’Arctique est étymologiquement et fondamentalement « oursien ». Lire la suite

Recycler : est-ce vraiment efficace ?

L’économie circulaire peut mener en bateau…

L’ourson a glané une chronique intéressante, quelque part dans le grand Nord-Ouest, vers le Lac du Poisson. C’est Philippe qui la lui a confiée. Si vous croyez en l’économie circulaire à l’échelle planétaire, et bien, vous avez tout faux !
* * * *

Alors que nous sommes de plus en plus nombreux à trier nos déchets et à les amener dans un centre de recyclage, savons-nous ce qu’ils deviennent par la suite? Est-ce vraiment un bon geste pour l’environnement?

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Survire à la conflagration

Décidément, l’Ourson Géo abuse des titres ésotériques et inquiétants…
Vous souvenez-vous d’ « Ali le Chimique », ce fidèle serviteur de Saddam Hussein ? Les Allemands (groupe chimique BASF) n’étaient pas finots, en 1988, de lui avoir vendu certains précurseurs chimiques qui lui ont servi à gazer à mort plusieurs milliers de Kurdes, à Halabja, de même que certaines populations chiites du Sud, en diverses occasions.

– Mais, passons vite au nucléaire. Qui donc a donné l’arme nucléaire – officieuse – à Israël ? On dira Guy Mollet, pour ne pas pointer « le gouvernement de la France ». En effet, l’Hexagone est un membre actif et respecté du Nuclear Supplyers Group (NSG), lequel assure le contrôle le plus strict sur ce type d’exportation high-tech, précisément, pour empêcher toute prolifération vers le secteur militaire. Que dire alors, en Irak, de l’épisode « Osirak » qui vit, en juin 1981, un réacteur nucléaire tout neuf, de technologie française, bombardé et détruit (ouf !), par les avions Israéliens : il vaut mieux se faire platement oublier sur ce coup-là, tant le pays natal n’a franchement pas été clair.

Il y a toujours pire, certes, tel le cas de ce M. Abdul Khader Khan, père de la Bombe pakistanaise (1998). Ce retraité du nucléaire devint, dans les décennies suivantes, tenancier d’une superette H (bradant la bombe H). Une réduction de 20 % était consentie quand la charge militaire n’était plus de toute première fraîcheur mais toujours « consommable ». Le brave homme, héros national adulé, avait vendu à Mouammar Kadhafi, à Kim Il-Sung et à quelques autres la « mort en fusion », en kit, avec missiles, avec rabais. Comme Saddam Hussein, Kadhafi a rendu ses jouets, peu avant de se faire repérer par l’armée de l’air française en octobre 2011, puis « débiter » au sol, en fines lamelles, comme on sait.

– Entre-temps, Kim, fils et successeur de Kim, lui-même fils et successeur du Kim précédent, avait appris la leçon du possesseur d’arsenal: ne jamais mollir ! On s’attend à tout moment à ce qu’il teste sa 6 ème bombe expérimentale, en même temps qu’il essaime dans l’azur, par grappes de cinq ou six, ses lanceurs Taepo-dong, à même de livrer « la charge » sur Guam, Hawaï ou sur la Californie, sans négliger la Corée du Sud et le Japon « ennemis ». La 7ème ogive restera-t-elle sagement stockée dans un silo, avant que le Dieu vivant, Kim Jong-Un, n’enfonce négligemment le bouton, dans un moment de susceptibilité ?

– Le super-marché pakistanais détient l’arsenal indiqué pour vitrifier l’Inde et une bonne moitié de notre planète. Mais il se montre bien plus sage et courtois, en ne nous menaçant pas, matin, midi et soir de vitrification collective. Ne parlons pas de l’Inde, nucléarisée par « contournement du droit », mais tellement respectable, par ailleurs, qu’il serait indécent de le lui rappeler.

– Respect à part, on craindrait plus les arrières-pensées de l’Arabie Saoudite, absorbée comme elle l’est dans une lutte à mort, contre l’Iran, pour la domination de la région et de sa branche de l’Islam. Riyad compte beaucoup sur le petit frère pakistanais pour faire donner la  »bombe islamique » (sunnite), face à celle des ayatollahs (chiites). Cette dernière n’est peut-être pas encore opérante, mais Téhéran pourrait achever de la bricoler en quelques mois, au cas où… En attendant, l’une et l’autre capitales ne répugneraient pas à traiter chimiquement les perturbateurs qui les gênent : houthis du Yémen, s’agissant du Roi Salman; Armée libre syrienne et tout ce qui gravite autour, pour les pasdarans iraniens. Une somme de déflagrations à anticiper… pas loin de nous autres.

– Mais, j’oubliais : la Turquie, ex-démocratie « boostée » en califat, aux prises avec tous ses voisins, surtout avec les ethnies non-turques ou non-sunnites, cèdera-t-elle, à son tour, à la tentation d’utiliser des armes interdites contre tous ces importuns ? Le Sultan, dont l’autorité confine au divin, ne plaisante jamais avec ses voisins. Imaginons que, par inadvertance, le Syrien Bachar l’irrite au moyen de quelques aérosols de V-X ou de sarin. Il est plus que probable qu’en retour, Damas se prendrait prestement quelque volée d’ogives sur le nez. De quoi amener les armées américaine et russe, guerroyant sur le sol de ce malheureux pays, à se frotter l’une à l’autre assez méchamment. Après un ou deux porte-avions coulé(s), d’un côté (un nouveau Pearl Harbor !), et une ou deux bases militaires – dont Tartous – réduite(s) en cendres, de l’autre (cynique agression occidentale !), l’OTAN – tremblotante – appelée à la rescousse, la Chine pariant sur le pire et bloquant à cette fin le Conseil de Sécurité, Poutine blessé au tréfonds de son machisme géostratégique, Trump savourant, par avance, une « victoire totale, par l’assèchement du marigot moyen-oriental » (bon pour sa réélection, en 2020), les Européens terrés au fond de leurs caves à vin et en proie à une méchante déprime… où irait-on ? L’Ourson Géo se refuse à en dire plus car, en toutes circonstances, l’espoir doit persister.

Après quelques « échanges » de mauvaises substances, quelle ampleur pourrait atteindre la fuite effrénée, vers notre Europe – intacte – des exilés, désespérés, gazés, vitrifiés et torturés de tous horizons ? Réponse : des millions ¤, des dizaines de millions ¤, des centaines de millions ¤, des milliards ¤ ? (prière de cocher la case appropriée, pour édifier l’Ourson)…

– En fait, chers amis, les armes de destruction massive (ADM) – nucléaires – chimiques – biologiques – machines-outils et réacteurs biochimiques conçus pour (re)produire ces armes hors-la-loi – forment une seule et même famille abominable. Pour cette raison, dans la doctrine de la France, une agression chimique ou biologique de grande intensité appellerait une riposte nucléaire immédiate. L’inverse est tout aussi possible, dans le mode opératoire d’autres pays. Signalons que, sous parrainage russe et après avoir déjà – oh combien ! – pêché, le régime syrien s’est, depuis 2013, « volontairement » et officiellement rangé des brancards, dépouillé de ses armes interdites, détruites en se plaçant sous l’autorité du Traité d’interdiction contrôlé depuis La Haye. Petit mensonge,… ou grand crime potentiel contre l’humanité ?

Plus de 25 pays de par le monde, sur au moins trois continents, ont atteint le « seuil » nucléaire,, ce qui leur permettrait de détruire totalement un adversaire et sa population, dès une première frappe unique, en misant sur l’effet de surprise. Quant au nombre de pays dotés d’un arsenal chimico-biologique – les « armes nucléaires du pauvre », strictement prohibées par les Traités – il est certainement bien plus élevé. Pour tout aggraver, en matière d’ADM, les pays et les groupes armés vont généralement par binômes, déchirés par des haines séculaires.

– A Khan Cheikhoun, Bachar al Assad vient encore de gazer un village de sa propre population : quelques combattants, beaucoup de civils dont des femmes, des vieux et des enfants. Certains observateurs – très naïfs ou mal informés – clament « en quoi ces morts du fait d’armes chimiques devraient nous émouvoir plus que ceux, plus nombreux, victimes de balles, de couteaux, de bombes ou de la torture ? ». Et les mêmes de ruminer : « que fait donc la communauté internationale !? ». RIP.

La réponse se trouve dans les précédents paragraphes (relecture possible, si vous vous étiez assoupi). La morale comme la voix de notre conscience dénoncent ces morts atroces comme pareillement insupportables. Mais, en outre, se joue la question de la survie de l’humanité. Celle-ci nous impose de ne pas nous aventurer, même « innocemment », dans la spirale incontrôlable des armes de destruction massive. Ce serait un cercle vicieux sans fin, jusqu’à l’extinction d’Homo sapiens de la surface du Globe.

Sous nos yeux : les Syriens. Par-delà : la population terrienne dans son ensemble, exposée à l’enchaînement des déflagrations en une immense conflagration. En termes seulement quantitatifs, un tel emballement évoque une vertigineuse montée des destructions, un génocide à acteurs multiples ! Ceci justifie amplement que soit tracée, dans l’ordre universel, une ligne rouge et surtout pour qu’on s’y tienne. On attend des citoyens conscients d’un tel enjeu une forte détermination à réagir, en exigeant fermement que le droit prévale et par la force bien ajustée, si nécessaire. Pour s’y préparer, chacun devrait s’endurcir mentalement, comme on le fait déjà par rapport au risque terroriste « classique ». Entrevoir l’impensable et le décortiquer contribue à le prévenir et à l’éviter, sans se laisser intoxiquer par les partis-pris du moment et par les justifications partisanes. La vigilance mise au service du droit pour la survie des humains commence par un œil exigeant, braqué sur la complexité du monde, averti et qui cherche à voir loin.

Alertez les collapsologues !

– Moi : « impossible de le désincruster du fond de sa tanière ! Depuis le 20 janvier et l’investiture de l’autre Ubu-Roi américain, il s’y terre en me tournant le dos, il grogne sourdement et horriblement et il ne veut plus voir personne. Depuis ce jour maudit, je m’interdis de prononcer le nom de  »Donald » et pour rien au monde ne ferais non plus mention de Riri, Fifi et Loulou (Picsou Trump ?) dans mon argumentation géopolitique. Vous n’imaginez pas le nombre de pots de miel bio dont j’ai du jalonner, pour l’Ourson Géo, le chemin du retour à son clavier. De mauvaise grâce, il frappe de ses lourdes paluches les touches de son AZERTY pour nous exploser son analyse à la gu…. ».

Ourson Géo : « Oh ça va, toi, ne me dis surtout pas que la grande famille des plantigrades aurait pu élire un  »mal-léché » comme ce Trump tordu. Y faut être un simple humain, qui plus est populiste, étroit d’esprit, pulsif, looser et lobotomisé du disque dur, pour aller aussi loin dans la co….ie : pas de quoi être fier d’être bipède ! A partir de ce jour, je marche à quatre pattes, pour qu’on ne confonde pas avec quelqu’un de la triste espèce humaine ».

– Maintenant, au niveau géopolitique (il chausse ses lunettes),  »oublie une bonne fois pour toutes la parenthèse 1945 – 2016 ».  »Plus d’Etat sans frontière, surtout pas de commerce d’une frontière à l’autre, pas de migrants latinos ni de réfugiés syriens, ni de Mahométans en général; pas de loi, pas de droit, pas de régulation, exit l’ONU, adieu les accords internationaux, l’UE et l’OTAN (même bazar !). Il y a d’un côté Trump, sa petite famille népotique, ses trumpetts de la renommée, les tontons-flingueurs de Goldmann & Sachs, le lobby du pétrole visqueux (au département d’Etat et à l’Environnement, comme il se doit), les  »guys » avec leurs  »big guns » … et de l’autre, les méchants (ceux qui n’aiment pas Trump et que Trump n’aime pas) : tous les autres. Le but final, c’est de buter tous les méchants,  »jusque dans les ch..ttes », comme dirait l’ami Poutine. Pour le milliardaire-fraudeur-fiscal-président, les méchants sont tous des démocrates arabes, tchétchènes sinisés ou des Européens mous en sursis ! La géopolitique, c’est devenu noir ou blanc, hyper-facile. Il ne reste plus qu’à lire la date de l’apocalypse, au fond du pot de miel. Ne soyez pas impatients, ça viendra vite ».

– L’éditeur : je lui dis sa vérité : « Géo, sans vouloir te vexer, tu as été plus subtil que ça, par le passé ».
– Lui : « j’ai beau être encore jeune, j’ai l’impression d’avoir travaillé pour rien à la recherche d’un monde apaisé ». Alors, si tu y tiens, prenons les choses par degré de gravité (tout est grave) :

1 / Sur sept milliards d’être humains, 50,07 % sont des femmes. Il me semble qu’elles se sont trouvé un formidable ennemi commun. Le type est plus que misogyne, obscène. DSK n’est qu’un satyre en petits chaussons, en comparaison. Plus de trois milliards de femmes finiront par l’emporter. Mais combien de guerres et de massacres entre-temps ?

2 / Pour bien tous nous ratiboiser, rien de tel que l’éclatement de la bulle financière. Elle s’annonce plus grosse, plus joufflue qu’en 2007, tant les banques centrales se sont vautrées dans le « quantitative easing ». Adieu, loi Dodd-Frank, à fond la caisse la spéculation, mettez-vous en plein les fouilles, vous les golden boys du top 1 %, puis BOOOOM !!!!! : plus d’argent, plus d’eau, plus d’électricité, plus d’essence, plus de miel, plus rien à becqueter.

3 / Avant même que Marine ne s’en mêle, on va voir les effets du racisme et des discriminations : des milliards de braves gens humiliés criant vengeance, Daech and Co sauvés et requinqués par un round inespéré contre l’Oncle Donald (celui qui a flingué Sam, auquel ils assimilent d’ailleurs la gente européenne, humains et ours confondus). BOOOM !!!! les tours tombent, les avions pleuvent, les couteaux s’aiguisent, les camions dévalent les trottoirs. La moitié de la planète bombardée en représailles, incluant le Mexique, la R.P. de Chine, l’Afrique et le département 93…

4 / La guerre en Mer de Chine puis dans tout le Pacifique, en Afrique et un peu partout. M. XI Jinping ne rigole pas avec le dogme « une seule Chine » et son pays dépend deux fois plus du commerce mondial que la France. Le jour où la surtaxe américaine de 35 % lui tombe dessus – comme sur le Mexique – il pointera toutes ses fusées depuis les îlots artificiels des Spratleys et entamera le blocus de Taiwan. Après un ou deux porte-avions américains coulés (pour la plus grande jubilation des internautes chinois), vous voyez le tableau ! L’OTAN et l’armée européenne d’opérette appelées à la rescousse…

5 / Grâce à l’exploitation éhontée du pétrole bitumineux-shisteux de fond de cuve, la température du Globe a augmenté de 2° en l’espace d’un an ! Des convois de pétroliers crasseux fendent les eaux libres, tièdes et polluées de l’Arctique, parsemées de cadavres d’ours blancs noyés et de momies de phoques plastifiées … Deux cent millions de Bangladais barbotent, tant bien que mal, sur le grand estuaire inondé, mourant de soif dans l’eau sale. Les îles du Pacifique et de l’Océan indien (sauf le haut des volcans) ont disparu de la carte, comme d’ailleurs la Camargue, la côte charentaise et New-York. Trump a disparu, après avoir siphonné les fonds de la Réserve fédérale…

6 / Inspiré par la Horde d’Or de Genghis Khan et comptant sur la compréhension de son ami Donald (et la disparition tragique de l’ONU), Vladimir a réunifié le Moyen-Orient utile sous la botte de ses cosaques. Rencontrant quelques résistances populaires en Ukraine comme en Pologne et dans ses toutes nouvelles dépendances rhénanes et franciliennes, mises en coupe réglée par des politiciens locaux tout acquis à sa cause, il menace d’exécuter 2000 touristes américains si on ne lui accorde pas prompto le bénéfice d’un méga-plan Marshall. Kim Jong-Eun exige pour lui une somme au moins égale, faute de quoi sa bombe H « socialiste » frappera « là où il le faut » (sic).

– Géo : « J’ai encore une demi-douzaine de scénarios Trump à vous asséner, si vous en voulez, tout de suite ou pour les jours qui viennent » (Note de l’éditeur : j’ai ramené l’Ourson géo dans son antre, avec une infusion de camomille et un oreiller bien doux. Je pense que ça suffira pour cette fois-ci).

… à suivre …
rien-a-cirer

trump-garde-frontiere

De la transformation des uns par les autres comme solution empirique

Alliance Ours-Chien

Notre petit monde d’empathie et de jouissance se voit défier au combat par la barbarie du « vaste monde ». Nous ne sommes pas adaptés aux circonstances nouvelles et ne savons plus en quoi croire, en qui faire confiance.
Le point 0, pour la génération qui s’efface, ce fut les camps de concentration.
Au sortir de ce point d’horreur absolue du XXème Siècle, les acteurs de l’après-guerre ont aspiré à son exact antithèse : hédonisme et satiété consumériste, amour libertaire et universel, interdiction d’interdire : les bandes de jeunes, la culture ‘’jeune – rock’’, les hippies, mai 1968, la mise au rancart des racismes et des identités, les droits de l’Homme et la démocratie participative, le commerce tous azimuts et la permissivité, une paix bancale assurée par la dissuasion nucléaire et la partition du monde en blocs … la révolution informatique a capté toute ces évolutions, en fusionnant au sein du même cyber espace mondial et du ‘’peer to peer’’ vieilles cultures institutionnelles et nouvelles contre-cultures émergentes. Les communautés créées par les hippies sont devenues virtuelles mais innombrables et bien vivantes sur les réseaux sociaux et les supports cryptés. Lire la suite

Géopolitique de l’Ours polaire

L’Ourson aurait pu bouillir d’indignation en découvrant la censure, il y peu, du film  »La sociologue et l’Ourson » (produit par Etienne Chaillou et Mathias Théry). C’était un décret contestable de la municipalité d’Argenteuil (95). J’ai essayé de le taquiner sur le thème abordé par cette œuvre – le mariage pour tous – mais il m’a renvoyé durement dans mes buts :  » je n’ai absolument aucune idée ni à priori sur un tel sujet et je ne réagis pas plus à la présence du mot  »ourson » que toi à celle de l’expression  »barbu idiot ». Et toc ! Il avait un scoop plus sérieux à traiter, nullement zoo-centré : ‘la géopolitique de l’Ours polaire’. Il préparait son coup de projecteur saisissant sur l’avenir de notre monde. Il a chaussé ses lunettes et m’a lancé :  »cette fois, j’opère tout seul, va-t’en dessiner tes Mickeys!’

Géopolitique de l'Ours polaire, l'ouvrage
Géopolitique de l’Ours polaire, l’ouvrage

L’Ours polaire, celui qui bosse en hiver et bulle en été (contrairement à l’ours brun), ce serait comme pour vous autres LE super-héros des cartoons américains : vraisemblable et mythique à la fois ! Si l’on met de côté le cousin Panda, pelucheux mais pas trop courageux et surtout  »gnan-gnan », aucun animal sur la calotte glacière ni sur la banquise ne lui arrive à hauteur de griffe, en beauté, en puissance sauvage, en signification géostratégique et globo-climatique.

– Au début, l’Homme l’a laissé tranquille : les Inuits s’en prenaient surtout aux baleines. Pythéas (fameux navigateur marseillais aux alentours de 330 avant JC) n’a pas réussi à dépasser l’Islande et n’en a donc pas croisé. Au Groenland en 982, le viking Eric le Rouge tombe nez à nez avec Arctos ( »Ours », en grec, ce qui démontre que l’Arctique est fondamentalement  »oursien »). Six siècles plus tard, le Danois Mogens Heinson réédite l’expérience : il abat l’Ours blanc de 17 coups de tromblon, puis, la peur au ventre, vend sa peau sur le marché aux voleurs de Copenhague … pour une somme rondelette.

– La menace apparaît plus tard, du fait de l’obsession d’un raccourci naval stratégique qui gagne les Scandinaves, les Anglais et les Russes depuis la fin du 16 è siècle : économiser un bon tiers du trajet en découvrant des voies navigables polaires entre l’Europe et l’Amérique ( »passage du Nord-ouest à travers le Groenland et l’archipel arctique canadien) et entre l’Europe et l’Asie orientale (passage du Nord-est, le long des côtes de Sibérie). Dans les vingt dernières années du 19 ème Siècle, une fixation se concrétise sur les pôles (géographique et magnétique), dans une situation de concurrence échevelée. Les Américains Robert Peary et Frederick Cook s’échinent à gagner la course au pôle en traîneau, sans qu’on sache trop lequel des deux a réussi le premier, en avril 1909 (on choisit généralement Peary, parce qu’il a survécu à l’épreuve). Autant vous dire que dans ce genre d’épopée suicidaire, l’Homme a mangé plus l’Ours que l’inverse ! Et toute cette violence n’a servi à rien, puisque le raid a pu être réédité en ballon (Roald Admunsen et l’Italien Umberto Nobile) puis en hydravion (1926 – Admunsen, encore), puis en avion à skis (1934 – Vodopionov et trois autres aviateurs russes) et même, au chaud dans son fauteuil, l’Américain William R. Anderson à bord du sous-marin Nautilus, en 1958. Ils auraient du commencer par là. Je ferai un cas à part du raid en moto-neige ou skidoo (1967, quatre Nord-américains), tout pétaradant. Il a foncièrement déplu à mon grand cousin blanc, lui brouillant les oreilles comme l’odorat. Pourrait-on le laisser tranquille un peu ?

– Le chenal du Nord-est a été ouvert plus tard (par le Suédois Adolph Nordenskjöld, en 1879), plus aisément et de façon plus viable que le détour par l’ouest entre Alaska et détroit de Béring. Sa capacité utilitaire tient, notamment, aux efforts accomplis par l’ex-URSS et par l’actuelle Russie dans le but d’établir sa souveraineté maritime dans la région arctique. Celle-ci s’est traduite par un maillage de ports en eaux profondes, de bases militaires et de stations de brise-glaces permettant la navigation estivale en eaux libres. Sur le plan économique, la voie a été ouverte à l’exploitation des ressources gazières pétrolières et minérales dont abondent la Mer de Barents, celles de Kara, de Laptev, de Sibérie orientale, des Tchouktches bref la moitié des eaux circumpolaires.
– Par contraste, la voie du Nord-ouest, même à demi-parcourue en 1850, par le canadien Robert Mc Clure, n’a été pratiquée de bout en bout qu’en 1906, par le Norvégien Roald Admunsen. Elle est pour l’heure, moins courue, à ceci près que l’exploitation des ressources naturelles est très active dans ce voisinage.
Je cite ces faits car il a fallu brutalement renverser le cours de la nature et brutaliser Arctos pour en arriver à ce charivari, à cette prolifération de plate-formes pétrolières géantes russes ou américaines (Alaska), voire Canadiennes, mangeant peu à peu l’écohabitat de l’Ours polaire. Depuis cette année, des cargos polaires chinois commencent à écumer la route du Nord-est. Les ours les voient passer comme les vaches regarderaient les trains. Ces mastodontes dans un environnement hyper-fragile et lent à rétablir ses équilibres vont avitailler vos supermarchés européens pour que l’ours en peluche made in PRC vous soit vendu moins cher, au risque de souiller la blancheur immaculée des pôles… et des ours.

– Premier coup de griffe humain : l’hivernage sur la banquise, pratiqué par les explorateurs naviguant à la voile (car, seulement bien plus tard, les coques en acier et la machine à vapeur permettront de parcourir la route entre fin-mai et fin-août). Comment pensez-vous que s’occupaient les rudes gaillards imbibés d’aquavit, lorsque prisonniers des glaces pendant neuf mois par an et oubliés de tous, ils jonglaient avec la mort (beaucoup y ont laissé leur peau, et pas seulement les ours) ? Ils en ont pourtant massacré, des ours blancs !

– Deuxième entorse aux bonnes manières, avec l’intrusion des compagnies marchandes, telle celle créée par les Britanniques en Baie d’Hudson en 1670 et bien d’autres. Que ramener aux actionnaires ou aux souverains, surtout quand on n’avait pas trouvé le Graal du débouché vers les mers libres? des peaux d’ours polaire, évidemment ! Aujourd’hui encore, les bureaux des grands tycoons hongkongais, des nomenklaturistes russes et les musées attrape-touristes du grand Nord recèlent des centaines de milliers de ces peaux, tapis ou trophées d’Ours polaire qui valent leur prix d’or en milliers d’Euros et attisent la sanguinaire convoitise des contrebandiers.

– Depuis les années 1990, l’Europe interdit le commerce dit des  »produits de phoque » et elle adopte, en matière de protection de l’Espèce, une politique hyper-restrictive … au point de se brouiller avec le Canada, qui met en avant les droits coutumiers des populations inuits ; Au passage, on s’empresse d’oublier que lesdites populations se sont retournées vers l’Ours … depuis que la Convention baleinière leur interdit un libre accès à la ressource en cétacés … mais aussi, depuis que les médias ont diabolisé la chasse au phoque en général et le massacre des bébés phoques, en particulier. En 1973, des images ont horrifié le monde, pour une part du fait d’une mise en scène mal-intentionnée. Les Inuits ont subi l’opprobre. Tout ceci n’a pas réellement entamé l’abondant vivier de phoques mais, en revanche, cela a mis en péril les ours en tant que ressource et proie de substitution à la fois à la baleine et au phoque (si on sauvait l’Ours, est ce que les pingouins morfleraient ?). Qui a eu raison dans cette affaire de commerce et de bonne conscience ? Ottawa avance le motif légitime de protéger les rares ressources des Inuits, alors que, par ailleurs, cette minorité a été déculturée et vit désormais de prestations sociales et d’alcool plus que de chasse ancestrale. L’Europe n’a pas eu tort de vouloir faire avancer le droit, balbutiant sous ces latitudes (contrairement à l’Antarctique, qui jouit d’un statut multilatéral par le Traité de Washington de 1949). Quand bien même, l’émotion et le choc des images ne créent à eux seuls, la rationalité ni l’équité. L’Ours, sa peau, son rapport avec le phoque et la baleine sont devenus sources de polémiques géopolitiques, encore aujourd’hui.

– La guerre froide n’a pas été plus  »oursicide » que ça, le fait mérite d’être souligné. L’installation le long des réseaux radars stratégiques, de bases militaires – la plupart,démantelées aujourd’hui – a créé une présence militaire  »intrusive » en terres autochtones, comme à Thulé (base aérienne américaine au Groenland). La gestion laxiste des déchets humains par les hommes en vert a provoqué à son tour une invasion des ours, attirés par ces  »friandises ». Les pauvres gros gourmands ont été abattus en masse pour qu’ils ne s’habituent pas à coexister avec Homo sapiens, le comble de la discrimination ! La petite communauté de zoologues soviétiques qui se sont penchés sur le sort d’Arctos – dans sa version sibérienne – ne s’est jamais heurtée à ses homologues occidentaux sur le front idéologique ni sur celui des missiles nucléaires dont les deux super-grands étaient prêts à se gratifier par la trajectoire la plus courte, celle passant par dessus les oreilles des ours. L’Ours polaire reste assez protégé par la loi russe, même si l’on doit s’inquiéter du lien de plus en plus patent entre corruption systémique et contrebande animale. De plus, la Russie qui héberge la moitié de la population plantigrade du grand Nord n’a jamais été à même d’en effectuer le recensement exact. Avec le Canada, c’est pourtant le pays le plus  »ours blanc » de la planète bleue.

– Moscou tient sa place au sein du Conseil de l’Arctique créé en 1996 (www.arctic-council.org) et de la Conférence Circumpolaire inuit. Par contre, Washington et Ottawa ont eu, récemment, beaucoup de difficultés à s’entendre sur Arctos. S’appuyant sur leur allié norvégien, les États-Unis l’ont consacré  »mammifère arctique en danger d’extinction » et l’Alaska verbalise férocement les contrevenants. Pour le Canada, il n’est ni en voie de disparition, ni même maritime. Vu d’Ottawa, la fonte de la banquise ne menace donc pas l’Ours ! Car, c’est vrai : il sait nager … comme vous.

– Vous connaissez, certes, la CITES, cette convention de 1973 organisant la protection des espèces menacées (faune et flore). Elle recense plus de 5000 espèces animales, dont l’Ours blanc et le Panda sont les plus éminents. Pourquoi pas le béluga ? C’est comme ça, ne cherchez pas. !

– Les cinq grandes nations polaires (Grand nord du Canada, Russie du Nord, Groenland, Alaska et Norvège septentrionale), celles qui regroupent 90% de l’oursosphère (humanité oursienne) se disputent allègrement quant au classement d’Arctos en annexe 1 (prohibition absolue de la chasse) et annexe 2 (prohibition sélective et quotas contrôlés) de la Convention. En 2015, les assises annuelles de la CITES se sont achevées dans la confusion. Pour  »décrocher » l’annexe 1, certains experts abolitionnistes de la chasse ont été jusqu’à prétendre qu’il était déjà trop tard pour sauver l’Espèce dans son habitat naturel et qu’il fallait d’urgence transférer les  »derniers survivants » dans des zoos ! Cette provocation n’a pas été comprise au second degré comme elle aurait du l’être : positivement zinzin ! On sait bien que l’Ours polaire ne s’adapte pas du tout à l’enfermement carcéral et qu’il s’y transforme en légume : il se met à somnambuler d’un bout à l’autre de sa cage en secouant sa pauvre tête migraineuse en tous sens, accablé qu’il est par toutes sortes de tics et autres spasmes saccadés. Il perd sa libido et l’appétit et il déprime sans fond. Il n’est pas rare que les mères – qui, en liberté, restent deux ans avec leurs petits pour les éduquer – se mettent à dévorer leur progéniture lorsqu’ emprisonnées. Jusqu’à une compagnie de cinéma animalier chinoise qui importe et dresse des oursons blancs à jouer … leur propre rôle dans les films de qui en voudra (néanmoins, pour 200.000 € le mois de tournage de l’ourson-acteur). Vous voyez d’ici le tableau !

– Foi d’animal, je vais vous confier un secret : pour des raisons propres à chacun, les fourreurs, les agences du tourisme d’aventure arctique, les méchants pétroliers, les armements maritimes allant au plus court et les propriétaires et geôliers de zoo, de même que certains zozo-écolos naïfs, alimentent le mythe de  »l’ours polaire, c’est déjà foutu ! ». Donc, Arctos est bon à transférer dans des zoos-prisons, à photographier bien vite (et cher) avant qu’il ne disparaisse, à transformer en ultime manteau ou en décoration grand luxe pour bureau de PDG, il est bon à être viré de ses réserves naturelles, puisqu’elles n’ont plus réellement de raison d’être et pourront donc être livrées bientôt à l’économie marchande. Il faut savoir qu’au cours  »parallèle », une peau d’Arctos adulte vaudrait aux alentours de 40.000 €. Le prix de la peau humaine, c’est combien déjà ?
Mais toutes ces puissantes multinationales, que feront-elles dire à leurs avocats le jour ou Paris-Match ou l’AFP publiera un cliché d’ours polaire englué dans une nappe de mazout ? Ce jour-là, elles oseront dire que nul plus qu’elles n’a jamais tant cotisé pour la préservation de l’Animal, que leurs fondations humanitaires font tout pour assurer la reproduction de l’Espèce in vitro, que leur propre logo commercial comporte justement un ours blanc immaculé, comme leur âme, etc. La géopolitique, c’est avant tout affaire d’hypocrisie et de com.

CO2 m’a tuer (et pas Omar). L’image colle à la peau de l’ours, avant même que lui-même ne soit tué et qu’elle n’ait été vendue. Pauvre petite touffe blanche, vue du ciel, dérivant sur son minuscule morceau de banquise, bientôt hors-sol et condamné à nager … vers où ? … peut-être pour finir dévorée par les orques qui, profitant des bouleversements climatiques, remontent en sens inverse du Sud vers le Nord. L’Ours a beau avoir la couleur de la mousse carbonique, l’alchimie industrielle et les effluents carbonés répandus par l’Homme vers les pôles sont destructeurs de son espace vital : adieu, la bonne vieille banquise gelée, qui permet d’accéder aux phoques (miam !). Il est donc plus que juste qu’il soit devenu l’emblème, la mascotte de l’enjeu climatique, lequel est de dimension carrément planétaire. Tout enfant de plus de trois ans percevra le lien de cause à effet : l’activité humaine réchauffe l’atmosphère et les mers, la banquise fond, l’Ours polaire et l’être humain (en zone d’altitude très faible) flottent. En même temps, comme on l’a vu, l’hypocrisie monte avec le flot. Quand les humains verront sur leurs côtes des millions et des millions de boat people, réfugiés climatiques, qui d’entre vous hésitera à faire sa peau à l’Ours, si cela pouvait aider à payer la note ?

– Si je vous dis, qu’à l’inexactitude-près (ou l’inexistence?) des statistiques russes, l’extinction n’est pas pour demain et qu’en fait la prédiction du malheur a été fortement instrumentalisée, voire monétisée, qu’en déduirez-vous :  »le massacre n’a pas été si meurtrier, poursuivons-le ! » Non, bien sûr ! En fait, la communauté Arctos compterait aujourd’hui entre 20.000 et 25.000 individus, dont un millier en prison. Plus fort encore, elle n’a pas globalement diminué au cours des trois dernières décennies, même si, localement, sur les rives glacées de la Mer de Beaufort, derricks et cheminées, produits chimiques et tuyaux font mourir ou fuir vers le Sud une frange non-négligeable de mes cousins blancs. D’autres sont restés mais ne sont plus vraiment blancs. Leur magnifique fourrure en quasi-fibres de verre, dans laquelle le soleil et la banquise se mirent, est teintée de métaux lourds et d’acides. L’intérieur ne vaut guère mieux. La bête résiste, malgré tout. Plus fort que fort encore : l’ours polaire aurait survécu, par le passé, à plusieurs phases de réchauffement climatique (c’est écrit dans le bouquin).
Un élément de réponse à cette énigme : il sait se carapater vers le sud (la taïga, voire la forêt nordique), où il rencontre Petit Ours Brun, de mon genre. Et là, multiculturalisme, brassage, changement de diète et tout le reste voire mariage pour tous … et bonjour les oursons pizzly (moitié polaire, moitié grizzly)! Vous voyez, au bout du compte, la problématique de l’Ours polaire est strictement parallèle à celle de l’Humain dans sa géostratégie actuelle !
(inspiré par ‘Géopolitique de l’ours polaire’ – par Rémy Marion et Farid Benhammou Editions Hesse 3e trimestre 2015 – 20 €)
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