* 12 janvier – Partenaires contre les illuminés du monde

Dopés par la fin pitoyable du mandat de D. Trump, les régimes voyous ciblés par Washington peaufinent leur vengeance. Téhéran fait monter en régime ses centrifugeuses pour porter à 20% le taux d’enrichissement de son combustible nucléaire, une cote mal taillée, supérieure à une utilisation civile mais aussi bien en deçà d’un usage militaire efficace. L’aile dure du régime des Mollahs adopte une posture triomphale, plus belliciste que jamais. Il est vrai qu’avant de quitter la Maison Blanche, le président calamiteux doit éprouver in peto quelque tentation de ‘’frapper un dernier coup’’ contre les Pasdarans. Inscrire les Houtis du Yémen sur la liste du terrorisme international (et Cuba, tant qu’à faire) constitue déjà un message d’au revoir mais cela reste loin du but.

A Pyongyang, devant le 8e congrès du Parti des Travailleurs, Kim Jong-Un annonce le prochain lancement d’un sous-marin nucléaire à même de ‘’subvertir’’ les Etats-Unis (comprendre : frapper de ses missiles nucléaires une ou plusieurs mégapoles américaines). L’Oncle Sam est ‘’le plus grand obstacle à notre révolution et notre plus grand ennemi’’. Pour se rendre suffisamment menaçante, la Corée du Nord va s’appliquer à développer davantage sa technologie nucléaire et, notamment, à produire des ogives nucléaires légères et miniaturisées transportables en ‘’bouquet’’, par ses lanceurs à longue portée Nodong. Le point d’impact potentiel dépasserait la cible actuelle de Hawaï, étirant la portée des frappes jusqu’à Los Angeles, voire plus loin. Tel est le point d’aboutissement des relations  »affectueuses » établies lors du sommet de Singapour Trump-Kim en 2017. Entre insultes et poignées de mains, aucun progrès substantiel n’a été enregistré. La mollesse des positions de Washington n’a nullement empêché cette dérive tumultueuse de Pyongyang, qui se considère gagnante au jeu des initiatives provocatrices et tumultueuses entretenant la tension. Joe Biden est bien instruit de cet échec et il ne choisira pas le ton de l’apaisement face au voyou nucléaire. Le nouveau président est déjà qualifié par la Maison Kim de ‘’chien enragé’’, qu’il faudra ‘’battre à mort’’.

Tout ce qu’il y a de dictatorial ou de malfaisant sur la planète va s’empresser de tester les nerfs de l’administratio démocrate entrante. Heureusement, J. Biden s’entoure, pour la politique extérieure, d’une équipe de professionnels accomplis, de bon sens et particulièrement bien disposée à coopérer avec les Européens. L’Amérique se sait moins forte, moins respectée du monde et les nouveaux venus devraient moins insister à imposer leur leadership de principe. C’est un bon point de départ pour établir un partenariat des démocraties, respectueux des projets des uns et des autres. ‘’UE, précise nous vite quel est donc ton projet !’’

* 6 janvier – Georgia on my mind

La Géorgie, état conservateur s’il en est, produit une ‘’resucée’’ des élections américaines du 3 novembre. L’enjeu, cette fois, est la majorité au sein du Sénat de Washington. L’objectif, qui se joue à un siège près, est vital pour mettre en mesure la future administration Biden de simplement gouverner, alors que le pays sort de l’ère Trump fragilisé dans ses institutions et totalement déboussolé. Et c’est bien parti, à en juger par les résultats de ce matin, quasi-complets. Candidat démocrate issu de l’ancienne paroisse de Martin-Luther King, le pasteur baptiste Raphael Warnock, remporte l’un des deux sièges en jeu, une grande première dans ce fief sudiste dont il sera le premier sénateur afro-américain. L’autre siège, que se disputent le démocrate Jon Ossof et le républicain David Perdue, paraît devoir revenir au premier. On doit s’attendre à un barrage de contestation des résultats mais, au-delà, ce serait pour Joe Biden une seconde victoire et peut-être la perspective d’un effilochage du Parti républicain, tel que Trump l’a soumis à sa personne. Le recours du président sortant à des procédés électoraux de plus en plus transgressifs et autoritaires ne l’a visiblement pas servi. Une partie du public trumpiste, démobilisée, n’a pas répondu à l’appel des urnes.

Le Congrès sortant doit maintenant valider les résultats des élections du 3 novembre. En sa qualité de président du sénat sortant, le terne Mike Pence se voit publiquement intimer l’ordre d’y faire obstacle par tous les moyens. Le vice-président de D. Trump sait bien qu’il va perdre tout crédit personnel dans cette manœuvre vengeresse de sabotage. Mais son président veut, jusqu’au bout, exhumer toute sa toxicité, au point qu’on s’interroge sur son départ effectif de la Maison Blanche, le 20 janvier. Faudra-t-il que la police déloge le squatter manu militari ? Il faut bien avouer que dans la longue litanie des élections gâchées en Afrique, on ne trouve rien d’aussi indécent que Trump. La grande différence réside dans la foi d’une majorité de citoyens Américains dans leurs institutions démocratiques et dans leur résilience à l’épreuve du populisme. Une belle leçon, utile au monde.