Le protectionnisme supplantera-t-il le libre-échange, à la faveur de l’angoisse climatique ?

Colère populaire contre l’accord de libre-échange conclu avec le Mercosur, en marge du G 20 d’Osaka. Citoyens vent-debout contre l’approbation gouvernementale du Traité CETA, libéralisant les échanges avec le Canada (et soumis à ratification parlementaire, le 17 juillet). Bouderie unanime à l’égard du récent Traité de même nature passé avec le Japon. Méfiance extrême envers les négociations entamées avec Singapour et la Thaïlande… le libre échange a franchement mauvaise presse dans notre pays.

Ours poussant son charriot

Le libre-échange, un ogre hors-sol qui dévore la planète 

– Ses détracteurs avancent des d’arguments à la fois pertinents et un peu trop auto-centrés : le libre-échange (en fait l’ensemble du commerce entre les nations) détruit les normes écologiques et sociales. Il enrichit les multinationales et trompe les attentes des consommateurs. Il hypertrophie l’usage des transports ‘’sales’’ comme le bateau et l’avion et génère des empreintes carbone qui polluent l’atmosphère. Il cautionne les politiques – souvent mauvaises – de dirigeants « exotiques » qui attisent notre méfiance. Ce refus instinctif est le credo commun des deux extrêmes du spectre politique. Ainsi, Donald Trump se montre monstrueusement agressif à l’égard des produits étrangers qui rentrent aux Etats-Unis, au point de systématiser le chantage aux taxes et les listes noires. Marine Le Pen ne parle plus trop de « préférence nationale » mais en défend toujours l’idée, mordicus. L’extrême gauche, insoumise ou trotskiste, se retrouve dans cette mouvance isolationniste, qui conduit toujours à privilégier le rapport de force et à court-circuiter les préalables de paix et de dialogue. Beaucoup d’entre nous, se rangent à cette opinion, sans trop savoir pourquoi. C’est « l’air du temps », voilà tout !.

– Même quand un produit importé est tenu de satisfaire nos normes phytosanitaires, médicales, nutritionnelles, sécuritaires ou écologique – et ceci, contrôle à l’appui – on n’empêchera jamais le consommateur patriote, aiguillonné par les professionnels du secteur, de penser que le bœuf canadien ou brésilien reste aux hormones et aux antibiotiques ou que les fleurs de l’Amazonie sont cultivées sur des terres déboisées, arrachées aux Indiens et parsemées de pistes pour avions gros-porteurs polluants. Méfiance ! Nous sommes excellents dans la citation de motifs pour rejeter les intrus dangereux. Nous  nous exprimons moins sur les « dégâts collatéraux » provoqués par nos propres exportations, et sur le tort qu’elles causent à autrui. Même lorsqu’il s’agit d’armes françaises, exportées pour être employées contre des populations civiles, dans des conflits qui nous échappent, il n’y a qu’une petite minorité de citoyens à s’en offusquer. Combien de nos farouches isolationnistes à l’importation sont également opposés à nos exportations d’armement ?

Les gestionnaires mondialistes, dépourvus d’âmes (CO2, mon amour…)

L’apologie du libre-échange pour le libre échange est, elle, égoïste et outrancière. Les deux premiers projets d’accord cités remontent à presque deux décennies, un indice de ce que la balance des avantages et des inconvénients a évolué. Au fil des remises en cause de nos écosystèmes physique et mental issus du XXème siècle, la perception des précautions indispensables pour prévenir une dérive du commerce mondial a nécessairement changé. Ainsi, la spécialisation internationale du travail, ressort classique de la compétitivité, n’est plus acceptée :  elle est, au mieux, subie comme inhérente au ‘’système’’. Mais le « système » a mauvaise mine, dorénavant. Les délocalisations ont traumatisé les Français. Non qu’elles s’avèrent toutes nuisibles, notamment, lorsqu’elles ouvrent à nos entreprises de nouveaux marchés en associant leur base sociale française à cette expansion.

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On n’arrêtera pas les Talibans sub-sahariens

Les Français et leurs media ont souvent une longueur de retard sur les problèmes qui les concernent, à quelques encablures de leurs côtes. Pendant des décennies, ils ont voulu croire que notre relation à l’Afrique procédait d’une ‘’conscience de notre histoire commune’’ plutôt qu’un attrait pour « Lefric », les monopoles et rétro-commissions qui lubrifient notre actualité partisane. Elf, Boloré et quelques autres ont remis nos horloges à l’heure. Pour parler plutôt de quelque chose de positif, en janvier 2013 l’opération Serval a réalisé la libération spectaculaire des villes du nord du Mali, alors occupées par des djihadistes. Ceux-ci étaient déterminés à faire céder le verrou de Konna pour accéder à Bamako et s’emparer de l’Etat malien. Des émules des Talibans, dans une sorte de scénario à l’afghane.

Sobame-Da, village martyr, au Mali

Mais ces Talibans sub-sahariens prospèrent aujourd’hui dans tout le Sahel et imposent un fardeau impossible sur les épaules de nos 4500 militaires, dispersés dans un espace immense, couvrant au moins sept Etats. L’opération Barkhane est, aujourd’hui, incapable d’en finir avec les groupes terroristes dans le nord du Mali, alors que ceux-ci parviennent à coordonner leurs actions et à recruter massivement au sein d’une jeunesse peu éduquée et socialement abandonnée. Le conflit s’est aussi allumé au Centre-Mali et déborde dans toute la région avec une poussée récente sur le Burkina Faso voisin, qui constitue un couloir d’invasion vers les Etats côtiers d’Afrique occidentale (cf. les attentats de Ouagadougou d’août 2017 et mars 2018). Une « jonction » avec les chasses gardées de Boko Haram, au Cameroun, au Tchad et au Nigéria est également en chantier. Un autre axe d’expansion se dessine aux confins du Niger vers les confluents de la Libye, du Sahel et du Sahara.

L’Afghanistan, l’a amplement démontré : les actions militaires destinées à traiter l’urgence, à soulager les Etats désemparés et mal équipés, changent de sens et perdent leur efficacité dans la durée. Comme à Kaboul, elles créent une sensation d’occupation, par l’ancienne puissance coloniale qui plus est. Elles alimentent la propagande des groupes armés et créent le doute au sein d’une population civile, méfiante car victimisée et abandonnée par ses autorités. L’enchaînement est des plus classiques : brutalités liées aux mesures sécuritaires destruction des économies villageoises, indigence et insécurité au quotidien, volonté que tous les hommes en armes s’éloignent et disparaissent. Faute d’avoir réussi la conquête de vastes espaces, comme initialement envisagé, les stratèges jihadistes se sont rabattus sur la création multiples foyers d’agitation. Sans doute pour constituer à terme une vaste ère sous leur férule. Pour généraliser l’instabilité, ils se sont mis à faire fonds sur les ethnicités et les frictions intercommunautaires auxquels ils surajoutent un vernis islamique – sans plus – utile pour déconsidérer les gouvernements et rendre plus étrangers encore les Français, les Américains, les Allemands, l’ONU, le G 5, tant il est vrai que le cercle des acteurs ‘’pro-occidentaux’’ s’est élargi ces dernières années, sans grande coordination, malheureusement. Dans leur credo, la dimension religieuse s’efface au profit des haines communautaires. Désormaisi, les Dogons agriculteurs et les Peuls nomades et commerçants ne règlent plus leurs litiges coutumiers qu’à coups de massacres. Le banditisme traditionnel est ouvertement assumé comme un acte politique ou une forme (dépravée) de justice. Le conflit civil couve et chacun, dans ces pays, en prend l’amère conscience.

Nos soldats avaient essayé de modérer la guerre civilo-religieuse en Centrafrique. Mission impossible: ils ont du s’en retirer. L’opération Barkhane aurait besoin d’être épaulée par une vraie gouvernance, sociale, active et citoyenne, que les gouvernements de la Région n’ont pas réellement su produire. On sait comment se sont achevées les guerres du Vietnam, d’Afghanistan, d’Iraq et l’opération sur la Libye. Le Sahel et l’Afrique de l’Ouest trouveront-ils un jour leur place dans cette sinistre litanie ?

Un bandit assassin, à Khartoum

Au Soudan, le Conseil militaire de transition a décidé d’en finir avec le mouvement. Le numéro 2 du pouvoir Mohamed Hamdan Dagolo, dit Hemetti, serait l’âme du massacre.  Cette créature du régime d’Omar Al-Bachir permet poursuit un autre projet que la démocratie : pouvoir, crime et terreur.

Ce marchand-brigand et organisateur de caravanes s’est auto-promu milicien en chef des Rapid Support Forces (RSF), un habillage des janjawids traditionnels de sinistre réputation (massacres au Darfour, Sud-Kordofan et ailleurs, contrôle des camps de réfugiés…). Sans appartenir à l’Armée, il s’est propulsé à la tête des garde-frontières puis comme vice-président du Conseil militaire de transition (CMT) lors de la destitution d’Omar Al-Bachir, le 11 avril 2019. Il y règne en maître et s’impose en recours pour le rétablissement de l’ordre, à la tête de son propre groupe activiste, les « Patriotic Defence Forces », contrôlant 5 000 et 7 000 hommes armés dans Khartoum. Il parle aux diplomates étrangers et au princes saoudiens (dont l’héritier Ben Slaman) et se targue même d’opérer pour le compte de l’Union européenne, à la mise en œuvre des politiques migratoires de Bruxelles au Soudan, un pays de départ mais aussi de transit. Fort de ce rôle, il campe en promoteur – ambigu – de la lutte contre le trafic des êtres humains et s’en est fait une rente.

Belligérant dans la guerre du Yémen aux côtés de l’Arabie saoudite et des Émirats arabes unis, ses mentors, il est aussi devenu magnat d’une compagnie d’exploitation de mines d’or, à Jabal Amir, au nord du Darfour. Dans la crise actuelle du pouvoir, Hemetti représenterait, en fait, une sorte de fusible entre l’armée régulière, les forces paramilitaires et les mouvances islamistes opérant dans l’État. Alors que les hauts gradés se savent, depuis la guerre au Darfour (2003), sur la liste des responsables de crimes de guerre par la CPI, c’est à lui qu’on pourrait faire porter le chapeau s’il échouait.

– Hemetti, ne peut tolérer aucune barricade (‘matari’), même symbolique, dans la capitale. Il lui faut mater les insurgés de tous bords. L’accord tacite des Forces de la liberté et du changement (regroupant des partis historiques et l’Association des professionnels soudanais) au démontage de certaines barricades est perçu comme un premier pas dans sa conquête de Khartoum.

– Le « Tiananmen » a eu lieu le lundi 3 juin. Le nombre des morts et blessés, parfois jetés dans le Nil, s’annonce considérable. Le modus operandi porte la marque des RSF d’Hemetti : des hommes en uniforme des RSF ont encerclé dans la nuit la place du sit-in pacifique, face au QG de l’armée. Tirant à balles réelles, ils ont, selon des témoins, fauché les jeunes par dizaines qui appelaient pacifiquement à la passation du pouvoir aux mains des civils. Une réminiscence de Pékin-1989. Son porte-parole, le général Chamseddin Kabachi, a justifié le massacre par « la présence d’éléments nuisibles et criminels qu’il fallait neutraliser dans le périmètre du sit-in ». Hemetti est perçu comme l’artisan de ce massacre, même s’ il a prétendu, à la télévision, avoir capturé les responsables de la tuerie « déguisés » en RSF. Il n’y aura pas d’enquête, évidemment. Ses miliciens patrouillent désormais la capitale en cherchant à imposer un régime de terreur. Mais rien n’est encore scellé, car la population ne se sent pas vaincue. Ses leaders appellent à « une action de désobéissance civile totale dans tout le pays », à ériger des barricades, à entamer une grève générale jusqu’à la chute du Conseil militaire de transition… (ou de de trahison). On en est là et ce n’est pas rassurant.

Résumé depuis une étude d’Orient 21 à qui vont les remerciements de l’Ours

Le choix du 26 mai – Quelles missions pour l’Europe ?

Inscription sur les listes électorales européennes jusqu’au 31 mars 2019

La déclaration de 1951 par laquelle Robert Schuman a lancé l'aventure européenne commençait par ‘’LA PAIX du MONDE et la contribution que l’Europe peut y apporter sont indispensables à la cohésion de l’humanité’’. Belle phrase... L’Europe, indispensable au monde ! ... L'idée semble obsolète alors que s'ouvre la campagne pour l'élection du Parlement de Strasbourg, le 26 mai. ''Quel avantage encore attendre cette fichue Europe, pour mon bénéfice immédiat ?'' Voilà ce qui caractérise l'humeur prévalente, plutôt que ''l'Europe doit être plus forte pour me protéger dans ce fichu monde, tel qu'il est ?''

Selon la mythologie, la princesse phénicienne Europe, fille du roi de Sidon, fut enlevée par Zeus, pour l'occasion incarné en taureau. Dans un fourré de Crète, le patron de l'Olympe abusa d'elle, sans scrupule aucun. A l'image de cette malheureuse princesse orientale, le vieux continent occidental, qui a hérité le prénom d'''Europe'', inspire de par le monde plus d'envie que de respect ou de compassion. Caricature d'Haitzinger sur les premières élections au ... 

Avec l'évanescence du bloc occidental et l'égarement barbare des Etats-Unis de Trump, le modeste appendice occidental accolé au continent asiatique se retrouve tout petit, à l'écart des grandes évolutions du monde, dérèglement climatique peut-être excepté. Englué dans ses habitudes impériales passées, ses frustrations et apathies présentes mais aussi ses aspirations à un nouveau modèle de vie universel, l'Europe cherche, sans succès, un rôle à sa mesure dans l'ordre bouleversé du monde et au service d'une stabilité internationale chancelante.

1 - L'Europe lâche prise dans un monde où elle reste très attendue

L'Europe a perdu son ascendant sur le monde : intervention en Iraq de 2003, due à un caprice idéologique américain; printemps arabes dégénérant en hivers sanglants sans réel soutien de sa part; terrorisme parvenu jusqu'à elle, par effet boomerang et sur fond de rancœur du monde arabo-musulman; regain de la course aux armements auquel elle assiste en spectatrice impuissante; rejet du droit international et dépeçage, par les nouveaux "grands" du système multilatéral, qui assurait une paix, même imparfaite, et surtout un rôle à notre continent; dérégulation de l'économie libérale par des financiers américains fous à lier, responsables du Krach de 2008 et toujours menaçants; agressivité et aventurisme russes à l'égard des démocraties pour venger le déclassement subi par l'ex-URSS; catastrophe populiste nommée Trump menaçant de contaminer l'Occident; conflits commerciaux et protectionnismes antagonistes entre Washington et Pékin, Brexit europhobe (et suicidaire), ... aucun de ces malheurs courants du monde ne modifiera la curieuse perception majoritaire de l’Union, non pas en dernier carré du bon sens et de l'Etat de droit, mais en ‘’ennemi’’ de ses citoyens et en souffre-douleur pour tous les malheurs du monde. 

- Confrontée à la détresse de populations frappées par les guerres et catastrophes naturelles et face aux vagues migratoires, l'Europe dispose des moyens conséquents mais pas de la permission d'agir. Ainsi le veulent les Etats. A leur fréquentation, l'UE se compromet. Pas une semaine ne passe sans que de nouvelles informations sur le sort réservé aux personnes exilées aux portes et au sein de l’Europe ne choquent les défenseurs des droits humains. À la tragédie des morts en Méditerranée, se sont ajoutées celles des traitements cruels, indignes et dégradants sur les deux rives de Mare Nostrum, des enfermements, des tortures et des viols, de la ''chasse aux étrangers pauvres'', de leur renvoi dans une clandestinité meurtrissante. 

- Dénués de volonté politique comme de courage collectif pour apporter une réponse à la hauteur des enjeux actuels, les pays européens ne savent plus trop quoi inventer pour éviter d’accueillir et de secourir les milliers de personnes qui espèrent encore un refuge pour survivre dans la sécurité et la dignité. Alors que la seule véritable question devrait être : comment assurer un accueil humanitaire et une protection à tous ceux qui le demandent et qui en ont besoin, nos dirigeants nationaux contraignent plutôt la Commission à ménager le camp de la peur, de la haine et du court terme.

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Nouvelles routes de la soie – La Chine recompose le monde

Routes-de-la-soie

Xi Jinping a été accueilli avec pompe, par la coalition populiste au pouvoir à Rome, en ouverture de sa tournée européenne. Forte de la primauté historique que lui vaut l’expédition marchande de Marco Polo à Cathay (la Chine du 13 ème siècle, sous l’empereur mongol Kubilai), l’Italie, s’offre à l’empereur Xi. Là voilà érigée en voie d’accès impériale pour l’investissement chinois en Europe. Elle n’est pas mécontente de faire un pied de nez à la politique commune en matière de commerce et soigne bien sa différence avec cette Union Européenne qu’elle veut rudoyer. De son côté, la Commission européenne vient d’élaborer dix propositions visant à protéger l’Union du désavantage « systémique » que le géant chinois fait peser sur l’économie et même la cohésion de l’Union. Ce blog a traité, en son temps, du thème Y être ou ne pas y être : angoisses croisées d’un partenariat en Chine/, s’interrogeant aussi sur l’évolution du Goliath sous XI Jinpig (article « à propos de la Chine »). Désormais, la question se pose « quelle place et quelles conséquences sont prévisibles pour l’Europe et la France au sein d’une architecture mondiale dominée par la Chine ? ».

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Les trente-trois plaies de la boule sous nos pattes

La Force est avec l’ourson Géo. Géo dit l’avenir géopolitique

Ici, l’Ourson Géo ! Je suis comme lassé par les balivernes littéraires que vous impose mon associé humain, sur le présent blog. Pures billevesées, tous ces cochons déguisés en moutons ! Dans une optique ourso-stratégique, ce sont les « collapses » (in french : effondrements), provoqués par les humains, qui dégradent le plus inconsidérément notre Terre (Earth), où les ours ne sont plus que des « colocs » désemparés. Bertrand (le type qui lit Le Monde) n’en parle pas assez et pendant qu’il écume la banlieue sur son scooter, Moi-Je-Personnellement-in Personnae-ursidus, m’empare du clavier et vais vous révéler l’avenir.

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Grand méchant coyote (US) et grand méchant ours (Russe) fourbissent leurs calibres nucléaires : feu sur la bergerie européenne ?

Ceux qui ont connu les années 1980 de la « Détente » agonisante, se souviennent qu’ils avaient furieusement milité contre l’installation en Europe des missiles américains Pershing. Ces armes nucléaires de portée intermédiaire, limitée de 500 à 5500 km, étaient vouées à un règlement de comptes entre les deux « super-grands » d’alors, sur leur théâtre d’affrontement européen. A raison, cela faisait horreur à la jeunesse citoyenne et pacifiste : combien de millions d’Européens risquaient de s’en trouver condamnés, tôt ou tard, à la vitrification subite ou à une leucémie lente, sans savoir exactement d’où et sur l’ordre de qui l’holocauste leur tomberait sur la tête ? Elle oubliait seulement, cette belle jeunesse, que du côté de l’Oural, des milliers d’euromissiles SS 20 soviétiques ciblaient l’Europe occidentale, sans qu’on en ait guère dit mot ! L’équilibre de la terreur s’est finalement rétabli, de part et d’autre, en dépit des manifestations immenses contre l’administration Reagan et c’est probablement à cela que l’on doit trois résultats bénéfiques : l’absence de folie aventuriste à l’Ouest comme à l’Est, la survie de l’Union européenne et, en 1987, le Traité sur les Forces Nucléaires Intermédiaires (FNI ou les « euromissiles »), qui plafonne et régule le déploiement de ces armes de destruction massive. N’en déplaise aux partisans du désarmement dans le déséquilibre, la stabilité s’est maintenue, jusqu’en 2019 en tout cas … mais pas beaucoup plus, on peut le craindre.

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Ragaillardissons-nous ! (algorithmes populistes et triangle d’or)

Le lien magique « Démocratie + Droits de l’Homme + Etat de droit » serait définitivement perçu comme ringard. Ce triptyque serait mièvre (trop « féminin »), passéiste, trop centré sur les individus… ». Grave. Pourtant, dès que l’un des trois piliers s’érode, l’ensemble s’en trouve menacé : bonjour les coups de gourdin, la cellule sans perspective de jugement, les confiscations, les humiliations, l’arbitraire…L’Etat de droit reste seul, qui devient « cruelle tyrannie » dixit Montesquieu. La fracturation constitue l’état d’une société où seuls les plus forts jouissent de la liberté et peuvent dicter leur égalité. Sans ce quelque chose qu’on appelle « Fraternité », qui permet le lien et la solidarité en son sein, toute société échoue dans l’auto-destruction. Un lieu commun qu’il me plait de ressasser, mais tant pis !

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Les gilets jaunes, archétype des confrontations mondiales ?

Réincarnation des sans-culottes ?
The Gilets jaunes, (yellow vests) are anti-globalisation and furious

Je suis loin d’approuver BHL sur tout, mais je dois dire que son récent discours devant le CRIF, concernant le phénomène des « gilets jaunes », est assez convainquant. Ce type de révolte « à la base » est un classique de l’histoire de France : les pantalons rayés des sans-culotte de juillet 1789 préfiguraient bien nos gilets fluo d’aujourd’hui. Justement insatisfaits de l’état du Royaume, ils tendent, comme on dit, à « péter les plombs » et s’en prennent à tout ce qui paraît injuste, dans leur représentation enfantine de la chose publique. Cela justifie à leurs yeux un vrai passage à l’acte. « Libératrice », la violence leur ferme aussi tout horizon. Elle les confronte à des tyrannies un peu fantasmées et, dans leur spontanéité, ils font erreur sur leurs cibles : déjà, ce pauvre gouverneur Delaunay et la quinzaine de fils à papa enfermés à la Bastille en 1789, n’étaient pas vraiment le cœur arrogant de l’ancien régime. On a fait comme si. Même méprise chez les « boulangistes » en 1879, chez les « ligueurs » en 1934, chez les « bonnets rouges », il y a peu.

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Prince-héritier, où ce qu’il est le corps ? (sur l’air d' »Artur qu’est-ce t’as fait du corps », chanté par Reggiani)

L’Ourson géo n’a pas été très politique, récemment. Il était en contemplation devant un petit être humain – une toute petite sirène – née dans la tanière: « quelle merveille, se disait-il, en réalisant que lui, l’Ourson, était bien gros désormais pour inspirer un tel diminutif affectueux. Le miracle de la vie qui éclot rend plus insoutenable encore les atteintes haineuses à d’autres vies, des vies qui ne demandaient qu’à prospérer au bonheur. Jamal Khashoggi, le journaliste saoudien au franc-parler, chroniqueur au Washington Post, assassiné par les autorités de son pays à Istambul, le 2 octobre, personnifie bien la victime qui accable ses bourreaux. N’en déplaise à la Délégation Générale aux Armements(DGA), qui révère le Prince-héritier commanditaire de l’affaire comme son meilleur client et à, l’export, on sait bien que le client est roi.

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Aquarius, Aquarius, l’Europe s’en va à l’eau…

Opération solidarité européenne et envers les exilés, le 27 juin

C’est l’Ourson qui vous grogne à l’oreille : le titulaire du blog n’ayant pas les nerfs à gueuler un grand coup, je m’empare du clavier pour ce faire. Vous avez entendu nos dirigeants, ces derniers jours ? Ils annoncent fièrement repousser le flux des exilés des pays en crise, telles de vulgaires algues vertes vénéneuses, néanmoins « assez bonnes » pour être épandues sur les plages de nos voisins du Sud. Bonjour l’amitié euro-méditerranéenne ! On va mieux intégrer ceux qui obtiennent l’asile mais expulser systématiquement les autres (M. Lapin-aux-yeux-bleus dixit, en Bretagne, le 22 juin). On commencera par incarcérer tout le monde, enfants compris.

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Ce qui me trompe (Kim-Trump) me tient en alerte (nucléaire)

Bonjour aux géostratèges chevronnés ! L’Ourson a suivi avec délectation les amours subites de Kim Jong-Un et de POTUS Trump, à Singapour. Jadis, on chantonnait, à propos de cette rutilante Cité-Etat : « Le crocodile, il est malade … Il est malade, à Singapour… Il faut qu’il mange de la salade … S’il ne veut pas mourir un jour ».

Prémonitoire ! … à contempler la bouille rayonnante du camarade Kim (qui fume du H, question bombe atomique) et l’air méchant et renfrogné de l’Homme à la houpette orange, il n’y a pas photo : on saisit lequel est le crocodile car on a déjà une certaine expérience de ses salades !

Make America great again !

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