*7 octobre – Un peuple se bat pour la Liberté

Brèves des jours précédents

Svetlana Tikhanovskaya s’adresse aujourd’hui, en visio-conférence, au Parlement français. Vainqueur du scrutin du 9 août, brutalement privée de sa victoire par la répression déclenchée par A. Loukachenko, elle ne manquera pas d’encourager les élus à intensifier la pression – dont les sanctions – sur le régime barbare régnant à Minsk, qui entend vendre chèrement sa peau. C’est surtout à l’opinion citoyenne que la tête de file du triumvirat féminin s’adresse. Dans le contexte de pandémie, qui favorise peu l’esprit géopolitique et militant, les Françaises et les Français tardent à entendre l’appel de la Liberté en Biélorussie. Le soulèvement du peuple biélorusse entre pourtant dans son troisième mois.

Chaque dimanche, l’opposition, très majoritaire, tient pacifiquement la rue, s’organisant contre les aspects policiers mais aussi professionnels et financiers de la répression. Le Conseil de coordination de l’opposition s’est installé à Varsovie, préfigurant un noyau de gouvernement en exil. Depuis ce point d’appui, ses membres multiplient les contacts avec la classe politique et les associations citoyennes de l’Union européenne. E. Macron a bien voulu avoir quelques mots aimables pour leur cause, en passant par Vilnius. Il s’est même engagé à ‘’faire quelque chose’’ pour les très nombreux prisonniers politiques arrêtés, escamotés et parfois torturés par les spadassins du Régime. Rappelons que Loukachenko s’est longtemps singularisé comme un adepte et admirateur d’Adolph Hitler. Cela devrait suffire à le faire juger mais, par crainte de froisser son protecteur, Poutine, maître du jeu dans cette partie de l’Europe, il n’est même pas visé par des sanctions. Dans ce genre de situation, il appartient aux élus et aux sociétés civiles libres de maintenir la pression. Il doit y avoir un partage des tâches entre les institutions d’Etat qui gèrent la complexité géopolitique et les peuples qui réclament solidarité et justice. On voudrait les entendre plus fort qu’actuellement, malgré la dispersion de notre attention entre la campagne américaine, la Haut Karabakh, le rebond du Covid, etc

* 2 octobre – Géopolitique par la barbichette

Brèves des jours précédents

Chypre a finalement accordé son feu vert à une prise de décision du Conseil européen sur la Biélorussie et cessé de bloquer l’adoption de sanctions contre le régime de Loukachenko. Ainsi vont les marchandages au sein d’une structure collective comme celle des  »27 », où les egos nationaux conditionnent l’issue des débats. Nicosie exigeait que soit préalablement actée une condamnation de la prospection gazière ‘’musclée’’ que mène la marine turque dans sa zone économique exclusive et ses eux territoriales. Ce qui a été fait. Par conséquent, les avoirs financiers en Europe d’une quarantaine de dirigeants biélorusses – hormis Loukachenko lui-même – impliqués dans le trucage de l’élection présidentielle et la répression des manifestations populaires (pacifiques) seront gelés.

Cela ne va pas vraiment loin mais, symboliquement, marque une attention et un jugement européen sur le drame qui se déroule à Minsk. Angela Merkel a pu parler d’un « signal important » – en fait, ‘’minimum’’’ – vers ceux qui se mettent en travers de la démocratie. Le recours massif à la torture aurait dû être fortement dénoncé. La Grande-Bretagne et le Canada avaient, eux, franchi le pas bien avant. Le message reste un peu brouillé par l’imbrication des mesures sans rapport visant respectivement Minsk et Ankara.

De son côté, le président turc, Erdogan, a été invité à « saisir l’offre » (de négociations ?) des dirigeants européens’’, lesquels sont convenus de juger « avant la fin de l’année si des développements positifs ont été enregistrés », dixit Charles Michel. « Si Ankara poursuit ses actions illégales, nous utiliserons tous les instruments à notre disposition », prévient Ursula von der Leyen, Il semble en fait que la relation avec la Turquie se discutera de façon plus conséquente au sein de l’Alliance atlantique, où rien n’est gagné par avance, vu l’inconséquence des Etats-Unis. Quant aux Biélorusses, dont la dirigeante morale a reçu, de façon opportune, la visite du président français, ils doivent se dire que l’UE ne déploie pas ‘’le grand arsenal’’ pour eux. Elle tourne plutôt son regard vers Moscou, un regard excessivement géopolitique. Pour la cause de la liberté d’un peuple d’Europe, on aimerait entendre les autres peuples d’Europe s’exprimer fortement.