* 22 avril – Perdre ou réparer la boule

America ‘s back ! La mobilisation internationale contre le dérèglement climatique est relancée, sous l’étendard de l’administration Biden. Oublié le grand ‘’trou noir’’ laissé par le mandat Trump, Washington fait un impressionnant come back dans l’accord de Paris en ambitionnant même d’en être le fer de lance. John Kerry, a battu le rappel des Européens, à Bruxelles (UE), et donné le signal d’une coopération renforcée pour fixer des objectifs plus ambitieux aux réductions des émissions de GES = dans le monde = d’ici 2030. ‘’Je viens renouveler le dialogue … à propos de notre coopération sur le climat, qui avait été extraordinaire dans la préparation de (l’accord de) Paris’’. Excuses pour la défaillance passée de l’Amérique et reprise de leadership : l’Amérique réapparaît en cœur verdoyant de l’écologie globale ! Si l’on y regardait de plus près, notamment la puissance des lobbies des énergies fossiles et le consumérisme vorace de l’’’American way of life’’, on n’en attendrait pas de grands miracles, tout en se félicitant de ce renfort tardif à la cause climatique venant de la première économie du monde.


Toujours est-il que Washington entend rajouter une couche aux acquis de l’accord COP 21, signé à Paris en 2015. Un sommet de deux jours en visio-conférence se tient à son initiative, pour consolider le processus. Limiter le réchauffement planétaire à moins de 2 C n’est plus qu’un slogan chimérique, au train où s’accumulent les émissions et les catastrophes climatiques. Il faudra hélas se résigner à ce que les progrès réalisés restent très en deçà des engagements pris. Il n’empêche que les Occidentaux veulent croire de nouvelles avancées possibles, à l’horizon de la COP 26 de novembre à Glasgow. Par rapport à la référence de 1990, l’UE s’est engagée, en décembre 2020, à relever son objectif de réduction de CO2 à 55 % ou plus, d’ici à 2030, dans l’espoir d’atteindre la neutralité carbone en 2050. Les Etats-Unis devraient bientôt annoncer des engagements à la mesure du rôle de premier plan qu’ils s’octroient dans la diplomatie verte et aussi, de leur responsabilité de premier pollueur mondial, avec la Chine.


John Kerry a réussi à se faire entendre des dirigeants chinois et russes, qui participeront au e-sommet, parmi les quarante chefs d’Etat et de gouvernement invités. Ce n’était pas gagné d’avance, tant sont nombreux et graves les motifs de raidissement et de confrontation entre les trois poids lourds du G5 du Conseil de Sécurité. Parviendra-t-on à faire de l’enjeu climatique une exception dans l’agenda ‘’hystérique’’ des relations internationales ? L’année s’annonce catastrophique en termes d’émissions de GES, mais aucune puissance ne prétend plus y être indifférente ou étrangère. Avec les yeux de Candide, on se prendrait à imaginer qu’une nouvelle forme de détente – certes, limitée aux grands enjeux partagés – va inculquer un brin de bon sens à ce monde en folie. Qu’en dites-vous ?