* 15 janvier – Echelle des soucis

Parlons peu, parlons bien. Nos choix, nos comportements tiennent largement à la gamme de nos préoccupations. Pas besoin de sondage : la pandémie de Covid l’emporte largement sur tous nos autres soucis. J’ai vécu l’épidémie du Covid 1, à Canton, au Nouvel An de 2003. On ne savait absolument rien sur ce syndrome respiratoire, quel nom lui donner, quel traitement, etc. Il n’empêche que le virus a cessé de circuler – ou plutôt est parti circuler ailleurs, après trois mois, cinq, au maximum si l’on tient compte de sa présence non-détectée. La peur n’avait pas dégradé nos comportements. Il a réapparu, différent, 17 ans plus tard. L’actuel Covid 2 a trouvé un périmètre d’expansion universel et semble être là pour longtemps, pour toujours peut-être. Le Covid 1 coïncidait avec l’offensive post 11 septembre contre Saddam Hussein et l’on se plaçait dans une optique stratégique, selon le jugement qu’on avait sur l’initiative hasardeuse de George Bush Jr. Aujourd’hui, le géopolitique procède principalement du combat contre la pandémie et peu du jugement politique des gens. L’angoisse de la survie s’installe dans la durée. En 2003, nous avons craint le terrorisme sans réellement le subir. Aujourd’hui nous subissons le terrorisme de façon sauvage et répétée, mais nous nous obsédons bien plus du fait que le virus tue chaque jour, aux Etats-Unis, deux fois le nombre des victimes de l’attentat de Manhattan. Le virus – toujours lui – ce  »super-terroriste », a montré toute l’incompétence des autocrates populistes à protéger leurs peuples. Mais naïvement, les braves gens cherchent plus que jamais des dirigeants » providentiels » face à la menace sanitaire pour ne pas avoir à penser par eux-mêmes. C’est le germe du populisme. Autre paradoxe, le principal soin administré par les démocraties paraît être, en toute méfiance des citoyens, de rogner peu à peu les libertés et les institutions dont nous avons le besoin le plus vital pour  »refaire Nation » et construire un avenir collectif qui exige efforts, esprit critique et consensus. Les Etats-Unis, en pleine crise existentielle, découvrent les horreurs de la violence (l’assaut contre le Congrès) et en arrivent à des constats qui ressemblent aux nôtres. Avec nos voisins européens et notre allié américain, restons éveillés à un avenir ou la confiance et la fidélité à nos valeurs nous sortiront de léthargie !

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